Bientôt 50 ans de carrière (9)

Publié: 23 décembre 2020 dans Formation, Réflexions

En fait , je suis un saltimbanque

Image en CC Paternité Partage à l’identique sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Clown_in_Venice,Italy(4357033875).jpg

Définition du mot sur Wikipédia :

« Un saltimbanque est un artiste du spectacle de rue ( spectacle vivant). Il fait toutes sortes de tours et joue de l’étonnement pour amuser le public dans les foires. Les troupes d’artistes se produisaient de ville en ville sous l’Ancien Régime. Les prestations étaient diverses, du montreur d’ours aux dramaturges itinérants qui allaient donner à la littérature française ses lettres de noblesse. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saltimbanque

– Jacques, tu n’as pas l’impression parfois d’être un peu un saltimbanque dans ton activité de formateur ?

– Si, j’ai le sentiment de jouer ce rôle dans mon quotidien de formateur. Je fais des tours pour captiver mes apprenants, le pitre pour donner du piment à une situation pédagogique. Le clown, un peu, faut pas trop exagérer…

Je suis nomade et vais de ville en ville (de classe virtuelle en classe virtuelle !) pour animer mes formations. Je fais un peu de spectacle de rue en faisant participer mon public, pour qu’il s’investisse dans sa propre formation. Je ne forme pas les gens, ce sont eux qui se forment.

Je ne parle pas en alexandrins comme un comédien de la tragédie classique, mais je soigne mon langage en l’adaptant à mon public. Imaginez que je présente les contenus de la formation en alexandrins et que personne ne le remarque. Je pense à Gérard Depardieu dans le film « Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau !

Je fais du spectacle vivant car je joue sur des registres d’expression artistiques comme le théâtre, les arts du cirque, les arts de la rue, les arts de la marionnette, …

Je vous donne un exemple : lorsque j’ai le sentiment que l’attention de mon groupe chute, je chante la chanson « Ainsi font, font, font » en bougeant mes mains au-dessus de ma tête comme si je tenais des marionnettes. Je vous assure que vous ramenez le public à sa tâche !

Certes, cela ne plaît pas à tout le monde. Une personne est restée une fois dans la salle pour s’adresser à moi en privé. Elle m’a dit avoir été choquée par ma prestation du « Ainsi font, font, font ». Je me suis dit alors que la liberté pédagogique du formateur est ténue. Peut-être du fait que des personnes ont une représentation très normée de son rôle : la personne qui sait, qui va m’enseigner.

J’ai envie d’assumer ce rôle d’artiste que le formateur peut endosser. Ne pas se prendre trop au sérieux tout en étant très vigilant pour que les apprentissages se fassent. Un peu « fou du roi », mais pas si fou, car le fou du roi est souvent son conseiller.

Et la danse ? Je vous sens tendus tout d’un coup. Le voilà qui va danser au milieu de la salle de formation. Bon d’accord, peut-être pas jusque-là… Quoique, j’ai le sentiment parfois quand je présente une notion avec un diaporama de faire des pas de deux avec une cavalière imaginaire pour capter l’attention de mon auditoire.

– Jacques, tu nous a dit que tu te baladais dans l’amphithéâtre de ton université avec un micro-cravate. Je te vois bien faire des sauts de cabri dans les allées de la salle devant tes étudiant(e)s un peu surpris(es) !

C’est vrai qu’il est un peu cabotin le Jacques ! Ça me plaît bien !

Jacques Cartier, consultant expert international

www.espace-formation.blog – www.espace-formation.eu – www.jacques-cartier.fr

commentaires
  1. Edouard CARRETERO dit :

    Hello le saltimbanque ! En effet, il n’y a qu’un pas entre le formateur et l’artiste. Apprendre à regarder son auditoire et tout son auditoire s’il vous plaît ! En effet, un spectateur concerné en vaut deux !
    Le regard constitue le lien direct avec son auditoire, regard objectif lorsque je consulte un simple objet, regard subjectif lorsque je croise celui d’un apprenant en présentiel, regard parabase lorsque je considère toute l’assistance, regard intérieur lorsque je m’interroge, sans oublier le regard intéressé, le regard indifférent, le regard passion, le regard furtif, le regard discret ou le regard perdu.
    Apprendre à partager des émotions en donnant une importance spécifique à ses contenus. Entrer dans l’interprétation en construisant un personnage qui varie ses appuis, son rythme, son amplitude, ses postures et pose sa respiration en donnant sens aux silences. En effet, le formateur est un artiste qui attend comme lui d’être aimé de son public et comme l’artiste, à chaque nouvelle prestation, à chaque nouvelle formation, le spectacle recommence avec un nouveau public, une nouvelle interprétation qui charmera de nouveau avec l’espérance de transmettre le message qui participe à la transformation du spectateur en le touchant dans sa sensibilité et l’accompagne d’un regard nouveau.

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