Apprendre à apprendre

Publié: 30 novembre 2007 dans Lectures

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Photo Jacques Cartier 

C’est bien souvent là que le bât blesse !

L’apprenant possède-t’il les clés pour apprendre ? Comment s’y prendre pour avancer, retenir, exploiter les acquis ?

Pour moins de deux euros le petit livre d’André Giordan et Jerôme Saltet (1) (2) vous sera d’un grand secours !

Morceau choisi :

Un regard critique sur tout ce qui nous entoure devient une nécessité au quotidien. Il nous faut faire les liens entre savoirs scientifiques, historiques, géographiques, littéraires, entre éthique, culture(s) et société, ou encore entre savoirs et valeurs. Qu’est-ce qui est urgent ou prioritaire de maîtriser et pour quoi faire ? – Page 10

Pour le formateur tuteur, comment aider ses apprenants à apprendre à apprendre ? Quelles sont les activités menées en ligne les plus propices à cet objectif ? Du pain sur la planche n’est-ce-pas !

(1) Apprendre à apprendre – d’André Giordan et Jerôme Saltet  – Librio – E.J.L 2007
(2) A visiter le site http://www.coachcollege.fr/ , fruit des travaux de ces deux auteurs.

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Logo de l’Agence Universitaire de la Francophonie 

Lorsque nous utilisons des outils multimédias en formation il est important d’avoir un certain recul par rapport à notre action. Il y a un rapport à élucider entre notre intention (comme formateur ou enseignant) et l’intention incarnée dans l’outil. Eric Auziol (1), dans un article présenté au colloque de l’AUF de Beyrouth en 2001, évoque une typologie des conduites que le formateur est susceptible d’adopter : « Situations d’usage des multimédias et conflits d’intentions pédagogiques« .

  • le mode fusionnel
    A quel moment se trouve-t’on en situation fusionnelle avec l’outil ? Par exemple si l’on a écrit soi-même le logiciel fourni aux apprenants. Ne risque-t’on pas un manque de recul ?
  • le mode asservi
    C’est la cas de figure où l’outil nous dépasse et prend la main sur nos intentions;
  • le mode conflictuel
    L’ordinateur n’en fait qu’à sa tête, le réseau « plante », les messages d’erreur succèdent aux messages d’erreur. On en vient à critiquer ouvertement l’outil devant son public;
  • Le mode exclusif
    C’est la situation de refus de l’outil ou de stratégie d’évitement;
  • Le mode adaptatif
    La situation est gérée. Le formateur domine son sujet et la technique. Son intention pédagogique l’emporte.

Cet article est intéressant pour qui utilise au quotidien des outils mutlimédia et peine, peut-être, à situer son action pédagogique notamment quant au rapport à l’outil.

1. Eric Auziol est maître de conférence à l’Université Paul Valéry de Montpellier 2 – >> Son site <<

Et pour quelques euros de plus !

Publié: 10 novembre 2007 dans Formation

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Tag sur mur – Photo par mes soins 

Acheter un nom de domaine est chose aisée et peu onéreuse. Entre 5 et 10 euros en moyenne par an !

Le nom que vous achetez vous est personnel, vous avez ainsi votre « griffe » sur Internet.

Lors de formations à distance pour former des formateurs il est important, me semble-t’il, que les apprenants achètent un nom de domaine personnel. En outre ils peuvent se doter d’un espace disque et de logiciels fournis pour gérer leur site. Quelques euros par mois suffisent pour l’achat du domaine et du « pack » hébergement.

Cette présence sur la toile engage la personne à faire partie d’une vaste communauté de pratiques. Chacune et chacun élargit son espace de connaissances dans sa région, son pays et au niveau international.

N’hésitez pas alors à acheter votre nom de domaine par exemple en .fr. Vous serez référencé(e) auprès de l’ AFNIC (Association Française pour le Nommage Internet en Coopération).

Ca y est, vous êtes mordus !

Remarque : « technoenligne.fr » m’a coûté 7.76 euros pour un an. C’est moins cher que des pochettes transparentes pour stocker des documents papier ! Une redirection est faite sur un site QuickPlace.

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Dans un précédent billet (16 mars 2007) nous avions évoqué une journée d’études à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon : << cliquer >>

Les enregistrements sont en ligne : http://w1.ens-lsh.fr/labo/plumme/prog.htm

L’intervention de Thierry Chanier (1) (Université de Franche-Comté) est téléchargeable :

« Communauté d’apprentissage et communauté de pratique en ligne : le processus réflexif dans la formation de formateurs« 

<<<< Enregistrement >>>>

Cette intervention concerne la formation « Inti » (2) menée en partenariat Difor / Université de Franche-Comté

Bonne écoute !

(1) Thierry Chanier est professeur des universités en sciences du langage et informatique à l’Université de Franche-Comté (France). Il est directeur du Master foad.

(2) Guide pédagogique d’Inti 2006 : http://www.jacques-cartier.fr/inti2006/IntiGuidePedag_V2006_6.htm.

Réussir un diaporama

Publié: 7 novembre 2007 dans Ressources

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Réussir un diaporama, le sujet semble vu et revu ! Mais est-ce seulement un « sujet » technique ?

Sauf que, souvent, on assiste à des présentations qui nuisent beaucoup à la clarté des propos. Maladresse de la présentation, timidité devant l’auditoire, technologie employée qui dépasse les compétences de l’utilisateur, …

Les documents en ligne des auteurs suivants sont une aide précieuse pour ne pas tomber dans les pièges habituels :

Stéphane Villeneuve
Faculté des Sciences de l’éducation, Université de Montréal
Revue Internationale des technologies en pédagogie universitaire, volume 1, n
° 1, 2004
http://www.profetic.org/revue/IMG/pdf/ritpu0101_villeneuve.pdf

Dominique Verpoorten, Clémence Feyens
Université de Liège, Belgique
Revue Internationale des technologies en pédagogie universitaire, volume 2, n° 2, 2005
http://www.profetic.org/revue/IMG/pdf/ritpu_0202_verpooten_feyens.pdf

Nathalie Bastien, conseillère pédagogique TIC
Collège d’enseignement général et professionnel André Laurendeau (Québec)
www.reptic.qc.ca/fileadmin/Pratiques_mobilisatrices/PowerPoint_doc
ument_animation.pdf

Les adolescents en collège sont très friands de ce type de logiciel. Il est convivial, on arrive assez rapidement à un document présentable. Les élèves en difficulté avec l’écrit peuvent réussir (avec l’appui de l’enseignant ou de camarades de classe) à être plus à l’aise en incorporant à bon escient des images, des vidéos.

Le document de Nathalie Bastien les aide à vérifier leur production :
http://www.reptic.qc.ca/fileadmin/Pratiques_mobilisatrices/Grille_de_verification_diaporama.pdf

Et puis le document peut être très rapidement mis en ligne par « Enregistrer en tant que page Web » ou « Exporter vers » selon le programme dont vous disposez. L’apprenant accède ainsi simplement à la publication en ligne.

Exemple en ligne :
http://www.jacques-cartier.fr/preao/reussir_diaporama_fichiers/frame.htm

Mais, et c’est peut-être là l’essentiel, un tel travail permet à l’apprenant d’avoir à présenter une idée, un projet devant une assemblée. Comment se comporter, comment aborder le groupe auditeur, comment gérer « la technique » et s’en libérer ? Le fait de préparer un plan de la présentation est très formateur pour des apprenants qui peinent à structurer leur propos.

Et puis on peut aussi réfléchir à une utilisation qui ne soit pas uniquement expositive. En mettant par exemple le fichier à disposition avec des cases à remplir, des textes à compléter, … Une sorte de présentation assistée par ordinateur collaborative !

Ce qui vient d’être dit est valable dans le cadre d’une formation ouverte et à distance, par exemple :

  • activité de fouille collective et restitution sous forme de quelques diapositives;
  • activité collaborative qui débouche sur un exposé sous forme de diaporama présenté lors d’une activité synchrone;
  • auto-évaluation présentée sous forme de diaporama;

 

La lettre de Stans

Publié: 1 novembre 2007 dans Lectures
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Yverdon, le château : Image du site http://www.centrepestalozzi.ch/
Avec l’autorisation de Jean-Jacques Allisson
Président du Centre de documentation et de recherche Pestalozzi

Notre région jouxte la frontière suisse. La ville d’Yverdon est toute proche. Vous serez peut-être attiré(e) par la visite du Centre de documentation et de recherche Pestalozzi installé dans les murs du château au centre ville. (http://www.centrepestalozzi.ch/)

La « lettre de Stans » écrite par Johann Heinrich Pestalozzi relate son expérience pédagogique de janvier à juin 1799 dans la ville de Stans dans le canton de Nidwalden. (http://www.stans.ch/)

Philippe Meirieu (1) voit dans ce document un des textes fondateurs de la pédagogie.
Voir sur son site : http://www.meirieu.com/PATRIMOINE/lettredestans.pdf.

Extrait
 » …L’état d’esprit de mes enfants était également, avec la mise en oeuvre de ce principe, à l’évidence plus épanoui, plus paisible et plus ouvert à tout ce qui est noble et bon qu’on aurait pu le supposer étant donné que leurs cerveaux étaient complètement vides de concepts moraux. Ce vide ne constituait pas un obstacle, il me gênait à peine. Au contraire, vu la simplicité de ma façon de procéder, je trouvais cette absence vraiment avantageuse, et j’avais bien moins de peine en réalité à faire saisir des concepts simples à des enfants totalement ignorants qu’à ceux qui avaient déjà en tête ceci ou cela, et tout de travers. »

Il cite également le texte de Jean Marc Gaspard Itard « De l’éducation d’un homme sauvage » paru en 1801 dans lequel il relate la tentative d’éducation de Victor, enfant sauvage de l’Aveyron. François Truffaut en a fait un film en 1970 « L’enfant sauvage« .

Pour préparer des séquences pédagogiques en ligne il est bien utile de lire ou relire ces documents et de les voir comme des fondamentaux.

Les technologies que nous utilisons en formation ouverte et à distance sont certes performantes, mais elles ne pensent pas … !

(1) Philippe Meirieu, « Pédagogie : le devoir de résister » – 2007 Esf  éditeur – Page 25

A propos du forum

Publié: 31 octobre 2007 dans Réflexions

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A propos des forums sur une plate-forme de formation il est coutumier d’entendre les remarques suivantes : 

  • « Ils n’y vont pas… »
  • « J’ai mis un message (le formateur) personne n’a répondu… »
  • « C’est le silence… »

Je crois qu’il est important de bien situer l’activité « forum » dans le curriculum de formation. Le simple fait de « poser » un forum sur la plate-forme ne suffit pas à créer les interactions. Il est nécessaire de donner du sens à ce forum : utilité de sa présence, objectif poursuivi, organisation dans le temps, dates d’ouverture et de fermeture, forum lié à une activité précise, forum « ressource », …

Les travaux de François Mangenot (1) sont riches d’enseignements. Par exemple l’article publié lors du colloque EPAL (Echanger Pour Apprendre en Ligne) des 6-7-8 juin 2007 à Grenoble :

(1) Page personnelle de François Mangenot : http://icar.univ-lyon2.fr/membres/fmangenot/

Autre billet sur ce sujet :
http://www.blogg.org/blog-43247-date-2007-04-06-billet-dispositif_hybride_de_formation-568082.html

 

Nomadisme

Publié: 29 octobre 2007 dans Réflexions

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La connexion sans fil est certainement une « évolution révolution » car elle bouleverse le modèle de la salle informatique habituelle.

J’animais récemment une formation nationale d’une quarantaine de personnes qui se sont retrouvées pour réfléchir à l’introduction de distant dans leur pratique de formation. Une majorité des stagiaires présents disposait d’un ordinateur portable équipé en WIFI.

Nous avons ainsi travaillé très souplement en grand groupe, en petits groupes, dans des salles banalisées. Chacune et chacun a déplacé son matériel, qui dans une salle de cours, qui au centre de documentation, qui à la cafétaria.

Nous nous sommes ainsi affranchis de la salle informatique et de ses contingences :

  • lieu unique qui peut être indisponible car déjà réservé;
  • rigidité de la disposition des meubles qui empêche une organisation modulable en petits groupes;
  • droits d’accès forcément limités (nom d’utilisateur, mot de passe);
  • logiciels installés qui ne correspondent peut-être pas aux besoins d’un groupe de passage;
  • installations impossibles car gérées (et c’est normal) par le responsable du réseau;

Je me suis ainsi interrogé sur la pertinence de la classe mobile comparée à l’utilisation de la salle informatique traditionnelle. Les avantages sont certains et, à mon avis, plus porteurs d’un développement des usages.

« L’acteur autonome qu’il s’agit de former n’a plus rien à voir avec l’opérateur taylorien ou l’agent d’exécution rivé aux procédures prescrites de ses micro-tâches. C’est un véritable hyperacteur qu’exige désormais le bon usage des TIC, à compétences heuristiques globales de haut niveau, capable d’affronter des situations imprévues, embrouillées et instables et de (re)définir lui-même ses tâches si nécessaire. »
Linard, 2002, Education Permanente, n° 152, pp. 143-155.

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Les vacances de Toussaint sont un moment un peu privilégié pendant lequel on peut prendre le temps du temps.

Par exemple en écoutant Michel Serres parler du sujet suivant :

« Les nouvelles technologies, que nous apportent-elles »

http://interstices.info/display.jsp?id=c_15918

Conférence enregistrée à l’école polytechnique en décembre 2005.

Serez-vous technophile ou technophobe à l’issue de l’audition de cette conférence ?

En tout cas vous serez charmé(e)s par les propos de Michel Serres !

Consigne, tâche et matériaux

Publié: 21 octobre 2007 dans Réflexions

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Au quotidien, que ce soit avec des étudiants en bac + 5 ou des élèves de sixième, la question est toujours de trouver un savant dosage entre la consigne donnée aux apprenants, la tâche qu’ils ont à réaliser et les matériaux mis à leur disposition.

Chacun a vite fait de créer un décalage entre la tâche et les matériaux utiles à sa réalisation : tâche trop complexe avec des matériaux trop « légers », tâche simple avec des matériaux trop nombreux et/ou trop complexes !

Cette alchimie est permanente et même avec « de la bouteille » le risque est présent de mettre en péril la séquence pédagogique envisagée.

Philippe Meirieu dans son ouvrage « Apprendre … oui, mais comment » (1) évoque avec clarté cette problématique.

Il propose la formule (image en tête du billet) identification sur utilisation = signification.

Pour lui la situation d’apprentissage effective n’a lieu que si l’apprenant fait « jouer » le « numérateur » et le « dénominateur » de la formule. L’identification n’est réelle que si l’apprenant intègre déjà les informations délivrées dans un projet dans lequel il s’inscrit. Il est nécessaire qu’il y ait utilisation des informations pour arriver à une signification, c’est-à-dire compréhension.

« C’est ce processus d’interaction entre l’identification et l’utilisation qui est générateur de signification » – Page 54

« Car cette interaction, qui n’est qu’une nouvelle manière de décrire ce qui se joue, dans l’histoire d’un sujet, entre lui et le monde, est la dynamique même de tout apprentissage. » – Page 58

(1) « Apprendre…, oui, mais comment » – Philippe Meirieu – ESF éditeur – 17ème édition – Paris 1999