Conte pour un formateur occasionnel – Scène 23

Publié: 13 octobre 2017 dans Formation, Lectures, Réflexions
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Source : image en CC0 sur https://pixabay.com/fr/labyrinthe-probl%C3%A8me-perplexit%C3%A9-257509/

« Si j’avais su, j’aurais pas venu ! » (1)

Vous avez en mémoire cette phrase du petit Gibus, héros de « La guerre des boutons » de Louis Pergaud publié en 1912.

Figurez-vous que j’ai animé une formation et que « si j’avais su, j’aurais pas venu ! » !

Je m’explique, rassurez-vous !

Il s’agissait de présenter à un groupe de formateurs le fait que la formation continue dans leur institution allait prochainement passer en hybride, mélange de présence et de distance.

Des réactions plus ou moins vives ont commencé à fuser :

–         « La formation, c’est en présence » ;

–         « On doit être avec les personnes dans une salle » ;

–         « Notre mission, c’est un contact direct (physique) avec les collègues » ;

–         « Tu nous la joues à Bisounours » ;

–         …

Bon, il a fallu argumenter patiemment pour que le public réticent daigne ne serait-ce que se poser des questions.

Au fil de la formation de deux jours, les difficultés ont persisté :

–         À propos du droit d’auteur : « Ils n’ont qu’à pas mettre des images sur Internet s’ils ne veulent ne pas qu’on les utilise » ;

–         Et Toi, on te voit partout sur Internet !

–         …

Bref, vous imaginez comme j’ai été sur le grill pendant quarante-huit heures !

Mais bon, ce stage s’est déroulé il y a déjà environ sept ans. Depuis, les réactions ne sont plus les mêmes.

Les personnes, aujourd’hui, évoquent le fait que « il faut vivre avec son temps », « c’est dans l’ordre des choses », « il faut faire avec », …

Le numérique a tellement envahi les sphères professionnelle et privée que personne ne rechigne maintenant à utiliser le numérique en formations initiale et continue.

J’ai encore remarqué cette semaine en animant un stage que rares sont les personnes en blocage total avec l’utilisation des technologies numériques.

J’ai noté même souvent une grande dextérité à chercher, fouiner, tester, trouver d’autres portes d’entrées. Comme si la Toile conférait à chacune et chacun une sorte de philosophie du labyrinthe.

Comme si, naufragés d’un navire à voile du dix-huitième siècle, ces marins du web étaient capables de construire un radeau, de se situer avec les étoiles, d’organiser la vie à bord de ce navire de fortune.

Et si la Toile « boostait » l’intelligence !

(1)   Mon correcteur d’orthographe / grammaire voit rouge.

À suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

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