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boy-110762_1920Image en domaine public

J’aime bien fureter sur la Toile à la recherche de rapports concernant les usages du numérique en pédagogie. J’apprends plein de choses sur ce qui se passe ici ou là, dans mon pays et à l’étranger. Une personne, une équipe a mené une enquête, une recherche à partir d’un éventail large d’utilisateurs et rédige ensuite un document très souvent fructueux.

Ce matin, par un lien posté sur Tweeter, j’ai eu accès à un rapport de l’Inspection Générale intitulé « L’utilisation pédagogique des dotations en numérique (équipements et ressources) dans les écoles » publié en juillet 2015 (rapport 2015-070) et téléchargeable à cette adresse :

Lien : http://www.education.gouv.fr/cid95549/rapport-sur-l-utilisation-pedagogique-des-dotations-en-numerique-equipements-et-ressources-dans-les-ecoles-igen.html

En page 5, on est tout de suite dans le bain à la lecture de ce paragraphe :

« Un premier constat s’impose : celui de la faible utilisation des outils numériques dans le quotidien des classes en 2015. La première cause de cette situation est évidemment d’ordre matériel. Dans beaucoup d’écoles, les équipements sont insuffisants et souvent vétustes. Elles disposent, en moyenne, d’un ordinateur récent pour 17 élèves en élémentaire et d’un pour 55 élèves en maternelle. De plus, la répartition de ces équipements est très hétérogène. »

C’est un peu une douche froide qui laisse pantois sur les possibilités que les enseignants du 1er degré ont d’inclure le numérique dans leurs pratiques au quotidien. D’autant plus que le rapport évoque le fait que les enseignants sont très utilisateurs du numérique dans leurs usages personnels pour les préparations de cours, la tenue de leur journal de classe, les évaluations des élèves, l’utilisation du vidéo projecteur, la recherche de ressources sur Internet, …

« Si la présence du numérique est faible dans la classe, les professeurs des écoles sont des utilisateurs du numérique dans leur pratique professionnelle hors de la classe : ils cherchent leur documentation sur Internet, ils organisent, planifient et préparent leur enseignement sur leur ordinateur. Ils gèrent et évaluent leurs élèves en ayant recours à des outils numériques. »

Si la pratique personnelle est aussi développée, il est raisonnable de penser que le pas à franchir pour une plus grande utilisation en classe est accessible. Oui, mais avec aussi peu d’ordinateurs ?

On pourrait rester bloqué sur ces premiers éléments et noircir le tableau. Heureusement, le rapport cite de nombreux exemples d’activités réalisées en classe faisant appel à une utilisation judicieuse du numérique.

Les personnes qui ont rédigé le rapport font six préconisations :

« – faire du numérique une réelle priorité pédagogique ;

garantir sur tout le territoire un équipement de base dans toutes les écoles ;

renforcer le pilotage à tous les niveaux ;

mobiliser les moyens de formation en conciliant l’exigence d’une impulsion forte et la nécessité de réponses différenciées ;

offrir à chaque école un espace numérique de travail répondant aux besoins des maîtres et des élèves ;

donner accès à un ensemble de ressources ouvert et coopératif. »

Je commente le point qui concerne la formation continue : elle se fait, depuis 2013, en partie à distance au-travers du dispositif national M@gistère (https://magistere.education.fr/). Le fait que la formation soit hybride devrait aider les collègues à intensifier l’utilisation du numérique dans leurs classes. Ce point est très lié aussi au fait d’avoir accès à des ressources en ligne de qualité.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

rayon
Image en Creative Commons sur Flickr

Plusieurs conseils généraux se sont lancés dans la mise en place d’un dispositif qui fournit un ordinateur portable aux collégiens et aux enseignants :

  • « Un collégien, un ordinateur » dans les Landes en 2001 ;
  • « Ordina13 » dans les Bouches du Rhône en 2003 ;
  • « Ordi35 » en Ile et Vilaine en 2005 ;
  • « Ordi60 » dans l’Oise et « Ordicollège19 » en Corrèze en 2009.

Un enquête menée par la Sofres analyse le dispositif des Landes de façon très fouillée.

Lien utile : http://www.landesinteractives.net/pagesEditos.asp?IDPAGE=228&sX_Menu_selectedID=left_23E7CEF0

Ou pour voir l’ensemble des documents :  http://issuu.com/1collegien1ordinateurportable.

On ne peut pas rester insensible à ces initiatives qui se développent dans des départements qui ont fait un choix osé. Le rapport de plus de 300 pages évalue le dispositif sous tous ses angles sans volonté de réaliser un écrit de satisfecit. Les différents partenaires ont la parole, les plus et les moins sont analysés avec objectivité.

Une interview de Seymour Papert (1) est insérée dans le document. Pour lui, placer quelques ordinateurs dans le fond de la salle n’a pas de sens, comme en placer 20 dans une salle dédiée (salle communément appelée salle multimédia). Il fait l’analogie avec le crayon de papier : équipe-t-on une salle de classe de 3 crayons ou d’une montagne de crayons ? Chaque élève dispose de son crayon !

On pourrait être tenté de penser que ce type de dispositif est transférable à l’ensemble des départements. Ce serait aller vite en besogne car chaque collectivité est responsable de ses choix en matière de politique éducative. Mais la réflexion mérite d’être menée car le modèle de la salle multimédia commence à montrer son obsolescence et les quelques ordinateurs en fond de salle leur limite !

(1) Seymour Papert est professeur honoraire du MIT (Massachusetts Institute of  Technology). Il est connu comme l’un des créateurs du langage LOGO.

A la recherche d’effets…

Publié: 11 mars 2009 dans Lectures
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En anglais : International Journal of Technologies in Higher Education.

Dans le dernier numéro de la revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, Françoise Doc, Marcel Lebrun et Denis Smidts ont écrit un article intitulé : « À la recherche des effets d’une plate-forme d’enseignement / apprentissage en ligne sur les pratiques pédagogiques d’une université : premières approches ».

Les auteurs se basent sur l’hypothèse de l’effet catalyseur des technologies sur le changement pédagogique. Pour valider ou invalider cette hypothèse ils ont mis en place une enquête auprès des personnes concernées.

Adresse : http://www.ijthe.org/IMG/pdf/RITPU_v05n01_45.pdf 

Les auteurs ont interrogé étudiants et enseignants sur leur perception des changements induits par l’utilisation d’un outil plate-forme après six ans d’utilisation.

Les résultats récoltés sont intéressants car basés sur une pratique longue et en grand nombre (21000 personnes, 5000 membres du personnel).

Les plus values les plus marquantes de l’avis des étudiants sont :

« Ils ont davantage d’interactions entre eux grâce à Icampus , se disent plus motivés, indiquent qu’ils mettent en œuvre des compétences de plus haut niveau (esprit critique…), qu’ils développent leurs compétences en recherche d’information et en utilisation des TIC… » – p. 56

Pour les enseignants les plus sont les suivants :

« Les enseignants, de leur côté, estiment qu’ils ont davantage d’interaction avec leurs étudiants, qu’ils mettent à disposition des ressources plus variées, qu’ils gèrent plus facilement des travaux de groupe. » – p. 56

En formation à distance, mais de façon générale dans l’utilisation d’environnements numériques d’apprentissages, il semble important de mener ce genre d’enquête auprès des utilisateurs pour mesurer autant que faire se peut les impacts d’un dispositif axé sur l’utilisation d’une plate-forme en ligne. On évite ainsi le danger d’une approche techniciste qui omettrait d’observer et de mesurer si les apports (information, communication, apprentissage) sont pertinents, durables et transférables.

apop1 L’APOP (Association pour l’utilisation de l’ordinateur au postsecondaire) organise des dîners causeries thématiques en ligne sur une plate-forme audio vidéo.

Ce mardi 24 février, en présence de 50 personnes, nous avons réfléchi à l’intégration du portable (de l’ordinateur portable) en classe et dans les programmes.

Hélène Martineaux (animatrice à l’APOP) a projeté un document de synthèse pendant son intervention sous la forme d’une tableau. (voir ci-dessous).

On ne peut, en effet, rester sans réagir au fait que de très nombreuses personnes disposent d’un ordinateur portable et que des institutions de formation mettent à disposition une connexion sans fil à l’internet, même aux personnes de passage dans les locaux.

Pour le formateur, pour l’enseignant, il s’agit là d’une nouvelle donne. Lors de ma participation récente à un séminaire, environ quatre-vingt dix pour cent des personnes présentes étaient équipées d’un portable et reliées à l’internet via le Wi-Fi de l’école qui nous accueillait.

Je suis intervenu l’après-midi devant trente cinq personnes toutes pratiquement équipées d’une machine. Il faut un peu jongler car la tentation peut être grande pour les participants de surfer, lire ses courriels, … L’animateur de la séance doit adapter son intervention à cette situation, par exemple en évoquant avec l’assemblée un modus vivendi d’utilisation des outils… Avec les élèves adolescents le modus vivendi s’impose !

Les participants au dîner causerie ont évoqué cette problématique. Certains pensent que l’activité pédagogique menée, mettant les élèves en situation de production, peut déjà pallier un certain nombre de petits soucis.

Le tableau d’Hélène Martineaux est une aide précieuse à la réflexion.

Billet écrit avec l’assentiment de l’auteure.

(1) http://www.apop.qc.ca/

L’intégration du portable en classe et dans les programmes :
quelques réponses aux questions qui se posent…

APOP / Dîner-causerie en ligne/ L’intégration du portable en classe et dans les programmes

24 février 2009 / hmartineau@cegep-fxg.qc.ca

A. Défis et obstacles

A. Les aspects stimulants ou dynamiques L’organisation de la stratégie pédagogique du cours L’utilisation intégrée des outils technologiques dans une approche socioconstructiviste Un soutien adapté aux processus d’apprentissage
B. Les dimensions à prévoir  La préparation d’un ensemble de cours dans une perspective globale davantage autoportante La préparation d’un cours avec des activités qui participent à la réalisation de «livrables» immédiats, cours par cours L’appropriation par l’étudiant des contenus informationnels en dehors des périodes de cours
C. Les effets et l’impact sur la clientèle Les filles : une occasion pour développer leurs habiletés ludiques et déployer leur potentiel créatif Les garçons : un contexte d’apprentissage plus actif; encadrement personnel et cohérence du processus d’appropriation des contenus Les élèves en difficulté : rapidité du diagnostic, possibilité d’adapter les exigences et d’offrir un encadrement spécifique
D. Les modalités d’acquisition du portable Aspects favorables
Propriété personnelle favorise le sens des responsabilités et l’implication dans l’utilisation; plus flexible
Dimensions défavorables
Gestion du portable souvent peu «pédagogique» (logiciels de communication et autres plugiciels lourds)
Plus de contrôle si la gestion des portables est effectuée par le collège; par contre  processus plus lourd pour l’étudiant et l’organisation. Ne correspond pas au contexte de vie réel
E. Les modalités l’utilisation du portable Conditions favorables
Classes flexibles (tables et chaises mobiles), réseau sans fil et accès prises électriques
Conditions défavorables
mobilier fixe, absence d’accès aux prises électriques (pannes de batterie) absence de connexion réseau sans fil
L’utilisation des laboratoires informatiques demeure une option par défaut encore utile dans une période de transition vers l’utilisation du portable en classe

B. Retombées sur l’enseignement et dans l’apprentissage

F. Le travail pédagogique en classe avec les étudiants dans un programme dans les activités d’enseignement Modifications positives
Vision collective et partagée des réalisations à produire; favorise la communication et le sentiment d’être en action dans un processus d’ensemble plutôt que la compétition
Impacts négatifs
Place les approches pédagogiques retenues par les enseignants en situation de compétition; peut créer des tensions
Exige une planification pédagogique plus serrée avec des documents de référence qui documentent les étapes de réalisation d’un travail
G. L’utilisation du portable et le développement des compétences Facilite la réussite des étudiants; plus facile de soutenir l’évolution du processus d’apprentissage de l’étudiant; disponibilité des ressources d’accompagnement et de soutien plus grande Contribue à augmenter la motivation des étudiants; l’étudiant a plus de contrôle sur son processus d’apprentissage et plus de responsabilité concernant les moyens à utiliser pour se prendre en charge Valorise l’initiative et l’autonomie des étudiants; l’immédiateté et l’aspect séduisant et concret (médiatisé) des résultats produit un effet stimulant
H. L’utilisation du portable et l’attitude des étudiants  Plus engagés et plus rigoureux ; l’étudiant a l’impression qu’il peut faire des choix avantageux et gratifiants pour lui; Plus constructifs; l’environnement informatique permet à l’étudiant de «se distinguer», de «s’afficher», d’affirmer son profil d’intérêt et son «image» Plus collaboratifs; les outils de communication permettent à l’étudiant d’entrer en relation immédiate avec d’autres, de créer des liens et favorisent la coopération plutôt que le plagiat
I. L’utilisation du portable et la relation étudiant-enseignant Importance du contexte technologique et physique; contribue à un rapprochement puisque l’objet de travail est accessible dans un «nouveau» contexte de proximité (physique-asynchrone ou synchrone) Manifestations de nouveaux comportements; plus de transparence dans l’échange d’information Les pièges à éviter et les situations à risque pour l’enseignant;
un processus d’encadrement peu structuré, des finalités pédagogiques peu claires pour l’étudiant