Faut-il que le formateur écrive ?

Publié: 23 octobre 2008 dans Lectures
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former_enseignants_prosLe formateur est confronté au quotidien à la qualité de son action. Mais comment faire pour avoir un retour si le contexte de l’activité est solitaire ? Comme celle de l’enseignant(e) seul(e) dans sa classe qui n’a de miroir de son action que par ses élèves, rarement de ses pairs et de son institution.

Mireille Cifali (1) , professeur ordinaire à la faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de Genève, nous invite à écrire à propos de notre pratique. Simplement, un peu comme un geste quotidien auquel on n’accorde pas beaucoup d’attention habituellement. Mais, en fait, cette écriture peut devenir un moyen privilégié d’une analyse personnelle de nos actions devant un public.

 

« Si on apprend de l’expérience et s’y forme, avec quelle écriture peut-on construit-on des connaissances et les transmettre ? Y a-t-il une écriture spécifique de l’expérience et de la clinique ? Cette interrogation rejoint une autre, au fond fort banale puisqu’elle se résume à ceci : « Comment la pratique quotidienne s’écrit-elle ? » A la poursuite de ces simples questions, j’ai procédé à des recherches historiques – pas totalement abouties – qui me mènent à poser comme hypothèse que le récit serait l’espace théorique de pratiques (Cifali, 1995) (2). Cette  écriture proche de la littérature, que connaissent d’ailleurs l’histoire et l’ethnologie, pourrait être entrevue comme un des modes d’intelligibilité des situations du vivant. » – Page 131

Si le formateur tient à jour un document personnel (un cahier personnel, un journal de bord, un blogue, un portfolio, …) il garde la trace de ses travaux, de ses interrogations. Il peut plus facilement mener une activité réflexive sur sa pratique.

Et puis il a la possibilité, à un moment qu’il juge opportun, de partager tout ou partie de ses écrits avec des collègues. Un dialogue peut alors s’instaurer source d’une riche analyse de pratiques.

Vous pourrez lire, à l’adresse ci-dessous, des extraits de rapports réflexifs que de futurs ingénieurs en foad et des collègues enseignants en poste (master foad de l’Université de Franche-Comté) ont écrits pendant leur formation en 2006. Les uns et les autres ont utilisé un blogue pour consigner leurs écrits :

>>>  http://www.jacquescartier.net/inti2006/synthese/extraitrapportreflexif.htm <<<

Leurs tuteurs, formateurs professionnels, avaient également été invités à prendre la plume.

Bien sûr on pourrait objecter que ce type d’écriture n’a pas grand chose de scientifique. L’auteur ne partage pas cet avis :

« Notre mentalité scientifique est néanmoins choquée par l’affirmation que le récit serait l’un des espaces de théorisation des pratiques : où sont la théorie et les lois de fonctionnement; qu’apprend-on; de quelles connaissances peut-on se targuer ? Le récit appartenant à la fiction, relevant davantage de la littérature, donc du poétique et de l’imagination, serait à l’opposé de la science, loin du réel et de l’objectivité, donc du sérieux d’une recherche. Pour affirmer que le récit n’a rien à rougir sur le registre de la connaissance; que son écriture ne rejette pas la discipline qui y recourt dans l’approximation d’un art, bien des deuils doivent être réalisés et une certaine conception de ce qui est scientifique retouchée. Les historiens nous y aident. J’écrirai ailleurs pour montrer que toute réalité est reconstruction, qu’il y a non seulement compréhension mais aussi explication dans la mise en récit, et que la singularité de la situation racontée peut toucher au général où beaucoup se retrouvent. C’est à ce prix que le récit figure parmi les outils d’intelligibilité. » – Page 132

(1) « Former des enseignants professionnels » – Quelles stratégies, quelles compétences ?
Chapitre 6 : « Démarche clinique, formation et écriture » – Mireille Cifali – http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/cifali/
Léopold Paquay, Marguerite Altet, Evelyne Charlier, Philippe Perrenoud – De Boeck – 2001

(2) Cifali, M. (1995). J’écris le quotidien. Les cahiers pédagogiques, 331, 56-58.

Formateurs et identités

Publié: 21 octobre 2008 dans Lectures
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Lorsque que l’on travaille dans le monde de la formation on fréquente des collègues qui viennent souvent d’horizons très différents. C’est le cas souvent si l’on fait des interventions ponctuelles dans différents organismes.

Mais qui sont ces formateurs ? Des travailleurs sociaux, des enseignants, des professionnels spécialistes d’un savoir ou d’une technique ?

Les jeunes qui entrent dans cette activité (est-ce un métier, est-ce une profession ?) restent-ils longtemps dans cette fonction ? Souhaitent-ils aller vers d’autres cieux ? Comment voient-ils professionnellement leurs futurs proche et lointain ?

Vous serez interpellé(e) par l’ouvrage de Patrick Gravé (1) qui, grâce à une enquête approfondie, donne un éclairage évocateur sur l’identité du formateur, mot passe-partout.

Morceau choisi :

 » Pour Bernard Liétard (1992), les formateurs sont en quête d’identités sociales et professionnelles. On peut renverser l’assertion et se demander pourquoi cette identité ne s’est toujours pas constituée (ou ces identités ne se sont-elles toujours pas constituées). Et si les formateurs ne devaient surtout pas parvenir à construire leur identité sociale et professionnelle pour pouvoir continuer d’assurer leur rôle  de modifieurs de représentations, leur rôle d’aide à la construction d’identité sociale et professionnelle des apprenants ? Tout se passe comme si les formateurs devaient maintenir cette incertitude quant à leur identité sociale et professionnelle pour pouvoir exercer ces rôles majeurs. » – Page 61

Et dans la conclusion :

« Bien que formateur, tu n’es pas formateur, tu es enseignant (ou travailleur social ou technicien) ; bien qu’enseignant (ou travailleur social ou technicien), tu n’es pas vraiment enseignant (travailleur social ou technicien), tu es formateur ; les enseignants (ou travailleurs sociaux ou techniciens) sont des formateurs, mais pas comme les autres. En ce sens, ceux que l’on nomme les formateurs d’adultes ne sont-ils pas des sujets interculturés ? » – Page 192

(1) « Formateurs et identités », Education et formation – Puf – mai 2002

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Dans un billet récent nous avons parlé des différentes attestations et certifications qui ont trait au domaine des Tic et des Tice.

Le C2i2e (1) concerne les enseignants. Pour le moment la formation initiale intègre cette certification dans son curriculum de formation.

La formation continue est également concernée, mais comment certifier des enseignants en poste dont le nombre dépasse largement celui des entrants dans la profession ?

Une certification en grand nombre ne pourra pas se réaliser sous forme de stages présentiels. L’ingénierie serait ingérable, le coût financier prohibitif !

Et si l’on se tournait vers l’autoformation ? Mais ne devrait-on pas dire vers « des autoformations » ?

Sur le site Educnet les 5 définitions suivantes sont évoquées :

http://www.educnet.education.fr/dossier/eformation/modularite2.htm.

autoformation intégrale, ou autodidaxie : « l’autoformation sociale renvoie à toutes formes d’apprentissage réalisées par les sujets eux-mêmes, à l’extérieur du champ éducatif au sens strict ». (Philippe Carré).

Tous les enseignants ont recours à l’autodidaxie dans leur pratique quotidienne. Ils travaillent ainsi seuls certes mais souvent en réseau avec d’autres personnes de proximité ou éloignées géographiquement. Ils apprennent en dehors de tout lien avec les institutions et agents éducatifs formels.

autoformation existentielle : formation de soi par soi (G. Pineau) et appropriation par le vivant de son pouvoir de formation.

L’autoformation est vécue par la personne comme une démarche d’apprentissage personnelle et permanente.

C’est une « formation de soi par soi » (G. Pineau). Cet auteur parle « d’une appropriation par le vivant de son pouvoir de formation ».

autoformation éducative : ensemble des pratiques pédagogiques visant à développer et faciliter les apprentissages autonomes, dans le cadre d’institutions spécifiquement éducatives.

On se trouve dans le contexte professionnel. L’institution met à disposition des personnels des dispositifs de formation continue : stages, formations d’établissements. L’animation est assuré par un formateur recruté et formé par l’organisme de formation. Les modalités sont plurielles : en présence, à distance, hybrides. L’organisme assure l’organisation des stages, finance déplacements et frais d’hébergement.

autoformation sociale : formes d’apprentissages réalisés par les sujets eux-mêmes à l’extérieur du champ éducatif au sens strict, dans et par la participation à des groupes sociaux et en bénéficiant de formes de médiation diverses.

Par exemple la personne fait partie d’une association culturelle dans laquelle elle participe à des réunions, des colloques. Elle participe à des formations locales, nationales ou internationales. Elle peut, dans ce contexte, jouer un rôle d’animateur, de formateur.

autoformation cognitive : réunion de différentes conceptions des mécanismes psychologiques mis en jeu dans l’apprentissage autonome (autodirection dans l’apprentissage, apprendre à apprendre).

H. Long parle d’« un processus mental intentionnel dirigé par la personne elle-même, généralement accompagné et appuyé par des comportements d’identification et de recherche d’information ». (page 23, « L’autoformation »(2))

Cette approche (rapide) de l’autoformation amène à réfléchir sur le type de dispositif à mettre en place pour certifier les enseignants qui sont en cours de carrière. Les personnes qui vont entrer dans la démarche de certification seront certes assistées par leur organisme de formation mais il sera fait appel à leur capacité d’autoformation.

Au niveau organisationnel : on peut imaginer la mise à disposition d’une plate-forme dédiée sur laquelle les personnes déposent leurs travaux personnels, utilisent des ressources mises à disposition (sur les aspects du droit par exemple – domaine A3 du référentiel : responsabilité professionnelle dans le cadre du système éducatif), sollicitent une personne référente (pour demander des conseils et envisager la validation d’un item par exemple), échangent avec d’autres collègues sur les séquences pédagogiques testées avec les élèves, …

Au final la personne demande, via son organisme de formation, la validation du certificat à l’institution qui est légitimée pour la délivrer. (Université)

On se situe dans un contexte de validation des acquis : la personne pourra faire état de ses travaux personnels, des formations suivies dans le cadre institutionnel ou extérieur à son institution d’origine, de sa pratique en classe, …

Au niveau pédagogique : il semble important d’aller au-delà d’une simple demande de certification mais de faire de cette démarche un moment professionnel privilégié de réflexion sur la pratique pédagogique au quotidien.

Le degré d’ouverture du dispositif se doit d’être important pour permettre l’autodirection des personnes qui vont en bénéficier. Nous avons abordé la notion de degré d’ouverture d’un dispositif dans le précédent billet : http://e-difor.blogg.org/date-2008-09-16-billet-864252.html.

« La variable essentielle de l’autodirection dans l’apprentissage n’est pas la variable sociologique, ni le facteur pédagogique. La principale distinction a trait à la variable psychologique, c’est-à-dire le degré auquel l’apprenant, ou le soi, conserve un contrôle actif du processus d’apprentissage » (Long cité par Carré, 192, p. 126) (3)

Un autre ouvrage à lire (et à relire) apporte un éclairage de fond sur l’autoformation dans un contexte institutionel (4). Le paragraphe suivant fait partie de la conclusion de l’auteur à la page 259 :

« … L’autoformation en contexte institutionnel comme champ émergent de recherches et de pratiques est porteuse de valeurs hybrides qui négocient entre le respect du projet individuel de vie et de formation permanente et le projet d’un système social qui actualise régulièrement sa politique de formation et d’éducation, en fonction des moyens disponibles et des idéaux qu’il défend. De ce fait, l’autoformation en contexte institutionnel se trouve, de manière conjonctive et non plus disjonctive, à la confluence de tensions tripolaires, entre la perspective existentielle de chacune des personnes d’une communauté, la perspective sociale du système institutionnel, et la perspective ingénierique des dispositifs mis en oeuvre. C’est de cette tension tripolaire que peut sans doute le mieux émerger la spécificité théorique et pratique de ce champ. »

La problématique n’est pas simple, le dispositif complexe à mettre en place. Mais l’enjeu est passionnant car il s’inscrit dans un cadre sociétal de formation tout au long de la vie. (5)

(1) Certificat Informatique et Internet niveau 2 enseignant – Le référentiel : http://www2.c2i.education.fr/sections/c2i2e/referentiel/

(2) Lire l’ouvrage de Philippe Carré, André Moisan, Daniel Poisson – « L’autoformation » – PUF 1997

(3) Annie Jézégou – « Formations ouvertes – Libertés de choix et autodirection de l’apprenant » – L’Harmattan, 2005 – Page 60

(4) Brigitte Albéro – « L’autoformation en contexte institutionnel – Du paradigme de l’intitution au paradigme de l’autonomie » – L’Harmattan, 2000

(5) Sur le site Educnet : http://www.educnet.education.fr/dossier/eformation/vie.htm

Evaluer l’ouverture d’un dispositif

Publié: 16 septembre 2008 dans Lectures
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Photo Jacques Cartier – « bouée cardinale est à marée basse« 

Annie Jézégou, dans son ouvrage « Formations ouvertes : libertés de choix et autodirection de l’apprenant » (1), donne la définition suivante de l’ouverture en formation :

« L’ouverture en formation renvoie à un ensemble de dispositifs flexibles et autonomisants dont la principale propriété et d’ouvrir à l’apprenant des libertés de choix, afin qu’il puisse exercer un contrôle socio-organisationnel et pédagogique sur sa formation et sur ses apprentissages. »

Des chercheurs canadiens (Leclerc Gilbert, Nadeau Jean René, Poulin Noma, Sauvé Louise) ont élaboré une grille permettant d’évaluer le degré d’ouverture d’un dispositif de formation. Cette grille s’intitule « GENIP » : Grille d’Evaluation et d’Individualisation des Programmes.

 Composantes de l’environnement éducatif sujettes à l’individualisation des programmes

Très grand (3) Grand (2) Faible (1) Nul (0)

Le lieu :

En permettant à l’apprenant de suivre le programme dans les lieux les plus adaptés à ses possibilités.

 

 

 

 

Le temps :

En laissant à l’individu la possibilité de déterminer son horaire de formation en fonction de ses disponibilités.

 

 

 

 

L’accès :

En permettant des entrées continues, en reconnaissant la formation déjà acquise dans d’autres programmes ou bien par l’expérience , en offrant des formules de rattrapage ou des raccourcis, etc.

 

 

 

 

Le cheminement :

En laissant place à des cours à options ou même des profils diversifiés de formation.

 

 

 

 

Le rythme :

En permettant à chacun d’avancer au rythme qui lui convient le mieux.

 

 

 

 

La séquence :

En permettant à chacun de déterminer l’ordre de succession de ses activités pédagogiques.

 

 

 

 

Les objectifs :

En donnant à l’apprenant la possibilité de déterminer lui-même ses objectifs.

 

 

 

 

Les contenus :

En créant les conditions pour que, une fois les objectifs fixés, chacun définisse lui-même les contenus théoriques ou pratiques qui lui conviennent le mieux.

 

 

 

 

Le format :

En laissant la liberté de choisir à l’apprenant de travailler seul ou en groupe.

 

 

 

 

Les méthodes :

En laissant à l’apprenant le choix des méthodes qui lui conviennent le mieux (cours magistral, cours tutoral, enseignement programmé, etc.)

 

 

 

 

Les moyens d’apprentissage :

En permettant à chacun le choix des moyens les plus appropriés (documents audiovisuels, rencontres, voyages, colloques, etc.)

 

 

 

 

Les personnes ressources :

En permettant d’avoir recours, au besoin, individuellement ou en très petit groupe, à l’assistance de personnes-ressources.

 

 

 

 

L’évaluation :

En offrant à l’apprenant la possibilité de déterminer les modalités d’évaluation de son apprentissage (mode, temps, critères, barême)

 

 

 

 

>>> Tableau sur http://www.formco.agriculture.gouv.fr/intranet/projet/pj/synthFOADVdef.pdf

Chaque item est noté de 0 à 3 (Degré de liberté de choix : DLC). Plus la note globale obtenue est importante et plus le dispositif est qualifié d’ouvert.

Les auteurs de ce tableau font une analyse plus fine en attribuant un coefficient de pondération spécifique à chacune des 13 composantes.

Il est intéressant de prendre un exemple d’une formation en ligne et de l’analyser en prenant ce tableau comme outil.

Réflexion garantie !

Certifications Tic et Tice

Publié: 12 septembre 2008 dans Réflexions
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b2iLa diapositive ci-dessus ne vous parle peut-être pas. Elle contient en effet un nombre d’acronymes imposant !

En fait ce schéma décrit les différentes certifications qui, depuis l’année 2000, touchent au domaine des Tic et des Tice. (encore des acronymes !)

Le développement de la société de l’information (http://www.internet.gouv.fr/) nécessite de former les personnes à l’usage des technologies de  l’information et de la communication et de leur fournir une attestation ou une certification.

Le B2i élève a été créé en 2000 et rénové en 2006. Cette année son obtention est devenue obligatoire pour obtenir le brevet des collèges. Un arrêté le stipule :

Article 1 – Le premier alinéa de l’article 4 de l’arrêté du 18 août 1999 susvisé est remplacé par les dispositions suivantes :
« Le diplôme national du brevet est attribué aux candidats mentionnés à l’article 3 ayant obtenu :
1. Une note moyenne égale ou supérieure à 10 résultant de la division de la somme des notes de contrôle continu et des notes des épreuves écrites par le total des coefficients attribués à chacune de ces notes.
2. Le brevet informatique et internet (B2i) niveau collège.
3. Le niveau A2 dans une langue vivante étrangère, tel qu’il est précisé par l’annexe à l’article D. 312-16. Le candidat a le choix entre les langues vivantes étudiées. »

Extrait du bulletin officiel de l’éducation nationale du 22 juin 2007 : http://www.education.gouv.fr/bo/2007/22/MENE0753209A.htm

Les enseignants qui entrent dans le métier doivent obtenir le C2i2e (Site : Certificat Informatique et Internet niveau 2 enseignant) dont les principaux items sont les suivants :

« Le C2i2e vise à attester des compétences professionnelles communes et nécessaires à tous les enseignants pour l’exercice de leur métier dans ses dimensions pédagogique, éducative et citoyenne à travers les champs suivants :
les problématiques et les enjeux liés aux TIC en général et dans l’éducation en particulier ;
les gestes pédagogiques liés aux TIC ;
la recherche et l’utilisation de ressources ;
le travail en équipe et en réseau ;
les espaces numériques de travail ;
l’évaluation et la validation des compétences TIC dans le cadre des référentiels inscrits dans les programmes d’enseignement.« Extrait du site

Pour connaître le référentiel : http://www2.c2i.education.fr/sections/c2i2e/referentiel/

D’autres métiers sont « touchés » par ce besoin de certification : métiers du droits, de la santé, de l’ingénieur. Un C2i « Environnement et développement durable » sera prochainement opérationnel.

Si sujet vous intéresse, consultez la vidéo suivante sur Canal-U : « cliquer pour visualiser« .

CISI : Comité Inter Ministériel des Sciences de l’Information

NSI : naviguer sur Internet

PIM : Passeport Internet et Multimédia

B2i : Brevet Informatique et Internet

C2i : Certificat Informatique et Internet

Education art de la rencontre

Publié: 31 août 2008 dans Réflexions
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« Le savoir est utile, c’est merveilleux le savoir. Mais la finalité du savoir c’est la rencontre … »

Vous serez séduit(e) par l’intervention d’Albert Jacquard sur le thème « Education, l’art de la rencontre« .

« Albert Jacquard met en évidence l’importance de la communauté humaine dans l’évolution de chacun. Selon lui, l’éducation n’est pas le déversement du savoir. La finalité du savoir est d’apprendre « l’art de la rencontre ». La rencontre avec les autres constitue pour lui une immense richesse à préserver et il souhaite que chaque individu prenne conscience que l’éducation vient avant tout des autres. »
Résumé de l’enregistrement sur Canal-U

http://www.canalu.tv/extension/source_commune/design/standard/flash/flvPlayer.swf

Sur Canal-U à l’adresse suivante :

http://www.canal-u.education.fr/canalu/producteurs/profession_formateur/dossier_programmes/images_de_la_formation_ouverte_et_a_distance/temoignages_d_acteurs/jacquard_albert/education_l_art_de_la_rencontre

On a peut-être trop tendance en formation à distance (en formation en général) à se focaliser sur l’apprentissage individuel et à délaisser de ce fait la plus value apportée par le groupe d’apprenants. Les activités d’apprentissage en foad doivent faire appel à des travaux collaboratifs pour développer cet « art de la rencontre » évoqué par Albert Jacquard. Cela concourt à renforcer la motivation de l’apprenant et à augmenter ses capacités à l’autoformation.

Albert Jacquard souhaiterait que l’on écrive sur les frontons des universités et des écoles la phrase suivante :

« Ici l’on apprend l’art de la rencontre. »

On pourrait écrire cette phrase en page d’accueil des plates-formes de formation ouvertes et à distance !

Un parcours de formation avec Dokeos

Publié: 26 août 2008 dans Formation
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image0221La construction d’un parcours de formation sur une plate-forme simplifie le travail du formateur et aide au guidage de l’apprenant. Par exemple les coches vertes indiquent que les activités ont été réalisées par l’apprenant.

Une grille donne à l’apprenant l’état d’avancement de ses travaux : (vue partielle)

Le parcours est organisé en modules, séquences, activités.

L’exemple donné ici a été réalisé sur la plate-forme Dokeos. La méthode est la suivante :

 

 

1.      Prévoir le scénario des activités;

2.      Télécharger l’ensemble des ressources dans un dossier sur la plate-forme;

3.      Creér un parcours (outil « Parcours »);

4.      Inclure les activités dans le parcours.

Il est ainsi possible de créer plusieurs types de parcours en fonction du positionnement de l’apprenant. On tend ainsi vers l’individualisation.

L’export du parcours peut se faire au format Scorm. Il est ainsi récupérable dans une autre plate-forme.

Avec les quelques aléas habituels quant à la réutisabilité !

La création d’un parcours est un moment un peu technique. L’essentiel du travail a été réalisé en amont. Et puis, il ne faut pas oublier tout « ce qui tourne autour » : comment telle activité sera tutorée, comment telle activité sera évaluée par exemple ?

Si vous souhaitez lire la documentation Dokeos : http://www.dokeos.com/doc/DokeosFrenchTrainerManual.pdf

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Photo Jacques Cartier – Port de Binic

Passer au distant, navigation complexe ?

Plusieurs expériences m’ont amené à travailler avec des collègues qui oeuvrent dans des APP (Ateliers de Pédagogie Personnalisée). L’APP est fondé sur 7 principes fondamentaux :

  • la personnalisation de la formation;
  • la diversité des publics;
  • les domaines de la culture générale et de l’apprentissage technologique de base;
  • l’ancrage territorial;
  • les sources diversifiées de financement;
  • un accueil des publics en flux;
  • un fonctionnement en réseau.

Voir le site : http://site.app.tm.fr/reseau/cahier.asp

On pourrait penser que, pour le formateur en APP, le pas à franchir est aisé pour intégrer de la distance dans sa pratique. Ce professionnel de la formation est habitué à personnaliser la formation pour des publics diversifiés et à travailler en réseau. Et pourtant la transition ne se fait pas comme cela d’un coup de baguette magique…

Un des principes de l’APP est l’autoformation accompagnée : http://site.app.tm.fr/reseau/cahier.asp#6

« L’autoformation accompagnée recouvre des pratiques pédagogiques visant à développer et faciliter les apprentissages autonomes des personnes dans le cadre d’un dispositif pédagogique. Ce dispositif pédagogique, conçu par les formateurs, permet l’autonomisation progressive des apprenants. La décentration pédagogique caractéristique de l’autoformation nécessite un accompagnement, individuel et collectif, par un  » facilitateur « . Les objectifs de formation, ainsi que les modalités d’apprentissage, sont négociés et sont formalisés dans un contrat pédagogique. »

Il est relativement aisé pour le formateur d’assister la personne qui se forme car elle est présente physiquement dans la salle de formation. En formation à distance il va falloir gérer cette assistance via des outils synchrones et asynchrones, ce qui complexifie la tâche. Et comment évolue la capacité à l’autoformation de l’apprenant s’il passe d’un contexte « présence » à un contexte « distance » ? Le risque de décrochage est-il plus grand  ?

Citons Monique Linard : Contribution publiée dans : Albéro B (sous la dir. De), « Autoformation et enseignement supérieur », Hermès/Lavoisier.

« L’autoformation  confronte depuis longtemps l’éducation initiale et la formation d’adultes à une question redoutable : celle de l’autonomie des apprenants. Sa rencontre avec les TIC, outils privilégiés de l’activité autonome, rend la question désormais incontournable, non seulement en éducation mais dans tous les domaines de l’activité humaine. En posant partout le problème de sa réalisation effective, l’autonomie devient un point de fixation et un symptôme. Elle signale la difficulté des sociétés de l’information à accepter les conséquences et à aménager les conditions pratiques, individuelles et collectives, de l’indépendance dans l’interdépendance qu’impose en même temps leur usage efficace. En éducation et en formation, l’autoformation par TIC réactive le problème, obligeant à repenser à tous les niveaux la connaissance, l’enseignement et l’apprentissage ainsi que leurs modalités d’application, leurs conditions et leurs limites. »

Et plus loin dans l’article :

« L’autoformation et les pédagogies dites actives ont toujours été portées par des projets plus ou moins explicites d’autonomisation des acteurs. Chacune s’est efforcée de résoudre, en marge des systèmes établis, les contradictions qu’entraîne l’indépendance imposée. Elles ont reconnu que l’autonomie est une capacité de haut niveau, cognitive mais aussi psychologique et sociale, qui implique des qualités d’attention, d’autocontrôle, d’intelligence, de confiance en soi et de relation que peu d’individus possèdent ensemble à l’état naturel. Elles ont tiré les conséquences du constat que l’autonomie est une modalité d’action et une capacité diversement distribuée qui ne peut pas se prescrire mais qui peut Le formateur lui-même doit revoir sa copie. Quel cheminement doit-il suivre pour changer de posture et s’adapter à ces nouvelles tâches ?

Tous les acteurs sont ainsi concernés par ce changement. Il s’agit pour l’organisme de formation de bien préparer cette transition qui, au premier regard, semble couler de source…

Une navigation est toujours complexe, surtout quant elle modifie les repères des marins !

Des distances

Publié: 23 août 2008 dans Réflexions
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Photo Jacques Cartier – Plage de Saint Cast le Guildo

Lorsque l’on évoque le concept de formation à distance, n’oublie t-on pas que la distance est à facettes multiples ?

Citons Michel Serres qui évoque les distances :

« Des distances

Reprenons, encore, l’Histoire : l’enseignement à distance date de la nuit des temps, je veux dire du début de la pédagogie, puisque ce dernier mot signifie la conduite de l’enfant pendant un déplacement. Ce voyage suppose plusieurs écarts que le guide aide à combler. Toute l’histoire de la paideia, depuis son origine grecque, relate la réduction progressive de telles distances. Que voici : géographiques, spatiales, physiques… elles se mesurent en stades ou en kilomètres, quand nous habitons loin des écoles, des bibliothèques ou des laboratoires, bref des sources concentrées du savoir ; financières si nous vivons pauvres, indigents ou misérables ; linguistiques, si nous ne parlons pas le dialecte convenu entre savants ou celui des hommes de culture ; culturelles, si notre ethnologie reste étrangère au savoir canonisé ; sociales, selon notre classe ; temporelles, si la source de la connaissance a jailli en des temps oubliés ; pathétiques, car le savoir fait toujours peur, y compris et peut-être surtout aux experts… Ces distances nous séparent toutes de la connaissance. »

Michel Serres, Hors-série du Monde de l’Éducation, « Apprendre à distance », septembre 1998

 

Vacances

Publié: 13 août 2008 dans Réflexions

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Photo Jacques Cartier – Les Ebihens devant Saint Jacut

Quelques jours de vacances qui laissent un peu le blogue orphelin !

Mais il apprécie peut-être de souffler un peu et de prendre la clé des champs au bord de l’océan !

A bientôt en ligne dès la fin août !