Archives de la catégorie ‘Réflexions’

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Je viens de réaliser deux formations pour le CAFOC de Reims (formation au Diplôme de Formateur Professionnel d’Adultes), l’une en présence à Reims le 5 septembre de 9 h à 13 h, l’autre avec le même groupe en distanciel le 12 septembre de 9 h à 13 h.

La formation en présentiel a nécessité le déplacement à Reims d’une dizaine de personnes venant de Troyes, Chaumont, de la Meuse et de Besançon pour moi.

Rien que mon déplacement pour Reims revient à environ 500 euros. Si l’on compte le coup des déplacements des apprenants, la note est importante.

Il a fallu également financer pour le formateur une nuit d’hôtel, un repas du soir au restaurant.

Le second samedi en distanciel, chaque personne était à son domicile ou dans un lieu simplement connecté à Internet. Le travail s’est réalisé comme en présence, alternant moments expositifs, travail personnel, travail de groupe. Aucun souci technique n’est venu perturber la séance de façon significative, les éléments techniques ayant été vus et réglés en amont.

Nous avons utilisé la plateforme du pôle de compétences foad du Ministère Saba Centra.

Cette expérience interroge vraiment sur la portée du synchrone en formation :

– Le coût du transport : sa réduction permet par exemple de déporter cette dépense vers un financement de ressources médiatisées déposées sur une plateforme.

– Le temps du déplacement : j’ai roulé environ huit heures, les autres personnes six heures …

– Les risques inhérents au déplacement : un dizaine de personnes sur la route, le risque est présent. Quelles conséquences et quels coûts pour les personnes en cas d’accident ?

– L’empreinte écologique : elle n’est pas négligeable, x voitures, x kilomètres, …

– Les aspects pédagogiques améliorés :

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  • Le formateur avait préparé son scénario avec l’outil de la plateforme (nommé Agenda). Il a importé le fichier scénario 10 minutes avant le début de la séance.
  • Nous avons souvent travaillé en partageant nos écrans. Les personnes avaient à déposer une séance pédagogique sur la plate-forme Moodle. Nous n’aurions pas fait mieux en présence sur 10 postes informatiques !
  • Nous étions connectés en audio en permanence, en vidéo lorsque cela était utile.

A l’heure de restrictions de crédits, de difficultés budgétaires, il me semble que le synchrone peut être un bon moyen de monter des dispositifs qu’il faudrait peut-être abandonner faute de finance adaptée.

Les collègues canadiens, avec lesquels je travaille, sont de plus en plus touchés par des coupes drastiques dans leurs budgets. Ils s’orientent de plus en plus vers le synchrone. C’est dire pour un pays aussi développé que le Canada !

Jacques Cartier
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Les plateformes institutionnelles ne répondent pas toujours aux besoins d’une formation. Nombreux sont les enseignants et étudiants qui « migrent » vers des outils de la toile comme Google +.

Consultant indépendant, j’utilise de plus en plus ces outils qui me donnent une grande liberté d’action.

En ce moment, je prépare une formation avec ces outils. J’ai crée des comptes spécifiques dont je donnerai les identifiants et mots de passe aux apprenants le jour de la formation en présence. Pour que les travaux restent internes à mon groupe d’apprenants, j’ai créé une communauté privée.

Bien entendu, avant de lancer quinze personnes sur ce type d’outil, il est essentiel de faire de nombreux tests !

J’utilise alors deux ordinateurs, le second me permettant de visualiser ce que l’apprenant voit de mes actions, notamment lors de l’activité hangout.

J’ai enregistré un hangout qui montre la façon dont je teste tout cela :

Le nombre d’heures de travail est assez conséquent pour se mettre en main ce genre d’interface. On pourrait même dire de « plateforme ».

Jacques Cartier
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En mission à Toronto au Canada, j’ai pris cette photo depuis ma chambre d’hôtel.

Comme la thématique du forum auquel je vais participer les 5 et 6 mars porte sur l’introduction du numérique dans les pratiques pédagogiques, cette implantation de l’Université Ryerson en pleine ville me fait réfléchir.

Devant les difficultés par exemple de pénétrer au centre d’une grande ville comme Toronto, la formation hybride (incluant du distant) semble incontournable. Cette modalité est de plus en plus d’actualité.

Mais, et c’est justement un des thèmes du forum, quels changements doivent intervenir dans le cœur du métier d’enseignant si la modalité hybride est mise en jeu ?

Je compléterai ce billet après les conclusions du forum !

Jacques Cartier
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Je suis comme un Moocer qui doute !

Publié: 21 juillet 2014 dans Réflexions
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Vous l’avez deviné, le titre de ce billet emprunte à un ouvrage du Claude Duneton (1) (Seuil – 1976) intitulé « Je suis comme une truie qui doute« . Dans cet écrit, Claude Duneton évoquait ses doutes quant à son métier d’enseignant. Je suis pris moi aussi de doutes concernant les Moocs.

Il ne s’agit pas d’un souci technique, la communication dopée par le web est un plus certain pour l’apprentissage en général.

Non, je suis sur le terrain de la réalité de l’apprentissage, au sens existe-t-il un réel apprentissage et pour qui ?

Le mot « massif » fait question. Plusieurs milliers de personnes inscrites, et au bout du compte combien d’apprenants qui apprennent ? Bien entendu je reconnais une plus-value à la mise à disposition d’un cours réalisé normalement en présentiel pour un groupe réduit dans un seul lieu. Ce cours peut bénéficier à un nombre de personnes autrement important. Mais il s’agit d’un cours ex-cathédra sans accompagnement particulier.

Il existe des Moocs dans lesquels les personnes travaillent par groupes tutorés. Ils ne peuvent pas être aussi massifs, car comment trouver le nombre de tuteurs ad hoc ? Et le budget ?

Le terme lui-même (Mooc) me gène un peu. Bien sûr, il est international et permet de toucher un public plus large. Nous avons néanmoins dans notre langue des termes connus de tous comme « formation à distance », « formation en ligne », « … ».

Malgré ces quelques doutes, je suis conscient que l’apparition des Moocs est une chance pour la formation à distance. Le fait que de nombreux organismes s’emparent de cette modalité de formation est encourageant pour qui croit à cette façon d’enseigner et d’apprendre. La foad (formation ouverte et à distance) peinait un peu à entrer dans les mœurs, si elle fait son apparition de façon marquée en s’appelant Mooc, il ne faut peut-être pas faire la fine bouche !

Alors mes doutes restent des doutes et pas une opposition d’arrière garde !

Je suis comme un Moocer qui doute… un peu !

Et merci à Claude Duneton, disparu en 2012, qui me faisait déjà douter en 1976 lorsque j’étais jeune enseignant ! Ce doute m’a certainement aidé à faire ce métier avec passion pendant plus de quarante ans.

(1) Claude Duneton sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Duneton

Archive de l’INA -Émission Apostrophes du 7 janvier 1977 – : http://www.ina.fr/video/CPB77050339 (intervention de Claude Duneton à partir de la 4ème minute de la vidéo de présentation)

Jacques Cartier
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Kitesurf sur la lac Saint Point - France

Kitesurf sur la lac Saint Point - France - Photo Jacques Cartier - Licence Creative Commons, Paternité, Pas d'utilisation commerciale, Partage à l'identique

Philippe Meirieu (1) évoque souvent le fait que tout enseignant est un enseignant chercheur. Car la pratique quotidienne se satisfait de moins en moins d’une routinisation. Les savoirs évoluent, les publics changent, les technologies bousculent, …

Dans ce contexte, le professionnel de l’éducation est en position de chercheur pour faire évoluer sa pratique. Il est comme le kitesurfeur qui gère sa navigation en gérant la force du vent, l’état du plan d’eau, sa forme physique, l’état de son matériel, la navigation des autres voileux, l’évolution de la météo. A chaque nouvelle navigation, les paramètres changent. Il faut s’adapter rapidement aux nouvelles conditions pour naviguer sereinement.

Le Mooc Scenafor (2) (Académie de Besançon) s’inscrit dans cette dynamique. Tous les partenaires sont des chercheurs qui fédèrent leurs énergies pour travailler de concert à questionner leurs pratiques et à les faire évoluer. Les technologies (TIC) sont certes très présentes, mais elles ne sont que le support aux échanges et aux futures productions des groupes.

(1) Site de Philippe Meirieu : www.meirieu.com/

(2) Mooc Scenafor : www.moocscenafor.fr

Jacques Cartier
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utiliser le cloud ?
Image par Jacques Cartier – Mauborget – Jura suisse
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Lors de mon intervention sur le Mooc DocTICE (voir billet précédent), les collègues documentalistes ont défendu l’idée, qui a été la leur lors de la genèse de leur Mooc, d’utiliser des outils du web et non une plateforme de formation institutionnelle pour mener à bien leur projet.

Il existe en effet une tension entre ces deux solutions qui n’est pas nouvelle d’ailleurs : depuis l’arrivée de la Toile, de nombreux collègues ou associations de collègues ont créé leurs propres sites web en parallèle des sites institutionnels.

ll peut sembler, de prime abord, que c’est faire cavalier seul que de sortir du champ institutionnel pour faire de la formation qui touche au champ professionnel. Mais ce n’est pas le cas puisque l’action menée ne se démarque pas des obligations liées à la profession des uns et des autres. L’outil « extérieur » ne dédouane pas des obligations inhérentes au statut de fonctionnaire de catégorie A.

La raison du choix des collègues se situe plus, me semble-t-il, du côté de la simplicité d’utilisation de la Toile, des outils nombreux mis à disposition, à la nature de leur projet qu’ils qualifient eux-mêmes de « bricolage ». Je parlerais plus d’une expérimentation au vu de son organisation minutieuse et soignée !

Bien entendu, le questionnement demeure de l’utilisation du « nuage » et de toutes ses ressources « gratuites ». Chacune et chacun doit disposer d’une adresse gmail pour pouvoir accéder aux contenus et aux animations en ligne. Le prestataire Google devient ainsi l’hébergeur de vos travaux.

Mais ce passage par des outils de ce type n’est-il pas le garant d’un développement des usages par les collègues MoocA (A pour les apprenants). De cette acculturation vont naitre des pratiques plus avérées qui permettront d’autant plus facilement d’accéder aux espaces de formation professionnels et d’en déceler les avantages et inconvénients de façon perspicace.

Car tout dispositif institutionnel a sa raison d’être et sa pertinence. Le dispositif de formation continue hybride  « m@gistère » vise à former les enseignants du premier et du second degré. Son espace privilégié est une plateforme Moodle nationale.

Ainsi les collègues ayant travaillé sur le « nuage » seront les premiers à pouvoir dynamiser les usages de « m@gistère » ou d’autres dispositifs de ce genre. Ils auront l’expérience d’un vécu en ligne, passage obligé pour se mettre à l’hybride (présentiel/distanciel).

Et puis, à partir d’une formation « m@gistère », de nombreux groupes de travail vont utiliser le « nuage » pour parfaire leurs échanges en synchrone et en asynchrone.

Bref, la Toile, avec ses atouts et ses limites, va enrichir le dispositif d’origine institutionnelle et … vice versa !

Jacques Cartier
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Lors des animations de formations, les réactions des personnes qui sont « animatrices tice » dans leur département quant à l’utilisation de Moodle par exemple sont parfois très surprenantes.

Une sorte de « refus » d’utilisation se fait jour à partir d’arguments ergonomiques. Procédures de mise à disposition d’un fichier qui semble antédiluvienne, insertion d’un lien hypertexte peu automatique, manipulations qui semblent complexes.

Je m’efforce de mettre en garde ces utilisateurs quant à leur première impression après quelques dizaines de minutes d’utilisation.

Comme tout logiciel, une période plus ou moins longue est nécessaire pour se mettre en main les outils utiles.

Mais ce serait réducteur de s’arrêter simplement à ces quelques procédures. Il me semble essentiel de se « coltiner » avec une vraie formation car c’est seulement à cette occasion que l’on va découvrir les réelles possibilités de la plateforme. On va se surprendre à inventer des solutions, des ergonomies, des chemins de traverses insoupçonnés ?

Les arguments des personnes sont néanmoins très recevables car l’ergonomie d’une plateforme est perfectible. Elle peut avoir un train (ou plusieurs) de retard quant aux possibilités des outils de l’Internet d’aujourd’hui. Elle peut ainsi donner l’impression de vétusté.

Un peu de patience, de la pratique sont ainsi nécessaires pour se faire une réelle idée.

Et puis, souvent, vous êtes tenu d’utiliser l’interface que votre organisme de tutelle ou votre entreprise vous impose… Il faut faire avec !

Jacques Cartier
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Dans mon entourage professionnel, il est de plus en plus question, en formation initiale et en formation continue,  de monter des dispositifs hybrides, alliant présence et distance.

Le projet européen Hy-Sup s’est intéressé à la question et a publié le fruit de ses travaux sur le site suivant :

http://spiralconnect.univ-lyon1.fr/webapp/website/website.html?id=1578544

Définition d’un dispositif hybride sur Hy Sup :

« Par « dispositif hybride », nous faisons référence à tout enseignement, cours, formation… de l’enseignement supérieur qui s’appuie sur un environnement numérique (plate-forme d’apprentissage en ligne). Cette plate-forme propose aux étudiant-e-s des ressources à utiliser ou des activités à réaliser à distance (en dehors des salles de cours) et en présence (dans les salles de cours). La proportion des activités à distance et en présence peut bien sûr varier selon les dispositifs. »

L’équipe de chercheurs a ainsi recensé 6 types de dispositifs :

  • la scène (type 1) : enseignement présentiel privilégié ;
  • l’écran (type 2) : mise à disposition de ressources textuelles et multimédia ;
  • le cockpit (type 3) : intégration d’outils de gestion, d’interactions et d’échanges ;
  • l’équipage (type 4) : soutien au processus de construction des connaissances et sur les interactions interpersonnelles ;
  • le métro (type 5) : centré sur différentes formes d’accompagnement et tendant vers l’ouverture ;
  • l’écosystème (type 6) : caractérisé par l’exploitation d’un grand nombre de possibilités technologiques et pédagogiques offertes par les dispositifs hybrides.

Remarque : se rendre sur le site pour plus de détails sur ces 6 types.

Un outil de positionnement aide à qualifier un dispositif que l’on mène soi-même. J’ai fait le test avec une formation en master 2 – Métiers de l’Enseignement et de la Formation – MEF – Préparation au C2i2e (1) que j’ai menée cette année.

>>>> Lien vers le positionement de cette formation

1. C2i2e : Certificat Informatique et Internet de l’Enseignement Supérieur niveau 2 Enseignant.

Jacques Cartier
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Compétences, compétences !

Publié: 6 juillet 2013 dans Réflexions
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Un de mes enfants s’est inscrit hier comme autoentrepreneur. Il n’y a rien de particulier, me direz-vous, à faire part de cette information !

Sauf qu’il est intéressant de remarquer que les compétences Tic demandées ne sont pas des moindres !

– Trouver le bon site pour s’inscrire ;

– Répondre à un formulaire en veillant à la façon de saisir le mot de passe (majuscules, minuscules, chiffres, caractères spéciaux) ;

– Prouver son identité en joignant, sur un document scanné, la photocopie de sa carte d’identité recto-verso avec un paragraphe manuscrit en dessous des images  (utilisation d’un scanner) ;

– Indiquer une adresse de courriel valide pour recevoir les éléments utiles au dossier ainsi qu’un mot de passe ;

– Remplir un document au format .PDF, uniquement remplissable et imprimable mais pas enregistrable ;

Les pré-requis pour une telle démarche sont ainsi  les suivants :

– disposer d’un ordinateur connecté à Internet, d’une imprimante, d’un scanner ;

– disposer d’une adresse électronique valide ;

– savoir gérer des fichiers de type image et traitement de texte ;

– savoir gérer un document composite intégrant texte et image ;

– avoir des notions de l’utilisation d’un fichier au format .PDF.

Pour réussir cette démarche d’inscription, il faut avoir des compétences avérées de type B2i collège/lycée ou B2i adultes ou C2i niveau 1.

Une personne qui n’a pas ces compétences dans le monde d’aujourd’hui se trouve ainsi fort dépourvue.

Jacques Cartier
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De nombreuses institutions de formation et d’éducation utilisent la plateforme Moodle pour la mise en ligne de leurs activités en contexte hybride.

Il est très confortable de se doter personnellement d’une plateforme de ce type pour déposer ses cours. Les avantages sont nombreux, nous pouvons en citer quelques-uns :

– accès à la plateforme comme administrateur : ce type d’accès n’est pas possible sur une plateforme institutionnelle, on le comprend aisément ;

– création de cours à volonté, tests multiples sans risquer un souci qui concernerait la communauté Moodle de votre établissement par exemple ;

– autonomie si les activités que l’on mène se font dans différents contextes, dans différentes organisations.

Le fait de posséder un nom de domaine et un espace chez un hébergeur autorise l’installation de la plateforme Moodle.

Lien vers cette plateforme : http://www.jacques-cartier.fr/plateforme/moodle.

Vous trouverez des cours en accès anonyme en Creative Commons Paternité, Pas d’utilisation commerciale, Partage à l’identique.

D’autres cours sont accessibles par une clé car ils servent à des formations.

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