Hiatus ?

Publié: 4 février 2011 dans Réflexions
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Les environnements de formation institutionnels ne sont-ils pas guettés par un risque de décalage entre les habitudes des étudiants à utiliser des technologies web 2.0 et les plate-formes d’enseignement qui peuvent rester académiques, centrés sur la transmission d’informations  ?

« Un fossé de plus en plus grand est constaté entre les pratiques des étudiants et celles de l’académie : plagiat ; développement des réseaux sociaux personnels ou professionnels; fossé entre les usages des plates-formes offertes par les institutions centrées sur la transmission d’informations et l’explosion des usages du Web social en dehors des institutions. » (1) – Page 155

Mais le recul manque, les recherches dans le domaine aussi. Cette semaine, par exemple, j’ai travaillé avec environ cent cinquante étudiants (par groupes de vingt) sur l’utilisation de Google docs. Très peu d’étudiants, d’après leurs dires, semblaient connaître ces outils collaboratifs en ligne. Ils étaient très étonnés du partage en synchrone d’un même document. La démonstration de classe virtuelle les a laissés un peu sans voix.

Alors ces jeunes, « digital natives », nés dans l’Internet, sont-ils si habiles dans la navigation sur les réseaux, quelles sont leurs réelles compétences manipulatoires et quelles sont leurs représentations de la Toile et de ses possibilités ?

J’ai encore des groupes la semaine prochaine sur la thématique déjà évoquée. J’aurai peut-être plus de retours, plus d’eau à mon moulin pour tenter de mieux cerner tout cela.

Dans quelques temps, je ferai une expérience de classe virtuelle avec des étudiants présents dans l’amphithéâtre et d’autres, volontaires, qui resteront chez eux ou dans un cybercafé…

Je me demande quelles seront leurs réactions…

(1) Charlier, B, Henri, F, Sous la direction de (2010), “Apprendre avec les technologies”, Paris, Presses Universitaires de France.

commentaires
  1. Les enseignants ont donc une place centrale à occuper pour que les étudiants, par la formation, évoluent d’une culture numérique « grand public » vers une véritable culture informationnelle et stratégique : ils doivent être selon Périne Brotcorne des passeurs, des guides, des coaches.

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  2. Herman Simmons dit :

    Mais tout cela n’est pas qu’une blague. « Car, avec les « digital natives », on voit émerger un nouveau rapport à la temporalité », constate, Claire Lobet-Maris, sociologue aux facultés de Namur (FUNDP), qui a longuement étudié le phénomène (1). C’est essentiellement en cela qu’ils se différencient de leurs aînés. Ils sont en permanence en relation avec leurs potes aux quatre coins du monde. Ils passent sans cesse d’une occupation à une autre, parviennent à faire cinq choses en même temps tout en digérant une quantité d’informations phénoménale. Et cela s’accélère sans cesse : ces rois du zapping multimédias préfèrent de plus en plus l’immédiateté de Twitter à l’interactivité plus lente de Facebook que, de toute façon, leurs parents ont investi.

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  3. Constamment attirés par les nouveautés, les Digital Natives ont les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) dans le sang et se servent d’Internet à tour de bras pour communiquer, collaborer et créer. Nés entre les années 1980 et 2000, ils sont aujourd’hui majoritairement étudiants : les établissements de formation font ainsi face à une véritable révolution. Exit les communications statiques : pour séduire et conquérir la Génération Y, cette cible mobile, volatile, hyper-connectée et surexposée aux messages commerciaux, il faut savoir innover et faire preuve d’audace. Ce qui était tendance en 2011 ne l’est plus nécessairement aujourd’hui !

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  4. Alana Donovan dit :

    Travailler à distance ne les effraie pas. Le designer – au départ bénévole de Wiz­bii – envoyait d’Helsinki ses propositions graphiques pour le site. Il a depuis intégré la société. BSO, devenue une PME d’une cinquantaine de personnes, a des bureaux à Paris, Londres et Dublin, les échanges se font par mail, téléphone, visioconférence. «Nous nous déplaçons avec mon associé mais nous avons des managers très autonomes et les digital natives n’ont aucun problème pour travailler en réseau», affirme Charles-Antoine Beyney.

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