Archives de la catégorie ‘Lectures’

Espace Numérique de Travail

Publié: 3 Mai 2013 dans Lectures

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Image en CC sur http://www.stef.ens-cachan.fr/ent/ent_journee_rech_11032010.htm

Il y a quelques jours, un collègue chef d’établissement est venu présenter son ENT à mes étudiants de master 2. (Métiers de l’Enseignement et de la Formation). Il travaille dans une cité scolaire de 1200 élèves.

Très vite, la présentation a montré le rôle essentiel de l’utilisation de l’ENT dans la vie quotidienne de l’établissement. La tendance est au zéro papier, tout passe par cet outil.

Les outils d’analyse des usages montrent une utilisation prépondérante de l’outil de courriel intégré à l’ENT. L’adresse électronique des personnes inscrites est le vecteur principal des échanges au quotidien.

Des services permettent par exemple la gestion du cahier de textes en ligne, des absences, des notes, du dépôt de fichiers.

Néanmoins les usages pédagogiques semblent relativement limités. L’ENT reste principalement un outil de gestion et de communication. Peu de dépôt de documents pour les élèves, par les élèves. C’est certainement dans ce domaine que l’ENT pourrait aussi apporter une plus value intéressante à la vie de l’établissement.

Remarque : on est un peu gêné par de nombreux menus qui ciblent sur des services qui ne sont pas utilisés. L’administrateur de l’établissement n’a pas la main pour les cacher aux utilisateurs. Mais cela devrait se résoudre à court terme.

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.fr

Origine des ressources

Publié: 24 septembre 2012 dans Lectures

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Logo Creative Commons Paternité, Partage à l'identique

Mes étudiants ne s’occupent pas du tout de l’origine des ressources utilisées. Images, textes sont enregistrés depuis la toile sans aucun état d’âme. Le droit d’auteur n’est même pas balayé d’un revers de manche, il est ignoré. Comme si tout ce qui est sur les réseaux soit dans un domaine public par défaut.

Il est même parfois difficile d’aborder la problématique du droit à utiliser ces ressources. On est vite taxé d’empêcheur de tourner en rond.

Et puis, lorsque l’on parle des Creative Commons, les oreilles s’ouvrent, les yeux observent. Ah oui, il existe des ressources que l’on peut utiliser car l’auteur facilite leur utilisation en précisant à quelles conditions la ressource est utilisable.

A partir de ce moment la prise de conscience est engagée.

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.fr

Une légère absence

Publié: 12 janvier 2012 dans Lectures

Image en Creatice Commons Paternité

Depuis quelques mois, mon écriture se fait plus sur http://www.lewebpedagogique.com/prepac2i2e pour des questions professionnelles.
Mais je reviendrai fréquemment sur ce blogue.
Jacques Cartier

Former des enseignants professionnels

Former des enseignants professionnels

Dans l’ouvrage collectif « Former des enseignants professionnels » (De Boeck, 2001), Marguerite Altet apporte sa contribution intitulée « Les compétences de l’enseignant-professionnel : entre savoirs, schèmes d’action et adaptation, le savoir analyser » . Le paragraphe ci-dessous se trouve à la page 30 :
« La professionnalisation se constitue ainsi par un processus de rationalisation des savoirs mis en œuvre, mais aussi par des pratiques efficaces en situation. Le professionnel sait mettre ses compétences en action dans toute situation ; c’est « l’homme de la situation », capable de « réfléchir » en action » et de s’adapter, de dominer toute situation nouvelle. On admire le professionnel pour sa capacité d’adaptation, son efficacité, son expertise, sa capacité de réponse et d’ajustement à la demande, au contexte, à des problèmes complexes et variés et pour sa « capacité à rendre compte de ses savoirs, de ses savoir-faire, de ses actes » (Charlot et Bautier, 1991)1, à les justifier ; mais on lui demande aussi « de savoir » jouer avec les règles et d’avoir un rapport aux savoirs théoriques qui ne soit pas révérencieux et dépendant mais au contraire critique, pragmatique, voire opportuniste » (Perrenoud, 1993b)2, bref, d’être autonome et responsable. »

Lorsqu’un enseignant emmène sa classe dans une salle multimédia équipée de 25 ordinateurs, il emporte avec lui tout un lot de compétences qui vont l’aider à gérer sa séquence avec succès. Parmi elles, les compétences liées au Certificat Informatique et Internet de l’enseignement supérieur niveau 2 enseignant (C2i2e) sont essentielles : l’environnement numérique propre à l’établissement est connu et maîtrisé, les ressources mises à disposition des élèves sont utilisées dans le respect du droit, l’activité élève a été préparée avec minutie, un plan B est prévu en cas de panne, …
On peut imaginer également que la séquence a été préparée avec d’autres collègues de façon collaborative, qu’elle est testée et évaluée par le groupe, que l’évaluation des élèves fait l’objet d’un travail de réflexion collectif et s’inscrit par exemple dans le contexte du Brevet Informatique et Internet (B2i) si l’action se déroule dans un collège.

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.fr

1. Charlot, B. & Bautier, E. (1991). Les professionnels et la professionnalisation en banlieue, Rapport de recherche ESCOL. Université Paris VIII.
2. Perrenoud, P. (1993). Formation initiale des maîtres et professionnalisation du métier. Revue des Sciences de l’Éducation, XIX, 1, 59-76

Image en Creative Commons sur flickr.com

Deux journées scientifiques dont le thème était « La pédagogie universitaire à l’heure du numérique – Questionnement et éclairages de la recherche » viennent de se terminer. Elles se sont déroulées à l’INRP de Lyon les 6 et 7 janvier 2011.

La feuille de présentation des journées indique que 95 % des étudiants disposent d’un accès à leur environnement numérique de travail et à des ressources en ligne (vidéos, cours complets, exercices et auto-évaluations, animations, simulations …)

Ce séminaire visait à se pencher sur la question des usages. Quand les outils sont présents, mis à dispostion, qu’en est-il des usages faits par les étudiants et les enseignants, et plus largement par l’ensemble de la communauté éducative ?

Les conférences de Brigitte Albéro, Isabelle Chênerie, France Henri et Bernadette Charlier ont apporté un éclairage de fond sur la thématique du jour.

L’ensemble des interventions sera mis à disposition sur Canal-U fin janvier.

J’ai remarqué, au cours de ces journées, une certaine défiance persistante quant à la capacité des technologies à influer sur la pédagogie. Comme si elles n’étaient qu’un artéfact de plus pour participer à l’acte d’enseignement et d’apprentissage.

Ce type de colloque n’est pas l’endroit pour débattre car il est plus axé sur le mode expositif. C’est pour cela que j’ai eu envie de réagir à chaud (le lendemain) sur ce que j’évoque à l’instant.

En lisant des statistiques sur le taux d’équipement de téléphones portables des jeunes de 14 à 16 ans et de 18 à 20 ans, on s’aperçoit que pratiquement 75 à 80 % de la première tranche d’âge est équipée et que le taux frise les 100 % pour la seconde. Il serait intéressant – des collègues chercheurs ont peut-être déjà commencé ou finalisé des recherches sur ce phénomène – de connaître les implications de la possession de cet outil de communication sur le mode de communication entre les jeunes, sur leur capacité d’échange, sur l’utilisation des images et des vidéos que ce type d’outil autorise.

Ainsi, si 95 % des étudiants sont « équipés » d’outils à l’Université (voir second paragraphe), quels sont les impacts sur leur métier d’étudiant au quotidien, quelles sont les conséquences sur la (les ?) pédagogie(s) utilisées par leurs enseignants ?

On pourrait vite retomber dans un éternel débat un peu vain entre technophiles et technophobes. Et si on prenait une posture de « technodistant » en se posant calmement et sereinement les questions ?

Je pense à un article de Michel Serres (1)

« Oubliez donc, un moment, les programmes et travaillez sur les canaux : les contenus, puis les méthodes pour les diffuser vous viendront par surcroît ; et vous vous étonnerez d’avoir trouvé les solutions sans les chercher. Si l’on ne comprend pas, de plus, que les collectifs d’apprentissage dépendent encore des canaux. Par oral, le vieillard expérimenté transmet son savoir à un tout autre collectif, tout autrement rassemblé, que celui qui apprend dans et par les tablettes ou les livres ; et la classe elle-même change dès lors qu’un canal à double sens fait circuler le message. Les relations des apprenants à ceux qui les enseignent, leur attitude même, se transforment de fond en comble. Oubliez donc un moment la forme des groupes et des institutions ; une autre idée de la distribution et du contrôle vous viendra, où les offres de savoir, loin de les précéder, loin surtout de s’imposer, suivent les demandes d’enseignement et s’y adaptent. Émerge, alors, un intérêt nouveau pour l’apprentissage de la part des acteurs, une réciprocité souple entre la demande et l’offre, d’où s’ensuivra, je l’espère, un lien social renouvelé. »

En travaillant sur les canaux, comme nous y invite Michel Serres, nous devrions trouver les réponses en nous appuyant sur notre pratique quotidienne et sur les apports des chercheurs.

Tout cela sans faire de mauvais procès aux enseignants qui « rechigneraient » à se « mettre aux Tice » !

(1) Cet article ouvre le hors-série du Monde de l’Education, « Apprendre à Distance », sorti en septembre 1998, sous la direction de Michel Serres et Michel Authier; Michel Serres est philosophe, fondateur et membre du conseil d’administration de Trivium

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Projet Form@tion

 

Depuis l’arrivée d’Internet, on ne compte plus les propos sur le zinc, articles, rapports, ouvrages qui traitent de l’intégration des Tice dans l’activité enseignante du formateur d’adultes par exemple, mais aussi de l’enseignant lambda, quelque soit le public élève et étudiant concerné.

Entre les « ayatollahs du numérique », c’est-à-dire des personnes qui sont inconditionnelles de l’utilisation des Tice et, à l’opposé, les opposants catégoriques, de multiples taxonomies ont été produites allant du noyau dur des convaincus, au noyau dur de ceux qui ne seront jamais convaincus, en passant par un « ventre mou » dont on ne connaît pas trop la motivation. (1) (On peut aussi se reporter aux travaux de Viviane Glikman)

On pourrait resté campé sur des positions confortées par des études sérieuses quant à l’utilisation ou la non utilisation des Tice, c’est une attitude. Mais il y a aussi une démarche plus positive qui consiste à creuser le problème comme l’a fait l’équipe de Louise Sauvé au-travers du projet « Form@tion » : http://www.savie.qc.ca/CampusVirtuel/AccueilFormation.html.

Au début du sommaire (page 7), on peut lire ce qui suit :

« Un constat s’impose de plus en plus en matière de formation en milieu de travail : les approches standard appliquées ne sont pas adaptées aux besoins individuels et à la société de la connaissance dans son ensemble. Aller au-delà d’une offre uniforme et de masse implique une « personnalisation » de l’apprentissage. Qu’entendons-nous par personnalisation de l’apprentissage ? C’est la prise en compte de la diversité des apprenants (caractéristiques d’apprentissage) pour ajuster leur apprentissage au plus près de leurs besoins (compétences actuelles et désirées), en leur offrant des parcours en ligne adaptés (synchrones, asynchrones, mixte) et en optimisant les situations d’apprentissage (diversification des méthodes d’apprentissage) en fonction des exigences liées à leur milieu de travail (adapté à leurs contraintes de temps, à leur contexte de travail et d’intervention, etc.) et aux compétences de chacun. »

Le projet mené sort des sentiers battus et permet une vision beaucoup plus ouverte et raisonnée des choses. Les formations standards, de masse, sans personnalisation ont montré leur relative efficience. Elles ont été, souvent, techniques (et technophiles), laissant le pédagogique à la traîne et les technophobes rivés à leurs positions.

Il faudrait s’orienter vers des dispositifs différents. Pour cela, le travail de l’équipe de Louise Sauvé est d’un grand apport pour les personnes impliquées dans leur mise en place.

 (1) Guillain,P, (2003),« Entre mythe et réalité, comment évolue la société éducative à l’aune des nouvelles technologies de l’information et de la communication », Thèse Université de Lille.
Lien : http://www.univ-lille1.fr/bustl-grisemine/pdf/extheses/50376-2003-9-10.pdf

frequences_ecoles

L’utilisation d’Internet par les jeunes occasionne souvent une grande peur aux adultes. Certaines campagnes d’information mettent de l’huile sur le feu : http://www.dailymotion.com/video/x7p1cz_campagne-securite-des-enfants-sur-l_videogames.

La réalité est certainement différente et plus mesurée. Fréquences écoles (1) a publié un rapport réalisé par Elodie Kredens et Barbara Fontar intitulé « Comprendre le comportement des enfants et adolescents sur Internet pour les protéger des dangers » qui est téléchargeable à l’adresse suivante : http://frequence-ecoles.org/education:ressources/view/id/37c48d9366cfe18d321ef6e1db77cd38 .

Ce document est basé sur une enquête menée auprès de 1000 adolescents en région Rhône Alpes. Une synthèse est également disponible : http://frequence-ecoles.org/education:ressources/view/id/cd7d44adab3b6610e9fb3221344738b9 .

Il ressort de ce travail de fond que les propos de comptoir ne sont pas en lien avec la réalité. Les usages des lycéens notamment sont beaucoup plus teintés de prudence qu’il n’y paraît de prime abord. Les blogues sont en perte de vitesse au profit des réseaux sociaux …

En ce qui concerne les apprentissages des TIC, il s’avère que le collège est le maillon fort. C’est à ce moment de scolarité que les élèves apprennent le plus sur la manipulation des outils mais aussi sur les savoir-être nécessaires. Il est à noter qu’ils trouvent le B2i un peu « ringard ». Faut-il revoir le référentiel et mieux l’adapter aux usages du Web 2.0 ?

Citons Joël de Rosnay (2) :

« Internet n’est pas non plus, comme on l’a beaucoup entendu, une nouvelle technologie de l’information et de la communication (NTIC), terme inventé et proposé par les ingénieurs des réseaux. Ses utilisateurs voient en lui une technologie de la relation (TR) plus qu’une NTIC. Effectivement, ce qui fait la force d’Internet depuis son apparition, c’est son potentiel de création d’interrelations humaines, en particulier par le biais de la messagerie électronique qui, encore aujourd’hui, représente l’une des applications les plus utilisées du Net. » – Page 32 de la version téléchargée

Bonne lecture !

(1) http://frequence-ecoles.org/

(2) De Rosnay, J, (2006), La révolte du pronétariat, Paris, Fayard et en téléchargement en Creative commons : http://www.pronetariat.com/livre/.

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Image en Creative Commons Paternité sur Flickr.com : http://www.flickr.com/photos/bluelinden/4135985067/

L’intelligence du réseau se situe aux extrémités du réseau et non au cœur. Ce principe est évoqué dans un rapport du Conseil National de la Recherche américain (NRC, « National Research Council »).

« Visant à la simplicité et à la flexibilité, le principe (du end to end) considère que le réseau doit fournir un service de base – le transport de données – et que l’intelligence, à savoir le traitement de l’information nécessaire pour proposer des applications, doit être située dans les appareils en lisière (aux « bouts ») du réseau, ou à proximité de ses extrémités. » Cité par Lawrence  Lessig (1)

Ce principe d’un réseau service peut être appliqué dans le cadre d’un environnement numérique de travail. A côté des services utiles à l’institution (éducative par exemple : cahier de textes, carnet d’appels, …) des services sont proposés aux personnes qu’elles peuvent ou non valider en fonction de leurs besoins. On peut imaginer par exemple que l’ENT propose à l’enseignant des outils auteur pour préparer et mettre en ligne ses cours, préparer des activités individuelles et collectives pour ses élèves. Et aussi des outils de communication (courriel, plate-forme synchrone, …) intégrés à l’ENT pour les besoins de communications entre enseignants, entre enseignants et élèves.

Ainsi cet outil imposé à tous peut permettre aux usagers de retrouver le end to end et laisser libre cours à l’intellignence du réseau. L’architecture (l’ENT) laisse libre cours à l’innovation.

Lawrence Lessig cite Tim Bernes-Lee :  (2)

« Conceptuellement, si le Web était destiné à devenir une ressource universelle, il devait pouvoir se développer sans entraves. Techniquement, il suffisait d’un seul point de réglementation centralisée pour que ceci devienne rapidement un goulot d’étranglement limitant le développement du Web, et le Web ne pourrait jamais se développer. Il était très important qu’il soit incontrôlable. »

Il en va certainement de même pour une plate-forme de formation ouverte et à distance. Doit-on tout régler au « millimètre » et ainsi confiner l’apprenant dans un espace ne laissant pas place à l’innovation. Ne devrait-on pas, au contraire, imaginer l’ouverture de l’environnement vers l’extérieur du réseau ?

Au formateur d’imaginer dans son projet pédagogique les « end to end » utiles !

(1) page 45 – (2) page 49

Lessig, L, (2005), L’avenir des idées, Lyon, Presses Universitaires de Lyon

 

rayon
Image en Creative Commons sur Flickr

Plusieurs conseils généraux se sont lancés dans la mise en place d’un dispositif qui fournit un ordinateur portable aux collégiens et aux enseignants :

  • « Un collégien, un ordinateur » dans les Landes en 2001 ;
  • « Ordina13 » dans les Bouches du Rhône en 2003 ;
  • « Ordi35 » en Ile et Vilaine en 2005 ;
  • « Ordi60 » dans l’Oise et « Ordicollège19 » en Corrèze en 2009.

Un enquête menée par la Sofres analyse le dispositif des Landes de façon très fouillée.

Lien utile : http://www.landesinteractives.net/pagesEditos.asp?IDPAGE=228&sX_Menu_selectedID=left_23E7CEF0

Ou pour voir l’ensemble des documents :  http://issuu.com/1collegien1ordinateurportable.

On ne peut pas rester insensible à ces initiatives qui se développent dans des départements qui ont fait un choix osé. Le rapport de plus de 300 pages évalue le dispositif sous tous ses angles sans volonté de réaliser un écrit de satisfecit. Les différents partenaires ont la parole, les plus et les moins sont analysés avec objectivité.

Une interview de Seymour Papert (1) est insérée dans le document. Pour lui, placer quelques ordinateurs dans le fond de la salle n’a pas de sens, comme en placer 20 dans une salle dédiée (salle communément appelée salle multimédia). Il fait l’analogie avec le crayon de papier : équipe-t-on une salle de classe de 3 crayons ou d’une montagne de crayons ? Chaque élève dispose de son crayon !

On pourrait être tenté de penser que ce type de dispositif est transférable à l’ensemble des départements. Ce serait aller vite en besogne car chaque collectivité est responsable de ses choix en matière de politique éducative. Mais la réflexion mérite d’être menée car le modèle de la salle multimédia commence à montrer son obsolescence et les quelques ordinateurs en fond de salle leur limite !

(1) Seymour Papert est professeur honoraire du MIT (Massachusetts Institute of  Technology). Il est connu comme l’un des créateurs du langage LOGO.

Le pied dans la porte

Publié: 8 février 2010 dans Lectures, Réflexions
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Jean-Pierre Astolfi (1) écrivait :

« L’effort demandé n’a de sens que s’il entre en résonance avec les centres d’intérêt des élèves. Cela ne veut pas dire qu’il faille se caler sur ce qui leur plaît en éliminant les contenus qui les ennuient, bien au contraire. Cela souligne simplement qu’il faut trouver les moyens d’un « pied dans la porte » pour qu’ils puissent entrer dans les problématiques disciplinaires, alors qu’ils se demandent pourquoi ils devraient faire l’effort de s’y intéresser. Car chaque discipline est une sorte de petit jardin de paradis, caché au regard des passants par une lourde porte sombre. Les anti-pédagogues imaginent trop souvent qu’il suffit de décrire aux élèves ce qu’il y a derrière la porte pour qu’ils parviennent à l’ouvrir. Mais chaque discipline est une conquête coûteuse (collective et individuelle, historique et didactique), et le « gai savoir » à venir prend d’abord l’aspect d’une contrainte rebutante. La porte est lourde… »

L’enseignant à distance a des outils de communication à sa disposition, nombreux et variés. Mais il est confronté au fait de mettre un « pied dans la porte » pour que ses apprenants entrent dans le jeu de l’apprentissage et ne se contentent pas d’un bruit de communication via des forums et des classes virtuelles.

L’objectif poursuivi est bien d’apprendre en poussant une lourde porte…

(1) Jean-Pierre ASTOLFI, didacticien et professeur de sciences de l’éducation à l’université de Rouen
décédé le 2 décembre 2009 – Voir l’article sur les Cahiers Pédagogiques.