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Votre rôle demain

Publié: 29 octobre 2008 dans Réflexions
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L’article ci-dessous fait partie du travail réalisé par Lucie Audet « Pour franchir la distanceGuide de formation et de soutien aux enseignants et formateurs en formation à distance« . (1) (2)

En quelques paragraphes, on se met dans la peau d’un formateur confortablement installé chez lui, dans son jardin. Il serait intéressant de dresser une liste des compétences dont il doit faire preuve pour mener à bien sa tâche distante.

Pour ce faire :

  • Prendre un cahier de brouillon 48 pages ;
  • Dessiner un tableau sur 2 colonnes ;
  • Dans la première colonne écrire une tâche réalisée par ce formateur ;
  • Dans la seconde indiquer la ou les compétences utiles.

Je relève les copies dans 15 minutes ! image012

« Installé(e) dans votre jardin, vous entrez dans votre classe. Vous jetez un coup d’œil aux activités des derniers jours. Les problèmes d’accès aux textes qu’avait Marie-Pierre sont maintenant réglés, grâce aux efforts combinés du service technique et de certains de ses collègues. Étienne a, depuis peu, un cyber-mentor. Les conseils de ce dernier semblent porter fruit : Étienne a complété le second chapitre et déposé son premier travail. François, fidèle à lui-même, est très actif dans la salle d’échanges informels où ses blagues semblent appréciées.

Vous voyez aussi que neuf étudiants sont actuellement en ligne. Vous les saluez. Ils avaient d’ailleurs aussi pu constater votre présence. Vous modifiez ensuite le babillard pour annoncer des modifications à l’horaire des examens automatisés. Les derniers travaux ont été déposés et commentés par les membres du groupe-cours. Une version annotée par vous a été jointe aux résultats individuels qui ont été envoyés automatiquement et de façon sécuritaire à chaque étudiant. Ils ont tous eu aussi accès à la moyenne du groupe et à vos commentaires généraux. Sébastien vous demande un entretien. Il a lu les consignes et la foire aux questions mais a encore besoin de certaines précisions sur l’exercice 5. Vous savez, d’après le profil d’apprentissage qu’il a établi, que Sébastien est un auditif et lui suggérez donc de vous rejoindre dans l’espace de conférence audio. En l’attendant, vous consultez son dossier et son portfolio et repérez certains autres points à discuter.

Vous parcourez ensuite les différents lieux de discussion. Plusieurs éléments originaux y ont été ajoutés. Firmin et Diane ont partagé, sur un tableau blanc, leurs cartes conceptuelles et sont parvenus à une synthèse commune. François a trouvé le moyen d’illustrer, par un dessin animé de son cru, des éléments de la discussion. Luc, qui est pourtant en vacances hors du pays, a ajouté de nombreuses références sur le sujet. Son journal de bord témoigne de ses progrès : il a terminé le recueil de textes et synthétisé ses acquis. Il a aussi fait des explorations complémentaires : un monde virtuel l’a particulièrement fasciné. Vous consultez les résultats d’un sondage sur la pertinence du matériel de cette section. Il a été complété anonymement par plusieurs étudiants. Certaines de leurs critiques sont sévères. Vous les transmettez à l’équipe. L’infographiste suggère immédiatement l’ajout de diagrammes animés. Vous envisagez aussi l’addition d’explications en vidéoconférence synchrone.

Les consignes sur le projet à compléter cette semaine sont déjà affichées, avec les indications sur la façon de se procurer le matériel nécessaire. Les équipes ont été formées en fonction des profils des étudiants. Vous consultez leurs échanges et constatez une incompréhension entre Ahmed et Nicole. Vous clarifiez. Vous remarquez aussi un déséquilibre dans l’ampleur du travail fourni par certains membres des équipes. Vous ajoutez un message, dans la salle de travail réservée à chacun de ces sous-groupes, rappelant que la participation à l’équipe sera aussi évaluée. Dans l’ensemble, les travaux progressent déjà très bien ; vous attendrez avec impatience leurs maquettes multimédia. »

Document publié avec l’autorisation de l’auteure.

(1) Source  : « Pour franchir la distance »
Refad – Guide de formation et de soutien aux enseignants et formateurs en formation à distance.

http://www.refad.ca/nouveau/guide_formateurs_FAD/guide_formateurs_FAD.html

Lucie Audet est spécialiste en communication. Elle est titulaire d’une maîtrise en technologie de l’information ainsi que d’une maîtrise en science politique. Ses recherches ont surtout porté sur l’utilisation d’Internet comme outil de collaboration et de consultation, sur l’analyse des politiques de communication et sur les mécanismes de participation des publics.
Formatrice et consultante, elle a participé au développement de plusieurs environnements d’apprentissage informatisés. Elle a aussi travaillé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), où elle a acquis une connaissance approfondie des réseaux de télécommunication canadiens et à la Télé-université, où elle a participé à la mise en place de réseaux de travail collaboratif internationaux.

 

(2) Précédents billets dans le blogue citant les travaux de Lucie Audet :

Expérimentation et expérience

Publié: 25 octobre 2008 dans Réflexions
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Jacques Cartier – (Musiques de rues – Besançon – Octobre 2008)

Il n’est pas toujours aisé d’oser expérimenter avec les apprenants même lorsque l’on « connaît la musique » et que l’on a plusieurs cordes à son arc ! Il y a une prise de risque qu’il faut savoir évaluer. Et, si c’est à distance, les effets sont plus difficiles à prévoir et à gérer. Il faut accorder ses violons.

Philippe Perrenoud (1) donne des pistes en parlant d’expériences provoquées :

« … On pourrait encourager les futurs enseignants à mettre leur formation initiale à profit pour créer volontairement des situations « intéressantes ». Cela peut être très simple et inoffensif : demander aux élèves de préparer une leçon, de corriger un travail, d’aider un camarade revient déjà à se donner un miroir. Demander à un élève d’observer une activité sans s’y impliquer et de formuler ensuite ses remarques et questions apporte un point de vue différent de celui des acteurs impliqués, maître compris. Se lancer volontairement dans une démarche de résolution de problème sans avoir aucune idée de la solution peut mettre à jour des raisons majeures de résister aux pédagogies du projet et à certaines didactiques. Expliquer une notion à la moitié de la classe, en l’absence des autres élèves, et demander ensuite à chacun de mettre un camarade absent au courant fait surgir des modèles magistraux qui laissent songeur… » – Page 205

Le formateur (de formateurs) à distance peut oser ces « expériences provoquées ». Un groupe d’apprenants, qui a assisté à un cours par exemple, est chargé de mettre au courant un autre groupe au-travers d’une activité de forum et/ou via une réunion synchrone. Il bâtit un scénario pédagogique pour trouver la meilleure façon de faire « passer l’info ».

Ensuite le formateur lance une activité de synthèse sur ce qui s’est passé. Comment les « scénaristes » ont-ils vécu leur projet (préparation, scénarisation, enseignement), comment les « enseignés » ont-ils perçu l’apprentissage qui leur a été proposé ?

De nombreuses situations sont ainsi possibles en ligne. Un grain d’imagination, un petit « grain de folie » suffisent à l’invention !

Et la partition pédagogique n’en est que plus riche !

(1) « Former des enseignants professionnels » – Quelles stratégies, quelles compétences ?
Chapitre 9 : « Le travail sur l’habitus dans la formation des enseignants. Analyse de pratiques et prise de conscience »
Philippe Perrenoud – Université de Genève – http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php.html
Léopold Paquay, Marguerite Altet, Evelyne Charlier, Philippe Perrenoud – De Boeck – 2001

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Dans un billet récent nous avons parlé des différentes attestations et certifications qui ont trait au domaine des Tic et des Tice.

Le C2i2e (1) concerne les enseignants. Pour le moment la formation initiale intègre cette certification dans son curriculum de formation.

La formation continue est également concernée, mais comment certifier des enseignants en poste dont le nombre dépasse largement celui des entrants dans la profession ?

Une certification en grand nombre ne pourra pas se réaliser sous forme de stages présentiels. L’ingénierie serait ingérable, le coût financier prohibitif !

Et si l’on se tournait vers l’autoformation ? Mais ne devrait-on pas dire vers « des autoformations » ?

Sur le site Educnet les 5 définitions suivantes sont évoquées :

http://www.educnet.education.fr/dossier/eformation/modularite2.htm.

autoformation intégrale, ou autodidaxie : « l’autoformation sociale renvoie à toutes formes d’apprentissage réalisées par les sujets eux-mêmes, à l’extérieur du champ éducatif au sens strict ». (Philippe Carré).

Tous les enseignants ont recours à l’autodidaxie dans leur pratique quotidienne. Ils travaillent ainsi seuls certes mais souvent en réseau avec d’autres personnes de proximité ou éloignées géographiquement. Ils apprennent en dehors de tout lien avec les institutions et agents éducatifs formels.

autoformation existentielle : formation de soi par soi (G. Pineau) et appropriation par le vivant de son pouvoir de formation.

L’autoformation est vécue par la personne comme une démarche d’apprentissage personnelle et permanente.

C’est une « formation de soi par soi » (G. Pineau). Cet auteur parle « d’une appropriation par le vivant de son pouvoir de formation ».

autoformation éducative : ensemble des pratiques pédagogiques visant à développer et faciliter les apprentissages autonomes, dans le cadre d’institutions spécifiquement éducatives.

On se trouve dans le contexte professionnel. L’institution met à disposition des personnels des dispositifs de formation continue : stages, formations d’établissements. L’animation est assuré par un formateur recruté et formé par l’organisme de formation. Les modalités sont plurielles : en présence, à distance, hybrides. L’organisme assure l’organisation des stages, finance déplacements et frais d’hébergement.

autoformation sociale : formes d’apprentissages réalisés par les sujets eux-mêmes à l’extérieur du champ éducatif au sens strict, dans et par la participation à des groupes sociaux et en bénéficiant de formes de médiation diverses.

Par exemple la personne fait partie d’une association culturelle dans laquelle elle participe à des réunions, des colloques. Elle participe à des formations locales, nationales ou internationales. Elle peut, dans ce contexte, jouer un rôle d’animateur, de formateur.

autoformation cognitive : réunion de différentes conceptions des mécanismes psychologiques mis en jeu dans l’apprentissage autonome (autodirection dans l’apprentissage, apprendre à apprendre).

H. Long parle d’« un processus mental intentionnel dirigé par la personne elle-même, généralement accompagné et appuyé par des comportements d’identification et de recherche d’information ». (page 23, « L’autoformation »(2))

Cette approche (rapide) de l’autoformation amène à réfléchir sur le type de dispositif à mettre en place pour certifier les enseignants qui sont en cours de carrière. Les personnes qui vont entrer dans la démarche de certification seront certes assistées par leur organisme de formation mais il sera fait appel à leur capacité d’autoformation.

Au niveau organisationnel : on peut imaginer la mise à disposition d’une plate-forme dédiée sur laquelle les personnes déposent leurs travaux personnels, utilisent des ressources mises à disposition (sur les aspects du droit par exemple – domaine A3 du référentiel : responsabilité professionnelle dans le cadre du système éducatif), sollicitent une personne référente (pour demander des conseils et envisager la validation d’un item par exemple), échangent avec d’autres collègues sur les séquences pédagogiques testées avec les élèves, …

Au final la personne demande, via son organisme de formation, la validation du certificat à l’institution qui est légitimée pour la délivrer. (Université)

On se situe dans un contexte de validation des acquis : la personne pourra faire état de ses travaux personnels, des formations suivies dans le cadre institutionnel ou extérieur à son institution d’origine, de sa pratique en classe, …

Au niveau pédagogique : il semble important d’aller au-delà d’une simple demande de certification mais de faire de cette démarche un moment professionnel privilégié de réflexion sur la pratique pédagogique au quotidien.

Le degré d’ouverture du dispositif se doit d’être important pour permettre l’autodirection des personnes qui vont en bénéficier. Nous avons abordé la notion de degré d’ouverture d’un dispositif dans le précédent billet : http://e-difor.blogg.org/date-2008-09-16-billet-864252.html.

« La variable essentielle de l’autodirection dans l’apprentissage n’est pas la variable sociologique, ni le facteur pédagogique. La principale distinction a trait à la variable psychologique, c’est-à-dire le degré auquel l’apprenant, ou le soi, conserve un contrôle actif du processus d’apprentissage » (Long cité par Carré, 192, p. 126) (3)

Un autre ouvrage à lire (et à relire) apporte un éclairage de fond sur l’autoformation dans un contexte institutionel (4). Le paragraphe suivant fait partie de la conclusion de l’auteur à la page 259 :

« … L’autoformation en contexte institutionnel comme champ émergent de recherches et de pratiques est porteuse de valeurs hybrides qui négocient entre le respect du projet individuel de vie et de formation permanente et le projet d’un système social qui actualise régulièrement sa politique de formation et d’éducation, en fonction des moyens disponibles et des idéaux qu’il défend. De ce fait, l’autoformation en contexte institutionnel se trouve, de manière conjonctive et non plus disjonctive, à la confluence de tensions tripolaires, entre la perspective existentielle de chacune des personnes d’une communauté, la perspective sociale du système institutionnel, et la perspective ingénierique des dispositifs mis en oeuvre. C’est de cette tension tripolaire que peut sans doute le mieux émerger la spécificité théorique et pratique de ce champ. »

La problématique n’est pas simple, le dispositif complexe à mettre en place. Mais l’enjeu est passionnant car il s’inscrit dans un cadre sociétal de formation tout au long de la vie. (5)

(1) Certificat Informatique et Internet niveau 2 enseignant – Le référentiel : http://www2.c2i.education.fr/sections/c2i2e/referentiel/

(2) Lire l’ouvrage de Philippe Carré, André Moisan, Daniel Poisson – « L’autoformation » – PUF 1997

(3) Annie Jézégou – « Formations ouvertes – Libertés de choix et autodirection de l’apprenant » – L’Harmattan, 2005 – Page 60

(4) Brigitte Albéro – « L’autoformation en contexte institutionnel – Du paradigme de l’intitution au paradigme de l’autonomie » – L’Harmattan, 2000

(5) Sur le site Educnet : http://www.educnet.education.fr/dossier/eformation/vie.htm

Certifications Tic et Tice

Publié: 12 septembre 2008 dans Réflexions
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b2iLa diapositive ci-dessus ne vous parle peut-être pas. Elle contient en effet un nombre d’acronymes imposant !

En fait ce schéma décrit les différentes certifications qui, depuis l’année 2000, touchent au domaine des Tic et des Tice. (encore des acronymes !)

Le développement de la société de l’information (http://www.internet.gouv.fr/) nécessite de former les personnes à l’usage des technologies de  l’information et de la communication et de leur fournir une attestation ou une certification.

Le B2i élève a été créé en 2000 et rénové en 2006. Cette année son obtention est devenue obligatoire pour obtenir le brevet des collèges. Un arrêté le stipule :

Article 1 – Le premier alinéa de l’article 4 de l’arrêté du 18 août 1999 susvisé est remplacé par les dispositions suivantes :
« Le diplôme national du brevet est attribué aux candidats mentionnés à l’article 3 ayant obtenu :
1. Une note moyenne égale ou supérieure à 10 résultant de la division de la somme des notes de contrôle continu et des notes des épreuves écrites par le total des coefficients attribués à chacune de ces notes.
2. Le brevet informatique et internet (B2i) niveau collège.
3. Le niveau A2 dans une langue vivante étrangère, tel qu’il est précisé par l’annexe à l’article D. 312-16. Le candidat a le choix entre les langues vivantes étudiées. »

Extrait du bulletin officiel de l’éducation nationale du 22 juin 2007 : http://www.education.gouv.fr/bo/2007/22/MENE0753209A.htm

Les enseignants qui entrent dans le métier doivent obtenir le C2i2e (Site : Certificat Informatique et Internet niveau 2 enseignant) dont les principaux items sont les suivants :

« Le C2i2e vise à attester des compétences professionnelles communes et nécessaires à tous les enseignants pour l’exercice de leur métier dans ses dimensions pédagogique, éducative et citoyenne à travers les champs suivants :
les problématiques et les enjeux liés aux TIC en général et dans l’éducation en particulier ;
les gestes pédagogiques liés aux TIC ;
la recherche et l’utilisation de ressources ;
le travail en équipe et en réseau ;
les espaces numériques de travail ;
l’évaluation et la validation des compétences TIC dans le cadre des référentiels inscrits dans les programmes d’enseignement.« Extrait du site

Pour connaître le référentiel : http://www2.c2i.education.fr/sections/c2i2e/referentiel/

D’autres métiers sont « touchés » par ce besoin de certification : métiers du droits, de la santé, de l’ingénieur. Un C2i « Environnement et développement durable » sera prochainement opérationnel.

Si sujet vous intéresse, consultez la vidéo suivante sur Canal-U : « cliquer pour visualiser« .

CISI : Comité Inter Ministériel des Sciences de l’Information

NSI : naviguer sur Internet

PIM : Passeport Internet et Multimédia

B2i : Brevet Informatique et Internet

C2i : Certificat Informatique et Internet

Education art de la rencontre

Publié: 31 août 2008 dans Réflexions
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« Le savoir est utile, c’est merveilleux le savoir. Mais la finalité du savoir c’est la rencontre … »

Vous serez séduit(e) par l’intervention d’Albert Jacquard sur le thème « Education, l’art de la rencontre« .

« Albert Jacquard met en évidence l’importance de la communauté humaine dans l’évolution de chacun. Selon lui, l’éducation n’est pas le déversement du savoir. La finalité du savoir est d’apprendre « l’art de la rencontre ». La rencontre avec les autres constitue pour lui une immense richesse à préserver et il souhaite que chaque individu prenne conscience que l’éducation vient avant tout des autres. »
Résumé de l’enregistrement sur Canal-U

http://www.canalu.tv/extension/source_commune/design/standard/flash/flvPlayer.swf

Sur Canal-U à l’adresse suivante :

http://www.canal-u.education.fr/canalu/producteurs/profession_formateur/dossier_programmes/images_de_la_formation_ouverte_et_a_distance/temoignages_d_acteurs/jacquard_albert/education_l_art_de_la_rencontre

On a peut-être trop tendance en formation à distance (en formation en général) à se focaliser sur l’apprentissage individuel et à délaisser de ce fait la plus value apportée par le groupe d’apprenants. Les activités d’apprentissage en foad doivent faire appel à des travaux collaboratifs pour développer cet « art de la rencontre » évoqué par Albert Jacquard. Cela concourt à renforcer la motivation de l’apprenant et à augmenter ses capacités à l’autoformation.

Albert Jacquard souhaiterait que l’on écrive sur les frontons des universités et des écoles la phrase suivante :

« Ici l’on apprend l’art de la rencontre. »

On pourrait écrire cette phrase en page d’accueil des plates-formes de formation ouvertes et à distance !

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Photo Jacques Cartier – Port de Binic

Passer au distant, navigation complexe ?

Plusieurs expériences m’ont amené à travailler avec des collègues qui oeuvrent dans des APP (Ateliers de Pédagogie Personnalisée). L’APP est fondé sur 7 principes fondamentaux :

  • la personnalisation de la formation;
  • la diversité des publics;
  • les domaines de la culture générale et de l’apprentissage technologique de base;
  • l’ancrage territorial;
  • les sources diversifiées de financement;
  • un accueil des publics en flux;
  • un fonctionnement en réseau.

Voir le site : http://site.app.tm.fr/reseau/cahier.asp

On pourrait penser que, pour le formateur en APP, le pas à franchir est aisé pour intégrer de la distance dans sa pratique. Ce professionnel de la formation est habitué à personnaliser la formation pour des publics diversifiés et à travailler en réseau. Et pourtant la transition ne se fait pas comme cela d’un coup de baguette magique…

Un des principes de l’APP est l’autoformation accompagnée : http://site.app.tm.fr/reseau/cahier.asp#6

« L’autoformation accompagnée recouvre des pratiques pédagogiques visant à développer et faciliter les apprentissages autonomes des personnes dans le cadre d’un dispositif pédagogique. Ce dispositif pédagogique, conçu par les formateurs, permet l’autonomisation progressive des apprenants. La décentration pédagogique caractéristique de l’autoformation nécessite un accompagnement, individuel et collectif, par un  » facilitateur « . Les objectifs de formation, ainsi que les modalités d’apprentissage, sont négociés et sont formalisés dans un contrat pédagogique. »

Il est relativement aisé pour le formateur d’assister la personne qui se forme car elle est présente physiquement dans la salle de formation. En formation à distance il va falloir gérer cette assistance via des outils synchrones et asynchrones, ce qui complexifie la tâche. Et comment évolue la capacité à l’autoformation de l’apprenant s’il passe d’un contexte « présence » à un contexte « distance » ? Le risque de décrochage est-il plus grand  ?

Citons Monique Linard : Contribution publiée dans : Albéro B (sous la dir. De), « Autoformation et enseignement supérieur », Hermès/Lavoisier.

« L’autoformation  confronte depuis longtemps l’éducation initiale et la formation d’adultes à une question redoutable : celle de l’autonomie des apprenants. Sa rencontre avec les TIC, outils privilégiés de l’activité autonome, rend la question désormais incontournable, non seulement en éducation mais dans tous les domaines de l’activité humaine. En posant partout le problème de sa réalisation effective, l’autonomie devient un point de fixation et un symptôme. Elle signale la difficulté des sociétés de l’information à accepter les conséquences et à aménager les conditions pratiques, individuelles et collectives, de l’indépendance dans l’interdépendance qu’impose en même temps leur usage efficace. En éducation et en formation, l’autoformation par TIC réactive le problème, obligeant à repenser à tous les niveaux la connaissance, l’enseignement et l’apprentissage ainsi que leurs modalités d’application, leurs conditions et leurs limites. »

Et plus loin dans l’article :

« L’autoformation et les pédagogies dites actives ont toujours été portées par des projets plus ou moins explicites d’autonomisation des acteurs. Chacune s’est efforcée de résoudre, en marge des systèmes établis, les contradictions qu’entraîne l’indépendance imposée. Elles ont reconnu que l’autonomie est une capacité de haut niveau, cognitive mais aussi psychologique et sociale, qui implique des qualités d’attention, d’autocontrôle, d’intelligence, de confiance en soi et de relation que peu d’individus possèdent ensemble à l’état naturel. Elles ont tiré les conséquences du constat que l’autonomie est une modalité d’action et une capacité diversement distribuée qui ne peut pas se prescrire mais qui peut Le formateur lui-même doit revoir sa copie. Quel cheminement doit-il suivre pour changer de posture et s’adapter à ces nouvelles tâches ?

Tous les acteurs sont ainsi concernés par ce changement. Il s’agit pour l’organisme de formation de bien préparer cette transition qui, au premier regard, semble couler de source…

Une navigation est toujours complexe, surtout quant elle modifie les repères des marins !

Des distances

Publié: 23 août 2008 dans Réflexions
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Photo Jacques Cartier – Plage de Saint Cast le Guildo

Lorsque l’on évoque le concept de formation à distance, n’oublie t-on pas que la distance est à facettes multiples ?

Citons Michel Serres qui évoque les distances :

« Des distances

Reprenons, encore, l’Histoire : l’enseignement à distance date de la nuit des temps, je veux dire du début de la pédagogie, puisque ce dernier mot signifie la conduite de l’enfant pendant un déplacement. Ce voyage suppose plusieurs écarts que le guide aide à combler. Toute l’histoire de la paideia, depuis son origine grecque, relate la réduction progressive de telles distances. Que voici : géographiques, spatiales, physiques… elles se mesurent en stades ou en kilomètres, quand nous habitons loin des écoles, des bibliothèques ou des laboratoires, bref des sources concentrées du savoir ; financières si nous vivons pauvres, indigents ou misérables ; linguistiques, si nous ne parlons pas le dialecte convenu entre savants ou celui des hommes de culture ; culturelles, si notre ethnologie reste étrangère au savoir canonisé ; sociales, selon notre classe ; temporelles, si la source de la connaissance a jailli en des temps oubliés ; pathétiques, car le savoir fait toujours peur, y compris et peut-être surtout aux experts… Ces distances nous séparent toutes de la connaissance. »

Michel Serres, Hors-série du Monde de l’Éducation, « Apprendre à distance », septembre 1998

 

Vacances

Publié: 13 août 2008 dans Réflexions

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Photo Jacques Cartier – Les Ebihens devant Saint Jacut

Quelques jours de vacances qui laissent un peu le blogue orphelin !

Mais il apprécie peut-être de souffler un peu et de prendre la clé des champs au bord de l’océan !

A bientôt en ligne dès la fin août !

Diaporama et pratiques pédagogiques

Publié: 15 juillet 2008 dans Réflexions
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Le diaporama est devenu aujourd’hui le vecteur de la transmission d’informations. Dans toute réunion, toute conférence, les diapositives défilent.

En formation en présence aussi, cet outil est présent mais parfois trop présent. Le formateur peut avoir tendance à se « reposer » sur ces diapositives, se cantonner ainsi à une pédagogie très frontale ne laissant que peu de place à l’apprenant. Les travaux dirigés sont remis aux calendes grecques. J’ai le souvenir d’une présentation de ce type durant laquelle il a fallu ingurgiter une centaine de diapositives. Chacune délivrait un nombre d’informations important. Qui pouvait être capable d’assimiler tous ces savoirs en quelques minutes ?

En formation ouverte et à distance le diaporama est également souvent utilisé. On peut retrouver les mêmes travers que ceux mentionnés dans le paragraphe précédent. Notamment durant une classe virtuelle : présenter un diaporama à vingt personnes réparties sur cinq continents sans interaction avec les apprenants.

Est-ce à dire que le diaporama n’est utilisé que de cette façon ? Certes non. Beaucoup de scénarii sont possibles et largement mis en action par les formateurs.

  • le diaporama introductif d’une activité apprenant
  • le diaporama support de l’activité : il est mis à disposition de l’apprenant comme document canevas à compléter
  • le diaporama comme document à produire par l’apprenant (ou groupe d’apprenants)

Beaucoup d’outils sont à disposition d’un formateur, d’un enseignant en général. Mais l’outil reste l’outil. L’utilisation pédagogique qui en est faite reste du ressort du pédagogue …

Remarque : un billet sur notre blogue « Réussir un diaporama  » 

Réunion de thésards à Rouen

Publié: 15 juin 2008 dans Réflexions

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Place du vieux marché à Rouen (Photo Jacques Cartier)

La première réunion de thésards à laquelle vous participez a un côté un peu formel qui peut quelque peu intimider !

Vous présentez votre diaporama devant un parterre de spécialistes estampillés Tic et craignez leur vindicte ! 

Dans la salle des collègues du Chili, de Syrie, du Liban (en visioconférence), du Mali qui mènent la même aventure que vous.

Et puis le climat se détend car vous vous apercevez que dans tous les pays cités la problématique de fond est la même quant à l’introduction des Tic et du distant dans l’apprentissage.

Les moyens peuvent être différents certes : au Mali on utilise la radio pour diffuser des émissions dans le contexte de la formation des instituteurs. L’intervention du collègue Malien montre qu’Internet n’est pas le seul vecteur pour la formation à distance. Un dispositif bien pensé et construit avec rigueur utilisant des moyens techniques « anciens » garde toute sa valeur.

Quel moment privilégié que les échanges sur les recherches menées par les personnes présentes ! Toutes apportent un éclairage nouveau. Même le directeur de thèse dit avoir appris de cette journée.

Vous reprenez la route du retour en confiance pour mener votre navigation hauturière longue de plusieurs années !