Archives de la catégorie ‘Réflexions’

Bientôt 50 ans de carrière ! (5)

Publié: 2 décembre 2020 dans Réflexions

– Bonjour Jacques, comment vas-tu en cette période confinée ?

– Je m’adapte à cette vie particulière qui est un peu comme un point d’orgue sur le déroulement de nos vies. Je fais un retour vers l’écriture, activité que j’ai toujours affectionnée.

– Écriture, tu veux dire écriture sur un support numérique ?

– Oui, cette écriture est tellement aisée. Cela ne signifie pas qu’elle est facile, mais qu’elle utilise des supports accessibles à tout moment, qu’elle est susceptible de toucher un public large. Je viens pas exemple de « relancer » mon blogue.

– Tu blogues depuis pas mal d’années. Mais ce support n’est -il pas désuet face aux réseaux sociaux comme LinkedIn sur lequel tu écris souvent ?

– Je l’ai pensé un temps effectivement. Je me suis un peu détourné du support, mais je trouve que l’outil blogue est vraiment dédié à l’écriture, je m’y trouve mieux que sur un réseau social pour me placer dans un contexte d’une « réelle » écriture. Je reviens à mes premières amours !

– Mais en fait, pourquoi écris-tu ?

– Il y a plusieurs raisons je pense. La première, c’est ma formation initiale, mon bac A1 philo. Beaucoup de mes enseignant(e)s m’ont donné le plaisir de lire et d’écrire au lycée. Mon professeur de français en classe de première était remarquable. Il avait vécu les camps, en gardait un physique marqué comme s’il venait de s’en échapper. Il donnait au-travers des textes étudiés une chaleur aux écrits, une puissance aux mots et une grande espérance.

– Tu écris beaucoup à propos de ton activité professionnelle.

– Oui, très vite, j’ai perçu l’importance d’écrire sur ma pratique. Les écrits de Schön sur les communautés de pratique m’ont poussé à utiliser l’écriture pour donner corps à ma pratique. Avec Thierry Chanier, nous avons écrit en 2006 un article en nous appuyant sur les écrits de cet auteur : https://www.ritpu.ca/img/pdf/cartier.pdf

Je vois un peu cette écriture comme un retour sur soi, un journal de bord, un portfolio compagnon du quotidien.

– N ‘est-ce pas chronophage ?

– Non c’est un réflexe. Suite à un travail mené avec des apprenants, faire un retour sur l’activité pousse à prendre la plume pour réfléchir et caler les apprentissages réalisés.

– Merci Jacques. Ça me rappelle la plume sergent major que j’utilisais au primaire.

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Jacques Cartier, consultant expert international

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Bientôt 50 ans de carrière ! (4)

Publié: 1 décembre 2020 dans Réflexions
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– Bonjour Jacques ! Tu évoquais précédemment déplorer le fait que tes élèves en cours de technologie (année 2008) ne touchaient plus à la matière, mais se trouvaient limités à de la technologie « papier » ou sur ordinateur. Maintenant que tu t’es spécialisé dans la formation digitale, est-ce différent ?

– Le fait d’utiliser un espace numérique de travail, une plateforme de formation, peut conduire à ce que l’apprenant manipule des « objets ». Il y a un côté kinesthésique dans les travaux réalisés sur un espace de ce type. On a est amené à produire des documents plus ou mieux complexes, intégrant images, sons et vidéos et à les déposer sur le plateforme. On peut créer une vidéo avec son smartphone : son bureau à la maison devient un studio d’enregistrement. Il faut préparer le storyboard, utiliser un support de bric et de broc pour le téléphone, organiser l’espace de tournage, veiller à l’environnement (tendre un drap vert comme fond !), s’habiller de façon particulière. Bref, on devient le super bricoleur, on se transforme en MacGyver !

– Bon d’accord, mais c’est un peu limité comme activité manuelle, non ?

– Rien n’empêche que l’activité consiste à créer une maquette en papier, en bois ou autre matériau. Il faut la prendre en photo ou en vidéo et déposer ensuite les documents sur la plateforme. Mon épouse, du fait de la pandémie, anime son cours de gymnastique en direct sur Zoom. Une douzaine de personnes sont au rendez-vous et font les mouvements avec leur professeur. Sincèrement, on se croirait dans la salle de danse ! (www.atelier-fontaine-argent.fr)

– Tu veux créer un atelier à distance si je comprends bien et faire que l’apprenant se mette en bleu de travail !

– J’aurais pas pensé au bleu de travail, mais c’est une bonne idée ! L’apprenance en bleu de travail !

Jacques Cartier, consultant expert international

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Bientôt 50 ans de carrière ! (3)

Publié: 27 novembre 2020 dans Réflexions
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– Dans ton article (2), tu évoques le « tatônnement expérimental« . Mais quelle relation fais-tu avec la formation d’adultes ?

– La formation d’adultes évolue grandement depuis un certain nombre d’années. On parle (pêle-mêle) d’autoformation, d’individualisation, de parcours personnalisé, d’apprenant au centre du dispositif, d’organisation apprenante, d’apprenance,… La citation ci-dessous évoque bien ces transformations.

L’évolution de la notion d’action de formation (exercée sur autrui) vers celle de « parcours pédagogique » implique que celui-ci soit conduit par le sujet, avec l’aide d’autres, pour devenir un « parcours apprenant », où s’intègre l’amont, le « courant » et l’aval du cheminement. Cette nuance sémantique est porteuse d’une métamorphose de nos conceptions de la formation des adultes et donc d’une transformation radicale de l’ingénierie pédagogique. Celle-ci devra être le lieu d’exercice de la coresponsabilité entre apprenants et facilitateurs d’apprentissage. Dans les termes de Schuller et Watson (2009, p. 187), « il y aura moins d’instruction directe et plus d’accompagnement, ainsi que plus d’apprentissage auto-dirigé […] Ce seront les apprenants plutôt que les organisations qui en viendront à définir les environnements d’apprentissage plutôt que l’inverse ».

Philippe Carré (2020). Pourquoi et comment les adultes apprennent. Malakoff : Dunod – Page 243

– Pas simple de mettre tout cela dans un dispositif de formation ?

– Oui en effet, mais le digital (la formation à distance) s’y prête bien. Les conceptrices et concepteurs de parcours de formation, conscients de ces évolutions, peuvent imaginer un « écosystème de formation » qui rend l’apprenant(e) agile, partie prenant(e) de sa formation. Il y a bien présence d’un « tatônnement expérimental » chez la personne qui se forme. Elle découvre, imagine, analyse, produit, critique, …

– Merci Jacques, tout cela me fait réfléchir et me donne envie de lire l’ouvrage de Philippe Carré que tu cites.

Jacques Cartier – Consultant expert international
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Bientôt 50 ans de carrière ! (2)

Publié: 26 novembre 2020 dans Réflexions
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– Jacques, tu me dis que tu as une formation littéraire.

– J’ai en effet un bac philo. L’époque (1971) divisait les élèves en fin de troisième en catégories littéraire et scientifique. Des notes pas terribles en mathématiques et hop, on t’orientait vers les lettres ! Ce tri sélectif avait des conséquences insoupçonnées, car le jeune garçon que j’étais se mettait ainsi en tête qu’il n’était pas scientifique, pas matheux. C’était pas fait pour lui ! S’ensuivait alors un parti pris culturel fâcheux voire dramatique sur la façon de percevoir les disciplines. Le proviseur adjoint de mon lycée nous avait présenté la filière mathématique comme la voie royale !

– Ta vision semble avoir changé ?

– Lorsque je suis devenu professeur d’éducation manuelle et technique (menuiserie, cuisine, travail du métal), j’ai eu à utiliser des notions mathématiques et physiques avec mes élèves. Ensuite, comme professeur de technologie, j’ai enseigné l’électronique. J’ai pris ainsi conscience de l’importance de la physique au quotidien.

– Veux-tu dire que tu verrais bien des études qui équilibrent en permanence littérature et science ?

– Cet équilibre me semble essentiel. Appréhender le monde, c’est par la philosophie et la science. D’ailleurs pourquoi ne faire qu’une seule année de philo en classe de terminale. on pourrait commencer au collège ! Et pourquoi quasiment abandonner la physique au lycée si l’on est « littéraire » ?

– Tu évoques aussi la présence du travail manuel dans les études.

– J’ai remarqué que l’on abandonnait de plus en plus les activités manuelles lorsque j’étais professeur de technologie. Une circulaire ministérielle a même interdit un jour toute fabrication. Toutes les activités pédagogiques devaient se faire principalement en simulation sur ordinateur et sur papier.

– Regretterais-tu le bon vieux temps ?

– On ne peut pas parler de bon vieux temps, mais d’une approche du monde qui nous lie à lui étroitement. J’ai vu des collègues de SVT (Sciences et Vie de la Terre) qui faisaient cultiver un jardin par leurs élèves autour du collège. Et je mets mes bottes, je prends des outils, je creuse, je mesure, je cogite, … Mais j’étudie aussi des savoirs savants sur la façon de cultiver des plantes … Et j’approche ainsi la chimie de façon « réelle ».

– On perçoit à nouveau ton approche « Freinet ».

– Je pense à une notion chère à Célestin Freinet qu’est le « tâtonnement expérimental ».https://www.linkedin.com/embeds/publishingEmbed.html?articleId=8914407707656730271

– Merci Jacques. Tu nous prépares l’article suivant ?

– Oui, je le mets sous presse rapidement.

Jacques Cartier – Consultant expert international
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Bientôt 50 ans de carrière !

Publié: 24 novembre 2020 dans Réflexions

– Jacques, tu m’as dit récemment que tu approchais de tes 50 ans de métier ! Peux-tu me dire ce qui a particulièrement marqué ta carrière ?

– Oui, en effet, j’ai enseigné de la maternelle à l’université. La classe de campagne à tous les cours avec le fourneau à bois au milieu de la pièce, l’atelier de menuiserie et de cuisine, la salle de formation , l’amphithéâtre, … Tous ces moments, ces lieux ont marqué ma pratique. Mais c’est le passage à la formation à distance qui a été le point le plus saillant.

– Peux-tu expliquer pourquoi, car cela semble étonnant !

– Oui, bien sûr. Le fait de sortir de l’unité de lieu, de temps et d’action m’a amené à interroger ma pratique pédagogique. Que proposer comme activité à distance, comme évaluation, quelle place de l’apprenant dans un dispositif qui fusionne pédagogie et technologie ? Quel espace utiliser en ligne ? Quid du rapport entre synchrone et asynchrone ?

– Oui, mais tu avais déjà de l’expérience ! Cela n’a pas dû trop te poser de questions ?

– En fait si. Tu sais, j’évoque souvent cette citation :

« Chaque nouvelle technologie alimente une utopie : l’outil de référence est associé au rêve d’une certaine école ou d’une certaine société… comme toujours, les développements technologiques loin de remplacer l’enseignant (…) ne font qu’exiger de lui plus de maîtrise dans la connaissance des processus d’apprentissage et toujours plus d’imagination, … »

Jacquinot, G, (1985), L’école devant les écrans, Paris, ESF.

J’ai certainement été à des moments un peu dupé par la technologie en pensant inconsciemment quelle était pourvoyeuse par défaut d’apprentissage, innovatrice par essence. J’ai vite compris que les choses étaient plus compliquées !

– Comment as-tu géré cette tension ?

– Je crois que mon intérêt pour la pédagogie Freinet m’a donné des idées, des armes. J’ai découvert les méthodes de cette pédagogie grâce à un instituteur qui m’avait accueilli en stage dans sa classe à Châtelblanc dans le Haut-Doubs en 1972. Sa classe était un véritable atelier, une bibliothèque, un salon, un lieu de vie. J’ai découvert que l’apprenant pouvait être au centre du dispositif et non placé dans un rôle figé comme on nous l’enseignait alors dans les écoles d’application où nous « apprenions » le métier. Après le stage, j’ai adhéré au mouvement de l’École Moderne.

– Alors pour Toi, ce passage au digital est profondément lié à la pédagogie ?

– Oui c’est le point nodal. Mais il ne faut néanmoins pas sous-estimer le rôle des technologies. On se pose des questions pédagogiques et on s’aperçoit que telle ou telle technologie autorise l’atteinte des objectifs pédagogiques que l’on s’assigne. Une sorte de jeu dialectique s’installe entre les deux. Par exemple, on va utiliser un forum de discussion sur une plateforme de formation pour que les apprenants creusent une notion de façon collaborative.

– L’heure tourne. Je te propose que nous continuions ce dialogue au-travers de futurs articles. A bientôt et merci à Toi.

Par Jacques Cartier, Consultant
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Le formateur au centre du dispositif

Publié: 3 novembre 2020 dans Réflexions
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« L’apprenant au centre du dispositif » : c’est une expression consacrée pour définir une qualité première d’un dispositif de formation performant.

Et si, pour une fois, pour un court instant, on mettait en avant « Le formateur au centre dispositif » !

Les organismes de formation, pour lesquels je travaille sous forme de missions, me disent que les appels d’offres qu’ils reçoivent stipulent que les formations à assurer doivent de plus en plus proposer une multi modalité, de la présence / distance et du tout-distance.

Mais quid de la mise en place de ce nouveau paradigme qui inclut une part non négligeable de digital ? La présence d’une plateforme de formation, la création de ressources multimédia, l’utilisation d’outils de communication comme la classe virtuelle, …

Et il ne faut pas se limiter aux aspects techniques, car les aspects pédagogiques sont encore plus complexes à imaginer : quelles activités en ligne, que proposer aux apprenants, comment communiquer, comment accompagner, … ?

Parfois, je trouve que les organismes de formation ne prennent pas suffisamment conscience qu’il est important de former leur pôle de formateurs à ce nouveau défi. Ils ont tendance à laisser venir, à imaginer que les formateurs vont s’y mettre naturellement, car c’est leur métier après tout !

Oui, mais ne s’agit-il pas d’une nouvelle professionnalité qu’il est impératif qu’ils acquièrent et non pas seulement d’une dextérité particulière à utiliser des outils numériques ?

Ils doivent accompagner leurs apprenants lors des phases à distance. Ils deviennent ainsi des tuteurs à part entière. Ce nouveau rôle ne s’improvise pas. Le bon sens n’est pas toujours synonyme de réussite.

Il est demandé aux formateurs de créer des ressources (textes, images, vidéos, …) à déposer sur une plateforme. Mais avec quels outils de scénarisation ? On ne peut pas se contenter de déposer des fichiers .PDF même si leurs contenus sont très pertinents. Des liens vers des sites, des images, des vidéos sont devenus des médias incontournables sur le web 2.0. Alors, quels outils fournir aux formateurs pour les aider à scénariser ces ressources enrichies ? Un ordinateur portable et une connexion Internet ne suffisent pas !

Et ces ressources, sont-elles libres de droits ? Ce sujet est très sensible. La quasi-totalité des formateurs (et des enseignants) dont j’ai la charge ne se soucie pas suffisamment du droit d’auteur. Comme si la Toile était un espace ouvert à tous vents, les ressources présentes disponibles d’un simple clic, auberge espagnole de contenus multiples et variés !

Si un formateur produit un parcours de formation de qualité pour l’organisme dont il dépend et qu’il s’avère que nombre de documents ne sont pas libres de droit, cela peut devenir fâcheux pour les responsables du dispositif. L’image de marque risque d’être flétrie, l’amende éventuelle très « salée ».

Il est demandé aussi à mes collègues formateurs d’utiliser la classe virtuelle pour travailler en synchrone avec des apprenants disséminés géographiquement. Là encore, il faut un peu de « bouteille » pour animer ce genre de réunions. Comment cette classe s’intègre-t-elle dans le curriculum de formation, quid de sa création, de son animation, de la place des apprenants dans son déroulement ?

Vous le voyez, laisser les formateurs un peu livrés à eux-mêmes n’est pas un service à leur rendre. L’organisme de formation doit prendre en main la gestion d’une nouvelle professionnalisation de ses acteurs qui sont sur le terrain en lien direct avec les apprenants.

Ils ne sont surtout pas la cinquième roue de la charrette ou de petites mains. Ils sont au centre du dispositif !

Jacques Cartier consultant expert international
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Formation à distance sur la sellette !

Publié: 30 septembre 2020 dans Réflexions
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En lisant un article du Figaro intitulé « À Sciences Po, l’excellence académique cornée par le tout « distanciel » », la formation distance est interrogée sous toutes ses coutures. Elle doit rendre des comptes de façon drastique, observée, scrutée, disséquée.

Mais fait-on la même chose avec le présentiel. Lui, il semble tomber sous le sens : une salle, un horaire, une formatrice ou un formateur, un public, un tableau blanc, un vidéoprojecteur, une feuille de présence, une feuille d’évaluation, une machine à café, …

La porte de la salle se ferme, la formation commence … Difficile de mesurer la qualité des apprentissages !

En formation à distance, les traces sont multiples pour qui veut, avec respect, scruter les contenus, la qualité des échanges, la pertinence des consignes de travail, la finesse des productions des apprenants, les résultats aux différents tests (quiz) proposés, la variété des productions individuelles et collectives des apprenant(e)s.

Jacques Cartier, consultant expert international
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Équilibrer son télé-travail

Publié: 16 septembre 2020 dans Réflexions
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Télé-travailler, c’est passer beaucoup d’heures sur son ordinateur. On est assis à son bureau parfois huit heures par jour.

Il est important de compenser ce travail passionnant mais très prenant par des activités autres. En ce qui me concerne, c’est la pratique de la voile qui me fournit cet espace différent qui me permet d’équilibrer mon temps et mon activité physique.

Vous n’avez pas besoin d’un gros navire, un petit voilier breton de 5,5 mètres suffit ! J’ai baptisé le mien Pen Guen.

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

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Source  : https://pixabay.com/fr/photos/l-%C3%A9cole-salle-de-classe-vintage-2666640/

 

– Oui effectivement ! Ma première classe à « tous les cours » était composée d’enfants de la maternelle au CM2. J’avais royalement une petite vingtaine d’années. (1972)

– Le temps a passé, regrettes-tu cette époque ?

– Non pas du tout, c’était une découverte difficile certes, il m’a fallu du temps pour mettre le pied à l’étrier et aimer ce métier.

– Aujourd’hui, quel est le changement majeur que tu perçois ?

– Je le situe au niveau des ressources dont on dispose pour travailler. J’appelle « ressources » les écrits, les images, les sons, les vidéos que l’on peut trouver sur la Toile.

En 1972, je faisais 80 kilomètres aller retour à mes frais (en 2 CV Citroën) le jeudi pour me rendre au CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique) pour y trouver les documents dont j’avais besoin pour alimenter mes séances pédagogiques. J’y passais la journée.

Aujourd’hui, ces ressources sont à portée de souris. Elles sont innombrables, variées, souvent de qualité. Il suffit d’en faire le tri pour qu’elles s’adaptent bien aux objectifs pédagogiques que l’on se fixe.

– Mais, Jacques, tu ne parles pas du droit de leur utilisation ?

– Oui, c’est un problème récurrent que je constate au quotidien avec les étudiants et les enseignants que j’accompagne en formation. Pour beaucoup, la Toile est un espace ouvert, libre. Tout est bon à prendre et à utiliser.

– C’est vrai que ce n’est pas simple de s’y retrouver. Faut-il un bac +5 en droit pour être capable de gérer ce souci ?

– En fait, non. J’ai fini par écrire un parcours de formation pour que les personnes que je mentore puissent très rapidement se placer dans une posture de respect du droit d’auteur. Voici le parcours : http://jacques-cartier.fr/utiliser_ressources_legalite/parcours_allege/

En général, les personnes réagissent favorablement à l’utilisation des licences Creative Commons.

– Merci Jacques pour ces précisions. Bonne continuation dans ton parcours d’enseignant / formateur !

Jacques Cartier – Consultant

espace-formation.eu – jacques-cartier.fr

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Image en CC0 sur https://pxhere.com/fr/photo/926209

Extrait de mon ouvrage « Itinéraire numérique d’un formateur d’adultes ou Le Voyage d’un saltimbanque funambule » (1)

Je suis un formateur lambda, j’ai un métier à côté, j’assure quelques formations pour un organisme privé. Je suis un formateur occasionnel.

J’aime bien la formation dans une salle de formation, en contact direct avec les stagiaires que l’on nomme « apprenants » dans le jargon de mon organisme de tutelle.

Depuis peu, on me demande (avec une insistance douce) d’introduire de la distance dans ma pratique. J’ai compris que ma formation ne se déroulera plus entièrement en présence, qu’il y aura des moments « à distance ».

Je n’ai pas bien saisi au début ce que l’on me demandait. Et puis, que faire à distance ?

J’ai pris le taureau par les cornes, parce que j’aime bien faire ce job qui m’apporte des satisfactions et un peu de beurre dans mes épinards.

J’ai choisi une séquence pédagogique qui « marche » bien. J’entends par là que j’ai le sentiment que les apprenants aiment bien les contenus et la façon dont je les aborde.

J’ai ainsi réfléchi à ce que je pouvais mettre à distance. Ce qui m’est venu en premier à l’esprit, ce sont des contenus à lire que je peux mettre en ligne au format PDF par exemple. Les personnes lisent le document avant de venir en journée présentielle. Elles font ainsi une activité en amont de la date prévue du regroupement, elles ne sont pas blanches comme neige, ignorantes des contenus que nous allons aborder.

J’ai lu des trucs récemment sur la « classe inversée ». Ça doit s’en approcher… Je n’ose pas trop demander à des collègues chevronnés de peur de passer pour un béotien de la pédagogie !

Mais bien vite, des personnes me contactent car elles ne comprennent pas tout ce qui est écrit dans le fichier PDF. C’est vrai que certains passages sont un peu hermétiques.

Je les aide par courriel et parfois directement au téléphone. C’est sympa à faire, la relation est directe, personnalisée. Mais ça prend du temps. Mon épouse me demande si je suis payé pour faire cela…

Des amis, des collègues me disent que je fais de la formation à distance. Je ne sais pas si c’est vrai, mais en tout cas, ça m’intéresse drôlement !

Jacques Cartier

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(1) Mon ouvrage chez Edilivre – « Itinéraire numérique d’un formateur d’adultes ou Le Voyage d’un saltimbanque funambule » : https://youtu.be/qTTYYdt_geM