Par Jacques Cartier – Consultant Expert International – Auditeur Qualiopi – Ancien Mentor Evaluateur chez OpenClassrooms – Mentor Evaluateur chez Digital Trainer – Expert associé au Forum Mondial Heracles – Ancien Expert auprès de la Mission du Numérique pour l'Enseignement Supérieur – Membre de Compética (Projet de développement de partenariat financé par le conseil de recherches en sciences humaines du Canada) – Enseignant honoraire (Université de Franche Comté – Unité de Formation et de Recherche Sciences du Langage, de l'Homme et de la Société – France)
Remarque : mon ouvrage chez Edilivre – « Itinéraire numérique d’un formateur d’adultes ou Le Voyage d’un saltimbanque funambule » :https://youtu.be/qTTYYdt_geM
Des personnes en formation de chef de projet digital learning m’ont interviewé ces derniers temps en direct sur Skype.
Souvent, elles m’ont demandé ce que je mettais le plus en avant dans mon métier d’ingénieur pédagogique dans des dispositifs ouverts et à distance.
J’ai répondu que la pédagogie était ce que je trouve saillant dans mon activité. J’ai même ajouté que le fait de m’intéresser à la formation à distance, il y a une vingtaine d’années, a révolutionné ma pratique professionnelle au quotidien.
En effet, peut-être que ma pratique auparavant d’instituteur, d’instituteur spécialisé, de professeur d’éducation manuelle et technique puis de technologie en collège, avait engendré une certaine dextérité qui devait finir par nuire à la finesse de mes préparations de cours.
Avec la formation à distance, il m’a fallu revisiter les fondamentaux de mon métier.
Mieux préciser mes objectifs pédagogiques, définir les pré-requis, être plus rigoureux dans l’écriture de mes scénarios pédagogiques, soigner la rédaction des consignes de travail à destination de mes apprenants distants.
Dans le domaine de l’évaluation, j’ai eu à me requestionner pour diversifier mes méthodes d’évaluation qui étaient certainement mon talon d’Achille en présentiel.
Et puis, il a fallu se mettre au clair avec la légalité d’utilisation des ressources (textes, images, sons, vidéos, …) et s’intéresser de près aux licences Creative Commons.
Lors des interviews, j’ai indiqué que la technologie n’est pas ma priorité. Certes, elle est essentielle à la bonne marche d’un dispositif distant, mais reste un outil.
Cependant, il ne faut pas la négliger, car elle renferme en elle-même des pistes souvent insoupçonnées. Ce sera le sujet d’un futur article !
Je repense à l’instant à un texte de Michel Serres :
« Oubliez donc, un moment, les programmes et travaillez sur les canaux : les contenus, puis les méthodes pour les diffuser vous viendront par surcroît ; et vous vous étonnerez d’avoir trouvé les solutions sans les chercher. »
Hors-série du Monde de l’Éducation, « Apprendre à distance », septembre 1998.
Remarque : mon ouvrage chez Edilivre – « Itinéraire numérique d’un formateur d’adultes ou Le Voyage d’un saltimbanque funambule » :https://youtu.be/qTTYYdt_geM
On peut être en permanence en recherche de l’outil dernier cri pour animer une formation. Comme si l’outil comportait une vertu pédagogique intrinsèque, comme si la théorie des vases communicants s’appliquait à l’apprentissage.
Mais les outils bureautiques ont-ils dit leur dernier mot ?
Le diaporama est souvent décrié. En effet, s’il n’est utilisé qu’en mode expositif, il peut vite devenir lassant. Imaginez rester assis une heure et voir 30 diapositives commentées par l’intervenant…
Et si, à l’issue d’une présentation courte, vous aviez, vous stagiaire, quelques diapositives à compléter ?
Il vous faudrait réfléchir seul ou en groupe, puis venir vidéo projeter vos propositions. Voyez que la méthode pédagogique change du tout au tout, l’implication des apprenants est sollicitée.
On peut imaginer le même exercice de style avec le traitement de texte. En amont de la formation, je dois lire les contenus mis à disposition sur la plateforme de formation dans un fichier de traitement de texte. Il m’est demandé de compléter des paragraphes vides dans lesquels je vais taper mes commentaires. Les différents écrits peuvent être collationnés par le formateur qui va proposer une synthèse au groupe lors du prochain présentiel. Il y a de la classe inversée dans l’air !
Avant de rassembler de multiples outils plus ou moins modernes, vieillots ou à la pointe, pensez plutôt aux objectifs pédagogiques à atteindre. Vous finirez bien par trouver les outils les mieux adaptés à votre stratégie pédagogique. Il y en a plein la Toile !
Remarque : mon ouvrage chez Edilivre – « Itinéraire numérique d’un formateur d’adultes ou Le Voyage d’un saltimbanque funambule » :https://youtu.be/qTTYYdt_geM
J’ai souvent vu dans mon activité liée à la formation à distance des organismes qui entraient dans le monde du distant par l’outil plateforme en ligne.
Le discours était proche de : « Bon, ça y est. Vous avez tout ce qu’il vous faut pour travailler ! »
C’est un raccourci saisissant qui se base sur le mythe encore vivace de la technologie qui assure le passage de la modalité en présence vers l’hybride (présence/distance) et le tout distance.
Le choix de la plateforme est-il le bon ? La réflexion a-t ’elle été menée entre le fait de choisir un outil propriétaire ou un logiciel libre ? Le service informatique de mon établissement héberge le logiciel ou l’hébergement se fait -il chez un prestataire du web ?
La plateforme fonctionne t’elle 24 h sur 24 ? Les mises à jour occasionnent-elles des dysfonctionnements ? ….
Mais, je mets la charrue avant les bœufs. Vous voyez bien que la démarche plateforme est un élément du dispositif à mettre en place. Le projet est beaucoup plus large que la simple mise à disposition de l’espace en ligne.
C’est un écosystème qu’il faut créer :
« On trouve de plus en plus d’usages métaphoriques de l’écosystème pour désigner un ensemble d’entités qui interagissent dans un environnement.
En économie, un écosystème est constitué d’un regroupement d’entreprises d’une filière et de leurs parties prenantes (clients, employés, fournisseurs, sous-traitants, pouvoirs publics…), qui ont en commun un projet de développement dans le temps, encadré par des engagements pris les uns envers les autres. Dans un écosystème d’entreprises, chacun contribue à la création de valeur qui profite à toutes les entreprises, à la différence d’un cluster.
Avec l’expansion des réseaux numériques, on parle aussi de l’écosystème du web. »
Les salariés de l’organisme sont partie prenante du projet : ce n’est pas un projet de niche propulsé par quelques francs-tireurs mais bien une gouvernance d’entreprise.
L’activité axée sur les formations en présentiel mute vers l’hybride. Ce mouvement est l’affaire de tous. Quelques éléments :
L’informaticien s’occupe du bon fonctionnement de la plateforme, de sa sécurité, de ses mises à jour, de ses sauvegardes.
Le (la) secrétaire inscrit les apprenants sur cet espace, leur attribue un parcours, extrait des données pour le suivi financier.
Les formateurs se familiarisent rapidement avec l’outil et basculent tout ou partie de leurs cours en ligne. Il ne faut pas oublier de les former à cette nouvelle professionnalité car elle ne tombe pas sous le sens aussi facilement. Un gros effort leur est demandé pour qu’ils modifient leur pratique pédagogique. Ils vont jouer le rôle de tuteur (accompagnateur, mentor) en ligne. Cela ne s’improvise pas…
Depuis de nombreuses années, j’écris de façon régulière sur mon blogue « espace-formation.org« .
C’est un endroit privilégié pour évoquer sa pratique pédagogique, la questionner, la remettre en cause.
L’idée m’est venue récemment à l’esprit de faire un ouvrage papier avec ces écrits en ligne. Quand je dis papier, j’inclus aussi les versions numériques en PDF et EPUB.
Vous vous dites alors que faire un livre, ça doit être galère, coûter cher, … Vous auriez tendance à abandonner avant d’avoir fait le premier pas.
De nombreux éditeurs en ligne vous aident à franchir le Rubicon. Vous leur soumettez votre manuscrit, une semaine ou deux se passent, puis on vous donne une réponse positive et négative.
Si elle est positive, vous entrez alors dans le vif du sujet !
Vous allez commencer par signer un contrat en bonne de due forme : lisez-le bien et soyez vigilants sur votre droit d’auteur et les conditions financières de vente de votre production. Si vous connaissez bien un libraire, demandez-lui conseil sur les contenus de ce document qui, une fois signé, va vous engager pour un certain temps.
Vous passez à la phase corrections utiles après relecture : engagez vos amis et proches dans cette activité. En effet, on laisse toujours des coquilles malgré lectures et relectures.
Vous allez trouver des phrases bancales, des redites, des mots disparus, des inversions de lettre (fromation au lieu de formation !), … Ce moment est assez long à réaliser, mais c’est un passage obligé. Attention à la tendinite à l’épaule droite car vous tenez mal votre souris !
Vous avez le droit à un ou deux envois de votre manuscrit corrigé. Après, chaque modification sera payante. Soyez vigilant, car la stratégie de l’éditeur (on peut le comprendre) est de vous proposer des options payantes nombreuses et variées :
une couverture stylisée
une publicité sur les réseaux sociaux
une version epub diffusée par de grands groupes (Amazon, Fnac, …)
…
Réfléchissez à ce que vous allez choisir et regardez si votre porte monnaie le permet !
Alors vient le moment du premier exemplaire papier que vous avez entre les mains ! Oui, vous êtes un peu fier de feuilleter ce livre émanation des articles de votre blogue !
Bon, d’accord, le vendre, c’est pas gagné. Comment faire votre promotion ?
Une vidéo sur les réseaux sociaux par exemple :
Et un courriel à vos amis, vos contacts professionnels annonçant la publication en version epub :
Je suis heureux de vous annoncer que mon livre Itinéraire numérique d’un formateur d’adultes ou Le Voyage d’un saltimbanque funambule est maintenant publié et mis en vente sur Edilivre.
Vous pouvez vous le procurer dès maintenant en version papier ou numérique (format .pdf) à cette adresse :
D’ici 60 jours, il sera mis en vente aussi en version « epub » sur les principaux libraires en ligne à savoir Fnac.com, Chapitre.com, Amazon… En parallèle son dépôt sera réalisé par l’éditeur à la BnF.
De plus, tous les libraires de France, Suisse et Belgique pourront également le commander à travers Dilicom ou directement auprès d’Edilivre.
Le Gifod m’a sollicité en juin 2018 pour l’enregistrement d’une vidéo sur la thématique suivante :
« Le numérique comme levier de transformation et d’amélioration de l’efficacité des dispositifs de formation »
L’association GIFOD est dédiée à l’individualisation des parcours de formation via la Formation Ouverte et A Distance. Elle met à disposition de ses membres les moyens nécessaires à la mise en œuvre de la formation multimodale. Son objectif est de mutualiser des moyens (plateforme de formation ; le GIFOD fait actuellement évoluer ses outils), des ressources pédagogiques numériques (près de 4 000 actuellement disponibles) et des expériences. Certains membres ont aujourd’hui plus de 15 ans d’expérience, ce qui fait la force du GIFOD. (https://www.gifod.fr)
Depuis quelques mois, je m’interroge sur la formation entièrement à distance.
Après avoir mené une expérimentation de février à avril avec vingt personnes, je me mets en ordre de marche pour proposer un éventail de formations tout en ligne.
De plus en plus, les organismes de formation se tournent vers la modalité hybride (présence / distance).
Je perçois une grande frilosité de leur part à se lancer aussi dans le tout distance.
Or cette modalité me semble très porteuse. Elle permet de monter un dispositif de formation sans se soucier des lieux géographiques de résidence des apprenants. Faites attention quand même au décalage horaire !
Pour certaines personnes, c’est la seule modalité envisageable du fait d’un manque de disponibilité, d’un éloignement géographique engendrant des frais trop importants, d’un handicap provisoire ou permanent empêchant pratiquement tout déplacement, …
Je vous indique le lien vers l’évaluation d’une formation action (entièrement à distance) montée par mes soins de février à avril 2018 : elle me semble riche de sens.
Johann Heinrich Pestalozzi n’avait que le choix de la présence pour accueillir des orphelins dans sa classe. Aujourd’hui, nous pouvons choisir la modalité qui répond le mieux aux besoins des apprenants. Le tout distance en fait partie.
Un peu de jugeote, un brin d’imagination, des outils pour communiquer ! C’est parti !