Littératie numérique

« Dérapé ! La grand-voile et le génois sont bordés pas à pas au winch. Le voilier quitte le mouillage bâbord amures, au près bon plein. Nous reprenons du hale-bas de bôme, choquons un peu de grand-voile et nous voilà faisant route au 180. Le vent est établi à force 3 ce qui nous donne facilement un 6 nœuds. Les écoutes sont lovées dans le cockpit, les pare-battages rangés. Nous lofons un peu pour faire route sur un amer qui va nous permettre de faire du homing. Nous pourrons alors abattre en grand, peut-être en empannant, si le vent et la mer le permettent. J’apprécie ce nouveau bateau sans bastaques, virements et empannages sont plus simples à manier. Il est ardent, le barreur est vigilant pour ne faire finir bout au vent… » -Texte par Jacques Cartier-

Je suis un passionné de voile. Ce paragraphe est parlant pour moi et me rappelle de nombreuses situations vécues en croisières à la voile et sur mon voilier actuel « Pen Guen ». Mais, vous n’êtes pas marin, vous avez d’autres passions. Ce paragraphe est certainement « du chinois » pour vous. Il y a un nombre important de mots que vous ne connaissez pas !

En va-t-il de même avec l’utilisation du numérique dans la pratique du formateur ? Je fais un test :

 » Tu te connectes avec Firefox de préférence. Si tu es dans l’établissement de formation Untel, vérifie tes réglages, car il y a un proxy et je ne suis pas sûr qu’il soit en DHCP. Leur plateforme est Moodle en version 3.4. Tu devrais avoir le statut « enseignant » dans le cours. C’est conseillé de déposer tes fichiers en .ODT, .DOCX et .PDF. Tu peux aussi utiliser un cloud en mode synchronisation. Si tu scénarises un peu plus avant, la plateforme accepte le format SCORM 1.2. Ce sera simple pour toi de déposer l’archive .ZIP. L’accès à tes parcours sera parfois lent, car la bande passante n’est pas terrible. Les apprenants ont tous un login et un password (connexion SSL) fourni par l’ENT de la maison… Comme logiciel auteur, tu peux utiliser Exelearning qui autorise l’export au format SCORM. Cela ne te dispense pas d’écrire ton storyboard et de fournir tes livrables à temps pour les implémenter sur le LMS. » – Texte par Jacques Cartier-

Pour que le formateur entre dans une dynamique de l’utilisation du numérique, quelles sont les compétences de départ qui lui sont nécessaires ?

Doit-il être un utilisateur au quotidien de son ordinateur ? Communiquer via la messagerie, naviguer sur la Toile, gérer son compte en banque, acheter en ligne, communiquer en direct avec micro et webcam ? Doit-il être compétent dans l’utilisation de logiciels, comme une suite bureautique et un logiciel auteur par exemple, un gestionnaire de vidéos, … ? Quid de son identité numérique ? Doit-il respecter une forme d’éthique particulière à l’utilisation de tout cet environnement nécessaire à son action pédagogique ?

On peut parler de « Littératie numérique ». Pour fouiller cette notion complexe, je vous renvoie sur le site canadien « HabiloMédias » (Le centre canadien d’éducation aux médias et de littératie numérique) à l’adresse suivante : http://habilomedias.ca/principes-fondamentaux/quest-ce-que-leducation-aux-medias.

Jacques Cartier, consultant expert international

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Bientôt 50 ans de carrière (6)

Publié: 12 décembre 2020 dans Réflexions
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L’écriture de l’apprenant, apprentissage privilégié.

– Jacques, tu as évoqué le fait que tu aimes écrire à propos de ton activité professionnelle liée à la formation d’adultes. Mais pourquoi mettre en avant l’écriture de l’apprenant durant une formation ?

– Dans la littérature concernant le formation d’adultes, il est fait notion très souvent, et depuis longtemps, de la place de l’apprenant au centre du dispositif. Ceci pourrait rester un vain mot et n’être qu’une figure de style. L’implication de la personne passe aussi par l’écriture durant laquelle elle évoque ses sentiments personnels, mais aussi sa réflexion sur la formation qu’elle vit et les apprentissages qu’elle effectue.

– Bon d’accord, mais quelle démarche, quelle méthode, quel outil proposes-tu ?

– Dans un cursus de formation, on peut proposer (ou imposer selon le contexte) à l’apprenant de remplir quasiment au quotidien (ou chaque semaine) un document que l’on peut appeler « carte des apprentissages, « journal de bord », …, dans lequel il est demandé de consigner les moments clés vécus. Le blogue est un support (ce n’est pas le seul) intéressant, car il permet une écriture aisée.

– Mais n’est-il pas un peu complexe d’utilisation pour un néophyte ?

– Il est souple, j’entends par là que l’on peut l’utiliser comme un traitement de texte de base. L’écrivain en herbe qui mord à l’hameçon peut se le mettre en main de façon plus ou moins élaborée, du texte « ordinaire » à une production plus multi-médiatisée.

– Tu me donnes envie de m’y mettre ! Merci à Toi.

« L’appellation « praticien réflexif » renvoie aux travaux piagétiens sur la prise de conscience et l’abstraction réfléchissante. Le sujet prend ainsi sa propre action, ses propres fonctionnements mentaux comme objets d’analyse et essaie de percevoir sa propre façon d’agir. Cette pensée réflexive est critique et créative et nécessite de mobiliser un certain nombre d’habiletés métacognitives et de compétences argumentatives (Pallascio et Lafortune, 2000). Elle met en jeu un double processus décrit par Schön (1994) : la réflexion dans l’action (1) qui permet à un sujet de penser consciemment au fur et à mesure que se déroulent les événements et de réagir en cas de situation imprévue et la réflexion sur l’action (1) au cours de laquelle le sujet analyse ce qui s’est passé et évalue les effets de son action. »

(1) mis en gras par moi.

Bouissou, Christine, et Stéphane Brau-Antony. « Réflexivité et pratiques de formation. Regards critiques », Carrefours de l’éducation, vol. 20, no. 2, 2005, pp. 113-122.

Jacques Cartier, consultant expert international

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Bientôt 50 ans de carrière ! (5)

Publié: 2 décembre 2020 dans Réflexions

– Bonjour Jacques, comment vas-tu en cette période confinée ?

– Je m’adapte à cette vie particulière qui est un peu comme un point d’orgue sur le déroulement de nos vies. Je fais un retour vers l’écriture, activité que j’ai toujours affectionnée.

– Écriture, tu veux dire écriture sur un support numérique ?

– Oui, cette écriture est tellement aisée. Cela ne signifie pas qu’elle est facile, mais qu’elle utilise des supports accessibles à tout moment, qu’elle est susceptible de toucher un public large. Je viens pas exemple de « relancer » mon blogue.

– Tu blogues depuis pas mal d’années. Mais ce support n’est -il pas désuet face aux réseaux sociaux comme LinkedIn sur lequel tu écris souvent ?

– Je l’ai pensé un temps effectivement. Je me suis un peu détourné du support, mais je trouve que l’outil blogue est vraiment dédié à l’écriture, je m’y trouve mieux que sur un réseau social pour me placer dans un contexte d’une « réelle » écriture. Je reviens à mes premières amours !

– Mais en fait, pourquoi écris-tu ?

– Il y a plusieurs raisons je pense. La première, c’est ma formation initiale, mon bac A1 philo. Beaucoup de mes enseignant(e)s m’ont donné le plaisir de lire et d’écrire au lycée. Mon professeur de français en classe de première était remarquable. Il avait vécu les camps, en gardait un physique marqué comme s’il venait de s’en échapper. Il donnait au-travers des textes étudiés une chaleur aux écrits, une puissance aux mots et une grande espérance.

– Tu écris beaucoup à propos de ton activité professionnelle.

– Oui, très vite, j’ai perçu l’importance d’écrire sur ma pratique. Les écrits de Schön sur les communautés de pratique m’ont poussé à utiliser l’écriture pour donner corps à ma pratique. Avec Thierry Chanier, nous avons écrit en 2006 un article en nous appuyant sur les écrits de cet auteur : https://www.ritpu.ca/img/pdf/cartier.pdf

Je vois un peu cette écriture comme un retour sur soi, un journal de bord, un portfolio compagnon du quotidien.

– N ‘est-ce pas chronophage ?

– Non c’est un réflexe. Suite à un travail mené avec des apprenants, faire un retour sur l’activité pousse à prendre la plume pour réfléchir et caler les apprentissages réalisés.

– Merci Jacques. Ça me rappelle la plume sergent major que j’utilisais au primaire.

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Jacques Cartier, consultant expert international

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Bientôt 50 ans de carrière ! (4)

Publié: 1 décembre 2020 dans Réflexions
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– Bonjour Jacques ! Tu évoquais précédemment déplorer le fait que tes élèves en cours de technologie (année 2008) ne touchaient plus à la matière, mais se trouvaient limités à de la technologie « papier » ou sur ordinateur. Maintenant que tu t’es spécialisé dans la formation digitale, est-ce différent ?

– Le fait d’utiliser un espace numérique de travail, une plateforme de formation, peut conduire à ce que l’apprenant manipule des « objets ». Il y a un côté kinesthésique dans les travaux réalisés sur un espace de ce type. On a est amené à produire des documents plus ou mieux complexes, intégrant images, sons et vidéos et à les déposer sur le plateforme. On peut créer une vidéo avec son smartphone : son bureau à la maison devient un studio d’enregistrement. Il faut préparer le storyboard, utiliser un support de bric et de broc pour le téléphone, organiser l’espace de tournage, veiller à l’environnement (tendre un drap vert comme fond !), s’habiller de façon particulière. Bref, on devient le super bricoleur, on se transforme en MacGyver !

– Bon d’accord, mais c’est un peu limité comme activité manuelle, non ?

– Rien n’empêche que l’activité consiste à créer une maquette en papier, en bois ou autre matériau. Il faut la prendre en photo ou en vidéo et déposer ensuite les documents sur la plateforme. Mon épouse, du fait de la pandémie, anime son cours de gymnastique en direct sur Zoom. Une douzaine de personnes sont au rendez-vous et font les mouvements avec leur professeur. Sincèrement, on se croirait dans la salle de danse ! (www.atelier-fontaine-argent.fr)

– Tu veux créer un atelier à distance si je comprends bien et faire que l’apprenant se mette en bleu de travail !

– J’aurais pas pensé au bleu de travail, mais c’est une bonne idée ! L’apprenance en bleu de travail !

Jacques Cartier, consultant expert international

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Bientôt 50 ans de carrière ! (3)

Publié: 27 novembre 2020 dans Réflexions
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– Dans ton article (2), tu évoques le « tatônnement expérimental« . Mais quelle relation fais-tu avec la formation d’adultes ?

– La formation d’adultes évolue grandement depuis un certain nombre d’années. On parle (pêle-mêle) d’autoformation, d’individualisation, de parcours personnalisé, d’apprenant au centre du dispositif, d’organisation apprenante, d’apprenance,… La citation ci-dessous évoque bien ces transformations.

L’évolution de la notion d’action de formation (exercée sur autrui) vers celle de « parcours pédagogique » implique que celui-ci soit conduit par le sujet, avec l’aide d’autres, pour devenir un « parcours apprenant », où s’intègre l’amont, le « courant » et l’aval du cheminement. Cette nuance sémantique est porteuse d’une métamorphose de nos conceptions de la formation des adultes et donc d’une transformation radicale de l’ingénierie pédagogique. Celle-ci devra être le lieu d’exercice de la coresponsabilité entre apprenants et facilitateurs d’apprentissage. Dans les termes de Schuller et Watson (2009, p. 187), « il y aura moins d’instruction directe et plus d’accompagnement, ainsi que plus d’apprentissage auto-dirigé […] Ce seront les apprenants plutôt que les organisations qui en viendront à définir les environnements d’apprentissage plutôt que l’inverse ».

Philippe Carré (2020). Pourquoi et comment les adultes apprennent. Malakoff : Dunod – Page 243

– Pas simple de mettre tout cela dans un dispositif de formation ?

– Oui en effet, mais le digital (la formation à distance) s’y prête bien. Les conceptrices et concepteurs de parcours de formation, conscients de ces évolutions, peuvent imaginer un « écosystème de formation » qui rend l’apprenant(e) agile, partie prenant(e) de sa formation. Il y a bien présence d’un « tatônnement expérimental » chez la personne qui se forme. Elle découvre, imagine, analyse, produit, critique, …

– Merci Jacques, tout cela me fait réfléchir et me donne envie de lire l’ouvrage de Philippe Carré que tu cites.

Jacques Cartier – Consultant expert international
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Bientôt 50 ans de carrière ! (2)

Publié: 26 novembre 2020 dans Réflexions
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– Jacques, tu me dis que tu as une formation littéraire.

– J’ai en effet un bac philo. L’époque (1971) divisait les élèves en fin de troisième en catégories littéraire et scientifique. Des notes pas terribles en mathématiques et hop, on t’orientait vers les lettres ! Ce tri sélectif avait des conséquences insoupçonnées, car le jeune garçon que j’étais se mettait ainsi en tête qu’il n’était pas scientifique, pas matheux. C’était pas fait pour lui ! S’ensuivait alors un parti pris culturel fâcheux voire dramatique sur la façon de percevoir les disciplines. Le proviseur adjoint de mon lycée nous avait présenté la filière mathématique comme la voie royale !

– Ta vision semble avoir changé ?

– Lorsque je suis devenu professeur d’éducation manuelle et technique (menuiserie, cuisine, travail du métal), j’ai eu à utiliser des notions mathématiques et physiques avec mes élèves. Ensuite, comme professeur de technologie, j’ai enseigné l’électronique. J’ai pris ainsi conscience de l’importance de la physique au quotidien.

– Veux-tu dire que tu verrais bien des études qui équilibrent en permanence littérature et science ?

– Cet équilibre me semble essentiel. Appréhender le monde, c’est par la philosophie et la science. D’ailleurs pourquoi ne faire qu’une seule année de philo en classe de terminale. on pourrait commencer au collège ! Et pourquoi quasiment abandonner la physique au lycée si l’on est « littéraire » ?

– Tu évoques aussi la présence du travail manuel dans les études.

– J’ai remarqué que l’on abandonnait de plus en plus les activités manuelles lorsque j’étais professeur de technologie. Une circulaire ministérielle a même interdit un jour toute fabrication. Toutes les activités pédagogiques devaient se faire principalement en simulation sur ordinateur et sur papier.

– Regretterais-tu le bon vieux temps ?

– On ne peut pas parler de bon vieux temps, mais d’une approche du monde qui nous lie à lui étroitement. J’ai vu des collègues de SVT (Sciences et Vie de la Terre) qui faisaient cultiver un jardin par leurs élèves autour du collège. Et je mets mes bottes, je prends des outils, je creuse, je mesure, je cogite, … Mais j’étudie aussi des savoirs savants sur la façon de cultiver des plantes … Et j’approche ainsi la chimie de façon « réelle ».

– On perçoit à nouveau ton approche « Freinet ».

– Je pense à une notion chère à Célestin Freinet qu’est le « tâtonnement expérimental ».https://www.linkedin.com/embeds/publishingEmbed.html?articleId=8914407707656730271

– Merci Jacques. Tu nous prépares l’article suivant ?

– Oui, je le mets sous presse rapidement.

Jacques Cartier – Consultant expert international
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Bientôt 50 ans de carrière !

Publié: 24 novembre 2020 dans Réflexions

– Jacques, tu m’as dit récemment que tu approchais de tes 50 ans de métier ! Peux-tu me dire ce qui a particulièrement marqué ta carrière ?

– Oui, en effet, j’ai enseigné de la maternelle à l’université. La classe de campagne à tous les cours avec le fourneau à bois au milieu de la pièce, l’atelier de menuiserie et de cuisine, la salle de formation , l’amphithéâtre, … Tous ces moments, ces lieux ont marqué ma pratique. Mais c’est le passage à la formation à distance qui a été le point le plus saillant.

– Peux-tu expliquer pourquoi, car cela semble étonnant !

– Oui, bien sûr. Le fait de sortir de l’unité de lieu, de temps et d’action m’a amené à interroger ma pratique pédagogique. Que proposer comme activité à distance, comme évaluation, quelle place de l’apprenant dans un dispositif qui fusionne pédagogie et technologie ? Quel espace utiliser en ligne ? Quid du rapport entre synchrone et asynchrone ?

– Oui, mais tu avais déjà de l’expérience ! Cela n’a pas dû trop te poser de questions ?

– En fait si. Tu sais, j’évoque souvent cette citation :

« Chaque nouvelle technologie alimente une utopie : l’outil de référence est associé au rêve d’une certaine école ou d’une certaine société… comme toujours, les développements technologiques loin de remplacer l’enseignant (…) ne font qu’exiger de lui plus de maîtrise dans la connaissance des processus d’apprentissage et toujours plus d’imagination, … »

Jacquinot, G, (1985), L’école devant les écrans, Paris, ESF.

J’ai certainement été à des moments un peu dupé par la technologie en pensant inconsciemment quelle était pourvoyeuse par défaut d’apprentissage, innovatrice par essence. J’ai vite compris que les choses étaient plus compliquées !

– Comment as-tu géré cette tension ?

– Je crois que mon intérêt pour la pédagogie Freinet m’a donné des idées, des armes. J’ai découvert les méthodes de cette pédagogie grâce à un instituteur qui m’avait accueilli en stage dans sa classe à Châtelblanc dans le Haut-Doubs en 1972. Sa classe était un véritable atelier, une bibliothèque, un salon, un lieu de vie. J’ai découvert que l’apprenant pouvait être au centre du dispositif et non placé dans un rôle figé comme on nous l’enseignait alors dans les écoles d’application où nous « apprenions » le métier. Après le stage, j’ai adhéré au mouvement de l’École Moderne.

– Alors pour Toi, ce passage au digital est profondément lié à la pédagogie ?

– Oui c’est le point nodal. Mais il ne faut néanmoins pas sous-estimer le rôle des technologies. On se pose des questions pédagogiques et on s’aperçoit que telle ou telle technologie autorise l’atteinte des objectifs pédagogiques que l’on s’assigne. Une sorte de jeu dialectique s’installe entre les deux. Par exemple, on va utiliser un forum de discussion sur une plateforme de formation pour que les apprenants creusent une notion de façon collaborative.

– L’heure tourne. Je te propose que nous continuions ce dialogue au-travers de futurs articles. A bientôt et merci à Toi.

Par Jacques Cartier, Consultant
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Le formateur au centre du dispositif

Publié: 3 novembre 2020 dans Réflexions
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« L’apprenant au centre du dispositif » : c’est une expression consacrée pour définir une qualité première d’un dispositif de formation performant.

Et si, pour une fois, pour un court instant, on mettait en avant « Le formateur au centre dispositif » !

Les organismes de formation, pour lesquels je travaille sous forme de missions, me disent que les appels d’offres qu’ils reçoivent stipulent que les formations à assurer doivent de plus en plus proposer une multi modalité, de la présence / distance et du tout-distance.

Mais quid de la mise en place de ce nouveau paradigme qui inclut une part non négligeable de digital ? La présence d’une plateforme de formation, la création de ressources multimédia, l’utilisation d’outils de communication comme la classe virtuelle, …

Et il ne faut pas se limiter aux aspects techniques, car les aspects pédagogiques sont encore plus complexes à imaginer : quelles activités en ligne, que proposer aux apprenants, comment communiquer, comment accompagner, … ?

Parfois, je trouve que les organismes de formation ne prennent pas suffisamment conscience qu’il est important de former leur pôle de formateurs à ce nouveau défi. Ils ont tendance à laisser venir, à imaginer que les formateurs vont s’y mettre naturellement, car c’est leur métier après tout !

Oui, mais ne s’agit-il pas d’une nouvelle professionnalité qu’il est impératif qu’ils acquièrent et non pas seulement d’une dextérité particulière à utiliser des outils numériques ?

Ils doivent accompagner leurs apprenants lors des phases à distance. Ils deviennent ainsi des tuteurs à part entière. Ce nouveau rôle ne s’improvise pas. Le bon sens n’est pas toujours synonyme de réussite.

Il est demandé aux formateurs de créer des ressources (textes, images, vidéos, …) à déposer sur une plateforme. Mais avec quels outils de scénarisation ? On ne peut pas se contenter de déposer des fichiers .PDF même si leurs contenus sont très pertinents. Des liens vers des sites, des images, des vidéos sont devenus des médias incontournables sur le web 2.0. Alors, quels outils fournir aux formateurs pour les aider à scénariser ces ressources enrichies ? Un ordinateur portable et une connexion Internet ne suffisent pas !

Et ces ressources, sont-elles libres de droits ? Ce sujet est très sensible. La quasi-totalité des formateurs (et des enseignants) dont j’ai la charge ne se soucie pas suffisamment du droit d’auteur. Comme si la Toile était un espace ouvert à tous vents, les ressources présentes disponibles d’un simple clic, auberge espagnole de contenus multiples et variés !

Si un formateur produit un parcours de formation de qualité pour l’organisme dont il dépend et qu’il s’avère que nombre de documents ne sont pas libres de droit, cela peut devenir fâcheux pour les responsables du dispositif. L’image de marque risque d’être flétrie, l’amende éventuelle très « salée ».

Il est demandé aussi à mes collègues formateurs d’utiliser la classe virtuelle pour travailler en synchrone avec des apprenants disséminés géographiquement. Là encore, il faut un peu de « bouteille » pour animer ce genre de réunions. Comment cette classe s’intègre-t-elle dans le curriculum de formation, quid de sa création, de son animation, de la place des apprenants dans son déroulement ?

Vous le voyez, laisser les formateurs un peu livrés à eux-mêmes n’est pas un service à leur rendre. L’organisme de formation doit prendre en main la gestion d’une nouvelle professionnalisation de ses acteurs qui sont sur le terrain en lien direct avec les apprenants.

Ils ne sont surtout pas la cinquième roue de la charrette ou de petites mains. Ils sont au centre du dispositif !

Jacques Cartier consultant expert international
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En 1985, déjà un questionnement !

Publié: 27 octobre 2020 dans Ressources
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Apprendre, enseigner avec des technologies ne cesse d’interroger les apprenant(e)s, les enseignant(e)s, les formatrices et les formateurs. Et ceci depuis longtemps…

Je repense souvent à ce paragraphe écrit en 1985 par Geneviève Jacquinot.

« Chaque nouvelle technologie alimente une utopie : l’outil de référence est associé au rêve d’une certaine école ou d’une certaine société… comme toujours, les développements technologiques loin de remplacer l’enseignant (…) ne font qu’exiger de lui plus de maîtrise dans la connaissance des processus d’apprentissage et toujours plus d’imagination, … »

Jacquinot, G, (1985), L’école devant les écrans, Paris, ESF.

En ces temps de pandémie, où tout le monde est concerné par la formation en ligne pour se protéger, ce questionnement est encore plus d’actualité.

Les enseignant(e)s, les formatrices, les formateurs sont mis à contribution, à rude épreuve même.

Mais leur professionnalité, parfois remise en question de façon peu amène, s’en trouve d’autant mieux reconnue.

Jacques Cartier, consultant expert international
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Formation à distance sur la sellette !

Publié: 30 septembre 2020 dans Réflexions
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En lisant un article du Figaro intitulé « À Sciences Po, l’excellence académique cornée par le tout « distanciel » », la formation distance est interrogée sous toutes ses coutures. Elle doit rendre des comptes de façon drastique, observée, scrutée, disséquée.

Mais fait-on la même chose avec le présentiel. Lui, il semble tomber sous le sens : une salle, un horaire, une formatrice ou un formateur, un public, un tableau blanc, un vidéoprojecteur, une feuille de présence, une feuille d’évaluation, une machine à café, …

La porte de la salle se ferme, la formation commence … Difficile de mesurer la qualité des apprentissages !

En formation à distance, les traces sont multiples pour qui veut, avec respect, scruter les contenus, la qualité des échanges, la pertinence des consignes de travail, la finesse des productions des apprenants, les résultats aux différents tests (quiz) proposés, la variété des productions individuelles et collectives des apprenant(e)s.

Jacques Cartier, consultant expert international
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