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Alain Chaptal dans son ouvrage « L’efficacité des technologies éducatives dans l’enseignement scolaireAnalyse critique des approches française et américaine » (1) questionne le rapport de l’école et du savoir :

« Les distinctions qui avaient cours antérieurement entre savoir-savant et savoir-scolaire ne tiennent plus. Il y manque le point essentiel : la refondation du rapport entre l’école et le savoir. Ce qu’ont en commun ces supports et ces technologies, que leur accès se fasse en ligne ou en local, c’est, non pas de faire déboucher l’école sur une vision encyclopédique, c’est-à-dire finie, mais, au contraire, sur le fait que l’offre potentiellement immense, même si le mensonge y côtoie la vérité ou le futile l’essentiel, fait apparaître que le savoir scolaire est inconstruit. Du point de vue épistémologique, il s’agit de quelque chose d’important : le savoir apparaît, hors de tout débat disciplinaire ou pluridisciplinaire, comme une sorte de continuum à construire… » – Page 272

Le savoir est ainsi requestionné par les technologies éducatives. Il est ainsi « refondé ». Il perd son caractère figé pour se mettre en devenir. Au formateur de savoir écrire les notes de cette nouvelle partition.

(1) L’Harmattan, 2003

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Dans son ouvrage « La philosophie de l’éducation » (1) Olivier Reboul commente ce qui caractérise le savoir scolaire :

  • Un savoir à long terme : l’auteur parle de savoirs pour « plus tard » que nous serons capables à l’âge adulte de remettre en scène ;
  • des savoirs organisés : tout ce qui est appris se tient. Il y a un enchaînement logique aux apprentissages effectués ;
  • des savoirs adaptés mis, par la didactique, à la portée des élèves : on n’enseigne pas les mathématiques en classe de sixième comme en terminale ;
  • des savoirs argumentés : ils sont à la fois justifiés et susceptibles d’être critiqués ;
  • des savoirs désintéressés : l’auteur indique que ces savoirs n’ont pas, dans un premier temps, de finalité professionnelle. Le travail scolaire est différent par essence du travail productif, l’élève est traité comme une fin, il agit pour sa propre autonomie.

(1) Oliver Reboul, « La philosophie de l’éducation », Que sais-je, Puf, pages 39 à 41