De la difficulté du travail collaboratif et de sa nécessité

Publié: 7 décembre 2006 dans Lectures

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L’expression travail collaboratif est sur toutes les langues, dans tous les ouvrages et articles traitant de formation ouverte et à distance. Mais il ne s’agit pas d’une méthode pédagogique infaillible censée résoudre le problème de l’apprentissage. Elle n’est pas la seule façon d’apprendre (France Henri, Karin Lundgren Cayrol, 2003) et ne convient pas à toutes les situations de formation. Au formateur de choisir cette modalité si, dans le contexte de la formation en cours, elle est pertinente pour faciliter les apprentissages.

Et puis cet « exercice de style » est difficile et nécessite une posture réflexive de l’enseignant, comme l’indique Philippe Perrenoud :

« Aucun fonctionnement collectif n’est simple, tout groupe, même uni, est menacé par des clivages, des conflits, des abus de pouvoir, des déséquilibres entre les rétributions et les contributions des uns et des autres. Ces dysfonctionnements sont accompagnés de sentiments d’injustice, d’exclusion, de révolte, d’humiliation, de « ras-le-bol ». Les équipes expérimentées ne sont pas à l’abri de ces tribulations, elles savent simplement les anticiper et les contenir, évitant qu’elles ne dégénèrent en crises. Pour assurer cette régulation, il faut évidemment se parler dans un registre qui n’aggrave pas les tensions, les non-dits ou les blessures, mais permet au contraire de s’expliquer.

Seuls peuvent s’engager dans cette forme de méta communication les enseignants qui s’adonnent eux-mêmes à une forme de pratique réflexive et de métacognition. Il leur reste alors à partager des impressions et des analyses avec leurs collègues, ce qui n’est pas facile, mais amorce la régulation. Le silence, l’escalade, le refus de faire partie du problème, la recherche du bouc émissaire, le psychodrame ou la crise de nerfs expriment des émotions, mais trahissent aussi un défaut de prise de distance et d’analyse de ce qui se joue. La réflexivité de chacun est un ingrédient de l’analyse collective du fonctionnement et un atout majeur dans la régulation des rapports professionnels et du travail en équipe (Gather Thurler, 1994, 1996). »

« Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant » – page 58
Philippe Perrenoud – 2003 – ESF éditeur – Collection dirigée par Philippe Meirieu
Phillipe Perrenoud, sociologue, est professeur à l’Université de Genève – >>>>
Philippe Perrenoud sur le Net.

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