Archives de la catégorie ‘Lectures’

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L’expression travail collaboratif est sur toutes les langues, dans tous les ouvrages et articles traitant de formation ouverte et à distance. Mais il ne s’agit pas d’une méthode pédagogique infaillible censée résoudre le problème de l’apprentissage. Elle n’est pas la seule façon d’apprendre (France Henri, Karin Lundgren Cayrol, 2003) et ne convient pas à toutes les situations de formation. Au formateur de choisir cette modalité si, dans le contexte de la formation en cours, elle est pertinente pour faciliter les apprentissages.

Et puis cet « exercice de style » est difficile et nécessite une posture réflexive de l’enseignant, comme l’indique Philippe Perrenoud :

« Aucun fonctionnement collectif n’est simple, tout groupe, même uni, est menacé par des clivages, des conflits, des abus de pouvoir, des déséquilibres entre les rétributions et les contributions des uns et des autres. Ces dysfonctionnements sont accompagnés de sentiments d’injustice, d’exclusion, de révolte, d’humiliation, de « ras-le-bol ». Les équipes expérimentées ne sont pas à l’abri de ces tribulations, elles savent simplement les anticiper et les contenir, évitant qu’elles ne dégénèrent en crises. Pour assurer cette régulation, il faut évidemment se parler dans un registre qui n’aggrave pas les tensions, les non-dits ou les blessures, mais permet au contraire de s’expliquer.

Seuls peuvent s’engager dans cette forme de méta communication les enseignants qui s’adonnent eux-mêmes à une forme de pratique réflexive et de métacognition. Il leur reste alors à partager des impressions et des analyses avec leurs collègues, ce qui n’est pas facile, mais amorce la régulation. Le silence, l’escalade, le refus de faire partie du problème, la recherche du bouc émissaire, le psychodrame ou la crise de nerfs expriment des émotions, mais trahissent aussi un défaut de prise de distance et d’analyse de ce qui se joue. La réflexivité de chacun est un ingrédient de l’analyse collective du fonctionnement et un atout majeur dans la régulation des rapports professionnels et du travail en équipe (Gather Thurler, 1994, 1996). »

« Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant » – page 58
Philippe Perrenoud – 2003 – ESF éditeur – Collection dirigée par Philippe Meirieu
Phillipe Perrenoud, sociologue, est professeur à l’Université de Genève – >>>>
Philippe Perrenoud sur le Net.

Pratique pédagogique, tension ?

Publié: 4 novembre 2006 dans Lectures
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« … Mais c’est peut-être que la pratique pédagogique est tension… c’est surtout que la pratique est histoire et que l’histoire c’est la fugacité, le passage, le parcours, la transition, le conflit. La difficulté majeure des théories de l’apprentissage, celle qui les conduit à l’aporie, c’est d’assumer l’historicité de l’apprendre et le fait qu’une histoire n’est pas, n’est jamais, un développement linéaire mais bien une dialectique. Les philosophes se sont toujours heurtés à cette question : « Comment peut-on passer du non-savoir au savoir ? Comment peut-il advenir du changement ? » et ils ont toujours été tentés de dénier l’histoire à l’apprentissage, de basculer dans le déjà-dedans ou d’affirmer la totale malléabilité du sujet aux interventions extérieures.
Alors que l’apprentissage est une histoire qui met en présence un déjà-là et une intervention extérieure ; une histoire où s’affrontent des sujets et où travaillent et s’articulent, jamais très facilement, intériorité et extériorité, élève et maître, structures cognitives existantes et apports nouveaux. (page 40)

 

Ce court extrait vous donne certainement envie de lire l’ouvrage de Philippe Meirieu « Apprendre … oui, mais comment » (ESF éditeur), que votre pratique intègre ou non la formation à distance !

Aporie : contradiction insoluble dans un raisonnement.

Formateurs réflexifs

Publié: 11 octobre 2006 dans Lectures
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Dans son ouvrage « Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant » (1) Philippe Perrenoud aborde la question des formateurs. Pour que ceux-ci deviennent des formateurs réflexifs il faut une intention et des dispositifs, les uns centrés sur l’entraînement à la réflexion et à l’analyse, les autres centrés sur différents champs de connaissances et de compétences.

Philippe Perrenoud retient dix défis, formulés comme des contradictions difficiles à surmonter : (page 158)

 

1. Travailler sur le sens et les finalités de l’école sans faire oeuvre de mission.

2. Travailler sur l’identité sans incarner un modèle d’excellence.

3. Travailler sur les dimensions non réfléchies de l’action et sur les routines, sans les disqualifier.

4. Travailler sur la personne et sa relation à autrui sans devenir thérapeute.

5. Travailler sur les non-dits et les contradictions du métier et de l’école sans désenchanter le monde.

6. Partir de pratiques et de l’expérience sans s’y enfermer, pour comparer, expliquer, théoriser.

7. Aider à construire des compétences, exercer la mobilisation des savoirs.

8. Combattre les résistances au changement et à la formation sans les mépriser.

9. Travailler sur les dynamiques collectives et les institutions, sans oublier les personnes.

10. Articuler approches transversales et didactiques, garder un regard systémique.

(1) « Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant » – Philippe Perrenoud – 2003 – ESF éditeur
Collection dirigée par Philippe Meirieu

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Nous vous conseillons la lecture de l’ouvrage « L’avenir des idées – le sort des biens communs à l’heure des réseaux numériques » de Lawrence Lessig où l’on parle de communautés d’apprentissages et de pratiques, de logiciels libres, …

« Une route demeure bien commun parce que les risques d’exclusion seraient trop grands si elle était privée. Si cette route devait devenir une voie commerciale importante, si de chaque côté s’implantaient d’autres entreprises et d’autres services, cette route libre et commune serait une importante source de richesse. La privatiser reviendrait à prendre le risque de voir son propriétaire la réserver à un seul usage. Le public tire un important bénéfice de cette route, et la valeur de la route est liée au fait qu’elle est ouverte à tous. Le danger est que cette valeur ajoutée puisse donner à un acteur privé l’idée d’en tirer parti. Cette route est donc un bien « d’intérêt public », au sens où sa valeur résulte du fait que le public en a besoin. »

« Quand une ressource tire sa valeur du fait qu’elle est ouverte, quand cette valeur s’accroît d’autant plus qu’elle est plus utilisée – « plus on est de fous, plus on rit », comme on dit -, alors il est normal d’attribuer une bonne part de la valeur de cette ressource au fait qu’elle est ouverte. »

Texte tiré de « L’avenir des idées – le sort des biens communs à l’heure des réseaux numériques » – Lawrence Lessig, Professeur de droit à l’université de Stanford – page 110 – Presses Universitaires de Lyon (PUL)

Débat ou faux débat

Publié: 10 juillet 2006 dans Lectures
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Un débat ancien et redondant porte souvent sur le rapport entre « tuyaux et usages« , entre « technique et pratique tice » avec les élèves. Le débat est parfois houleux et passionné.

Je me demande si cette dichotomie est bien légitime, n’y a-t’il pas une troisième voie ? Le témoignage de la collègue qui suit la formation en ligne « Du B2i@dultes vers le C2i » indique clairement que le fait d’être plus à l’aise avec la « technique » l’aide à intégrer des séances utilisant les tice avec ses élèves. La technique ne prend pas le pas sur l’usage, elle le facilite.

« Les modules que j’ai travaillés l’an dernier ne m’ont pas fait faire de grandes découvertes, mais m’ont permis de faire le point sur des outils que j’utilisais sans en connaître toutes les ressources (traitement de texte, internet, messagerie, etc.) j’attends plus des modules qui me restent à valider.

Dans ma pratique professionnelle, cette formation a surtout eu pour effet positif de me familiariser davantage avec l’outil, et ainsi de me donner confiance pour me lancer avec les élèves. J’ai utilisé beaucoup plus souvent la salle informatique avec eux, que ce soit pour des recherches ou de petites réalisations : pages Word pour constituer un journal de voyage, petites présentations PWP, que je découvrais pratiquement en même temps qu’eux (ce n’est pas sérieux ? ils m’ont appris ce qu’ils savaient…) etc. B. G. et les intervenants TICE de l’établissement m’ont régulièrement aidée quand j’en avais besoin.

S. P »

PWP : diaporama PowerPoint

Si la technique prenait le dessus, ce serait évidemment très fâcheux comme le souligne Monique Linard :

« L’opération technique pose d’abord des questions de moyens et de « comment faire ». L’activité humaine pose d’abord des questions de fins, de sens et de « pourquoi faire ». Jusqu’ici, la raison des fins encadrait et guidait plus ou moins la raison des moyens. Mais que se passe-t-il quand la puissance des moyens débordant tout contrôle, elle se développe pour son propre compte et tend à devenir elle-même sa propre fin ? »

 

Contribution publiée dans : Albéro B (sous la dir. De), « Autoformation et enseignement supérieur » Hermès/Lavoisier

  

A méditer !

Apprendre lance l’errance …

Publié: 5 juillet 2006 dans Lectures
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image130« Apprendre lance l’errance. Partir. Sortir. Se laisser un jour séduire. Devenir plusieurs, braver l’extérieur, bifurquer ailleurs. Voici les trois premières étrangetés, les trois variétés d’altérité, les trois premières façons de s’exposer. Car il n’y a pas d’apprentissage sans exposition, souvent dangereuse, à l’autre…
Je m’expose à autrui, aux étrangetés. »

Michel Serres, Le tiers instruit

Merci au pôle de compétences foad !

Publié: 1 juillet 2006 dans Lectures
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Les collègues du pôle de compétences foad du Ministère terminent la mise à jour du serveur de sites collaboratifs .

400 sites en fonctionnement !

Tout fonctionne parfaitement. Merci à elles et à eux pour ce travail précis et efficace.

La formation à distance est un travail collectif. Les personnes responsables des « tuyaux » font souvent un travail dans l’ombre. Les utilisateurs ne se rendent pas toujours compte de l’importance de cette activité en arrière plan. (fonctionnement 24 h sur 24, sécurité assurée, sauvegardes, réactivité en cas de souci technique, …)

Du B2i@dultes vers le C2i

Publié: 26 juin 2006 dans Lectures
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Un dépliant est à votre disposition pour avoir plus de renseignements sur la formation :

« Du B2i@dultes vers le C2i »

Adresse :
http://foad.ac-besancon.fr/depliant.htm et/ou http://foad.ac-besancon.fr/depliant.pdf .

A la rentrée de septembre 2006, 500 apprenants suivront cette formation.

Bonne lecture !

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Une publication de 2001 du Centre de l’OCDE pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement (CERI) « Les nouvelles technologies à l’école – Apprendre à changer » pose clairement la question de l’utilisation des Tice à l’école.

L’installation des « tuyaux » est une phase nécessaire mais un changement profond doit se faire dans les pratiques quotidiennes de tout l’environnement scolaire.

« Les TIC devraient donner accès à des activités de formation et d’enseignement d’excellence, armant par-là même les jeunes pour la société du savoir. Cela étant, il faut répondre à certaines exigences pratiques pour profiter de ces avantages. Dans Les nouvelles technologies à l’école – Apprendre à changer, nouvelle publication du Centre de l’OCDE pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement (CERI), ces exigences sont examinées dans le détail.

« L’installation des technologies n’est qu’une première étape. Non seulement les établissements scolaires doivent changer pour s’adapter aux TIC, mais le processus même d’acquisition de connaissances doit se transformer pour que la “maîtrise du numérique” devienne une réalité pour tous. Les TIC, à condition d’être bien utilisées, peuvent offrir un environnement pédagogique mieux adapté aux besoins et aux centres d’intérêt des différents apprenants du monde moderne. Cela nécessite cependant un examen en profondeur des politiques et méthodes d’enseignement. Au lieu de simplement recourir aux TIC pour accomplir différemment des tâches traditionnelles, il faut introduire des innovations et des changements à tous les niveaux de l’environnement scolaire… »

Pour se procurer cette publication :

http://www.oecd.org/document/12/0,2340,fr_2649_34519_2466636_1_1_1_37455,00.html

Nous pouvons citer Monique Linard :

« L’opération technique pose d’abord des questions de moyens et de “comment faire”. L’activité humaine pose d’abord des questions de fins, de sens et de “pourquoi faire”. Jusqu’ici, la raison des fins encadrait et guidait plus ou moins la raison des moyens. Mais que se passe-t-il quand la puissance des moyens débordant tout contrôle, elle se développe pour son propre compte et tend à devenir elle-même sa propre fin ? »

Contribution publiée dans : Albéro B (sous la dir. De) « Autoformation et enseignement supérieur » Hermès/Lavoisier.

Je blogue tranquille

Publié: 9 juin 2006 dans Lectures
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Beaucoup d’élèves se lancent dans la création d’un blog et c’est tout à leur honneur.

Comme beaucoup de jeunes et de moins jeunes ils ne sont pas toujours au courant de leurs droits et devoirs quant à la gestion de leur site d’écriture.

Savent-ils qu’ils sont responsables des commentaires qui sont publiés en réponses à leurs billets ?

Le Forum des droits sur l’Internet a publié un dossier intitulé « Je blogue tranquille » à mettre entre toutes les mains !

http://www.foruminternet.org/publications/lire.phtml?id=948