Formateur en pilotage automatique

Publié: 17 mars 2009 dans Lectures
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gouvernail

 

Le formateur, l’enseignant sont souvent en « pilotage automatique » (Perrenoud, 1998) (1) !

Jean Piaget parle « d’inconscient pratique« . Chacune et chacun agit à partir de « routines » qui permettent l’action au quotidien. Comment pourrait-il en être autrement, pourrions-nous ré-inventer l’acte pédagogique à chaque instant ?

 

Le mot routine est souvent employé de façon péjorative alors que le premier sens vieilli était :

« Connaissance, habileté acquise par l’expérience, la pratique plus que par l’enseignement ou l’étude. »

Le sens plus récent est péjoratif :

« Habitude de penser ou d’agir selon des schémas invariables, en repoussant a priori toute idée de nouveauté et de progrès. »

Dictionnaire TLFI (Trésor de la Langue Française Informatisé) – http://atilf.atilf.fr/

La routine, au mauvais sens du terme, guette chacune et chacun dans sa pratique. Philippe Perrenoud évoque la façon d’améliorer les choses :

« Pour maîtriser les effets pervers de telles routines, un professeur doit évidemment les admettre, prendre conscience de ses attitudes et de ses façons de réagir, comprendre leurs « raisons » et avoir envie de changer. La formation peut au moins aider à la prise de conscience, à la mise en mots des pratiques, à l’élucidation des mobiles. Ensuite, à chacun de choisir s’il veut retomber dans ses routines ou tenter de les modifier. » 

(1) Perrenoud, P, « Dix défis pour les formateurs d’enseignants« , Université de Genève : 1998
http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_1998/1998_30.html

A la recherche d’effets…

Publié: 11 mars 2009 dans Lectures
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revue_internationale1

En anglais : International Journal of Technologies in Higher Education.

Dans le dernier numéro de la revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, Françoise Doc, Marcel Lebrun et Denis Smidts ont écrit un article intitulé : « À la recherche des effets d’une plate-forme d’enseignement / apprentissage en ligne sur les pratiques pédagogiques d’une université : premières approches ».

Les auteurs se basent sur l’hypothèse de l’effet catalyseur des technologies sur le changement pédagogique. Pour valider ou invalider cette hypothèse ils ont mis en place une enquête auprès des personnes concernées.

Adresse : http://www.ijthe.org/IMG/pdf/RITPU_v05n01_45.pdf 

Les auteurs ont interrogé étudiants et enseignants sur leur perception des changements induits par l’utilisation d’un outil plate-forme après six ans d’utilisation.

Les résultats récoltés sont intéressants car basés sur une pratique longue et en grand nombre (21000 personnes, 5000 membres du personnel).

Les plus values les plus marquantes de l’avis des étudiants sont :

« Ils ont davantage d’interactions entre eux grâce à Icampus , se disent plus motivés, indiquent qu’ils mettent en œuvre des compétences de plus haut niveau (esprit critique…), qu’ils développent leurs compétences en recherche d’information et en utilisation des TIC… » – p. 56

Pour les enseignants les plus sont les suivants :

« Les enseignants, de leur côté, estiment qu’ils ont davantage d’interaction avec leurs étudiants, qu’ils mettent à disposition des ressources plus variées, qu’ils gèrent plus facilement des travaux de groupe. » – p. 56

En formation à distance, mais de façon générale dans l’utilisation d’environnements numériques d’apprentissages, il semble important de mener ce genre d’enquête auprès des utilisateurs pour mesurer autant que faire se peut les impacts d’un dispositif axé sur l’utilisation d’une plate-forme en ligne. On évite ainsi le danger d’une approche techniciste qui omettrait d’observer et de mesurer si les apports (information, communication, apprentissage) sont pertinents, durables et transférables.

prise_de_notes

Sur un site dédié au nautisme (1) on peut lire une définition du journal de bord :

« Il est rappelé l’obligation de tenir à jour, aussi précisément que possible un journal de bord pour les bateaux naviguant au delà de 6 milles nautiques des côtes.

Une journée de navigation est résumée dans la double page, laquelle se doit d’être remplie au fur et à mesure des événements qui peuvent survenir.

Les heures sont à prendre en heure locale pour une navigation côtière et en heure U.T. pour une navigation hauturière (à inscrire en rouge pour éviter les erreurs possibles).

Notez toujours votre heure de départ, même pour une courte navigation, l’inscription du loch et l’heure moteur.

De même, prenez soin de noter régulièrement et précisément les indications sur un amer rencontré, un cap ou toute observation (heure, distance, azimut).

Ceci vous permettra d’améliorer votre estime en cas de mauvais temps ou brume. »

La Pérouse envoyait régulièrement son journal de bord pour donner les informations utiles sur sa navigation. Jean-François Deniau qualifie son écriture ainsi :

« Il y a un côté « grand reporter » chez La Pérouse qui écrit vite, bien, net. » – p. 314 (2)

Le journal de bord est ainsi une trace essentielle au bon déroulement d’une navigation hauturière. Même en navigation « de plaisance », en famille, lors d’une traversée vers la Corse par exemple, le fait de reporter sur le journal de bord  les éléments significatifs de votre navigation est d’une grande importance. Le fait de noter à chaque heure votre position est un bon aide mémoire si une panne électrique survient … Continuez ainsi à faire une navigation à l’estime qui vient corroborer l’affichage des outils d’aide à la navigation.

En formation à distance il est parfois demandé aux apprenants de tenir un journal de bord pour consigner les faits marquants de leur formation. Ce document, qui peut être formalisé par l’équipe de conception, est d’un apport précieux pour un retour réflexif.

Son utilisation peut rester personnelle et confidentielle. Mais elle peut s’inscrire dans le dispositif lui-même comme élément de fond des apprentissages. On pourra alors « ouvrir » les journaux de bord en lecture, pourquoi pas en « écriture » pour que chacune et chacun apporte des commentaires.

Votre navigation comme apprenant, comme tuteur, comme concepteur s’en trouvera d’autant plus riche. Vous connaîtrez beaucoup mieux ensuite « la zone de navigation » que vous aurez fréquentée.

« … La tenue d’un journal de bord : il contribue à l’adoption d’une posture réflexive et à une distance réfléchie avec les contenus ; par la vision transversale qu’il permet d’avoir sur le processus, il est le moyen de formaliser la cohérence des choix théoriques et axiologiques opérés, de les argumenter pour surseoir à la frustration de ne pouvoir tout prendre, tout conserver ; il est de ce fait le lieu de travail sur le sens, son sens ; … » (3) p. 47  

boussole

>> Pour aller plus loin : http://www.ritpu.org/IMG/pdf/cartier.pdf

(1) Site Yacht Guide Captain : http://www.yachtguidecaptain.com/Journal.php.

(2) Deniau, J-F, 2002, Dictionnaire amoureux de la mer, Paris : Plon.

(3) Sorel, M, Wittorski, R, 2005, La professionnalisation en actes et en questions, Paris : L’Harmattan.

Professionnalisation

Publié: 6 mars 2009 dans Lectures
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puzzleLorsque l’on prépare un dispositif de formation visant la professionnalisation des participants, il est important de prendre conscience que le dispositif va générer des transformations qui vont toucher l’individu, les activités et les organisations.

Richard Wittorski dans son ouvrage « Professionnalisation et développement professionnel »(1) a élaboré une grille d’analyse « mettant en évidence les liens entre les dispositifs de professionnalisation proposés, les situations de travail et de formation vécues (au sens de la signification que les acteurs donnent au contexte dans lequel ils agissent), les systèmes d’action que les individus mettent en œuvre et les résultats et effets qu’ils produisent sur eux (analysables en termes de process d’action (compétences), d’identités, de savoirs, de connaissances et de capacités). » p. 112

 

Voies de la professionnalisation

1. Logique de l’action

Ou

du développement de l’expérience en actes (« insue ») au moment de l’action

2. Logique de la réflexion

Ou

du développement de l’expérience « sue » au moment de l’action

3. Logique de la réflexion sur l’action

Ou

de la transformation de l’expérience en actes en expérience mentalisée après l’action

4. Logique de la réflexion pour l’action

Ou

de la production d’une expérience mentalisée avant l’action

5. Logique de la traduction culturelle par rapport à l’action

Ou

du partage et de la co-construction d’un expérience nouvelle au moment de l’action

6. Logique de l’intégration assimilation

Ou

de l’acquisition de savoirs avant leur utilisation

Nature du processus de développement professionnel mis en œuvre par l’individu

Situation connue présentant un caractère de nouveauté qui conduit à une adaptation dans l’action des process d’action habituellement mis en œuvre.

Situation inédite mettant en échec les façons de faire habituelles et conduisant à une itération entre la recherche d’informations et leur utilisation pour agir.

Situation de formalisation (orale ou écrire) de ses propres pratiques par une réflexion rétrospective sur l’action.

Situation de formalisation de pratiques nouvelles par une réflexion anticipatrice de changement sur l’action.

Situation de transmission de connaissances, de co-construction de pratiques nouvelles et de modification des façons habituelles de voir la situation par l’intervention d’un tiers.

Situation d’apprentissage de savoirs théoriques ou d’action nouveaux.

Exemples de situations professionnelles

Au travail, en formation ou dans la vie courante : ajuster son process d’action au cours de sa mise en œuvre (sans avoir à y réfléchir)

Au travail, en formation ou dans la vie courante : réaliser une tâche inédite seul ou à plusieurs.

Au travail ou dans la vie courante : participer à un cercle de qualité, prendre un temps de réflexion sur son action.

En formation : décrire son action et participer à un groupe d’analyse de pratiques

Au travail ou dans la vie courante : participer à un cercle de qualité, réfléchir à un nouveau process d’action.

En formation : définir de nouveaux process d’action dans un groupe d’analyse de pratiques.

Au travail ou dans la vie courante : favoriser le développement par un tiers de nouvelles façons de faire pour surmonter les problèmes insolubles.

En formation : le formateur aide un formé à résoudre un problème en l’aidant à « déplacer » ses représentations

Au travail ou dans la vie courante : lire un ouvrage donnant des indications utiles pour agir (plus tard).

En formation : formation magistrale ou autoformation livresque.

Tableau p. 122

  • En formation à distance tutorée on se trouverait ainsi dans la situation évoquée en colonne 5. Le tuteur est là pour aider la personne à surmonter ses difficultés. Il joue un rôle de « traduction culturelle ».
  • Si l’on souhaite que les personnes à distance mènent une réflexion sur leur action, on se situera dans le cas de la colonne 3. Le dispositif devra ainsi inclure un outil d’écriture dans lequel chaque apprenant évoquera ses pratiques. Ces écrits seront lisibles par les autres participants (apprenants et tuteurs). Cette situation semble bien adaptée à une formation de formateurs habitués à un rôle en présentiel et qui doivent inclure du distanciel dans leur pratique. La phase réflexive semble être déterminante pour opérer les changements utiles qui ne touchent pas seulement aux aspects techniques mais engagent un changement de pratique pédagogique.
  • Quant à la colonne 6 « Logique de l’intégration assimilation » on pourrait être dans le cas de figure d’une formation en ligne en autoformation. Une plate-forme est mise à disposition pour des apprenants qui travaillent seuls en complète autonomie. Aucun tutorat n’est prévu. 

L’auteur précise que ces 6 voies ne sont pas rigides. Souvent les personnes sont placées dans plusieurs voies de professionnalisation. Elles passent de l’une à l’autre, avec des retours en arrière, en fonction de l’évolution des situations et des apprentissages. Certaines voies vont alors se chevaucher ou s’emboîter.

(1) Wittorski, R, (2007), Professionnalisation et développement professionnel, Paris : L’Harmattan.

apop1 L’APOP (Association pour l’utilisation de l’ordinateur au postsecondaire) organise des dîners causeries thématiques en ligne sur une plate-forme audio vidéo.

Ce mardi 24 février, en présence de 50 personnes, nous avons réfléchi à l’intégration du portable (de l’ordinateur portable) en classe et dans les programmes.

Hélène Martineaux (animatrice à l’APOP) a projeté un document de synthèse pendant son intervention sous la forme d’une tableau. (voir ci-dessous).

On ne peut, en effet, rester sans réagir au fait que de très nombreuses personnes disposent d’un ordinateur portable et que des institutions de formation mettent à disposition une connexion sans fil à l’internet, même aux personnes de passage dans les locaux.

Pour le formateur, pour l’enseignant, il s’agit là d’une nouvelle donne. Lors de ma participation récente à un séminaire, environ quatre-vingt dix pour cent des personnes présentes étaient équipées d’un portable et reliées à l’internet via le Wi-Fi de l’école qui nous accueillait.

Je suis intervenu l’après-midi devant trente cinq personnes toutes pratiquement équipées d’une machine. Il faut un peu jongler car la tentation peut être grande pour les participants de surfer, lire ses courriels, … L’animateur de la séance doit adapter son intervention à cette situation, par exemple en évoquant avec l’assemblée un modus vivendi d’utilisation des outils… Avec les élèves adolescents le modus vivendi s’impose !

Les participants au dîner causerie ont évoqué cette problématique. Certains pensent que l’activité pédagogique menée, mettant les élèves en situation de production, peut déjà pallier un certain nombre de petits soucis.

Le tableau d’Hélène Martineaux est une aide précieuse à la réflexion.

Billet écrit avec l’assentiment de l’auteure.

(1) http://www.apop.qc.ca/

L’intégration du portable en classe et dans les programmes :
quelques réponses aux questions qui se posent…

APOP / Dîner-causerie en ligne/ L’intégration du portable en classe et dans les programmes

24 février 2009 / hmartineau@cegep-fxg.qc.ca

A. Défis et obstacles

A. Les aspects stimulants ou dynamiques L’organisation de la stratégie pédagogique du cours L’utilisation intégrée des outils technologiques dans une approche socioconstructiviste Un soutien adapté aux processus d’apprentissage
B. Les dimensions à prévoir  La préparation d’un ensemble de cours dans une perspective globale davantage autoportante La préparation d’un cours avec des activités qui participent à la réalisation de «livrables» immédiats, cours par cours L’appropriation par l’étudiant des contenus informationnels en dehors des périodes de cours
C. Les effets et l’impact sur la clientèle Les filles : une occasion pour développer leurs habiletés ludiques et déployer leur potentiel créatif Les garçons : un contexte d’apprentissage plus actif; encadrement personnel et cohérence du processus d’appropriation des contenus Les élèves en difficulté : rapidité du diagnostic, possibilité d’adapter les exigences et d’offrir un encadrement spécifique
D. Les modalités d’acquisition du portable Aspects favorables
Propriété personnelle favorise le sens des responsabilités et l’implication dans l’utilisation; plus flexible
Dimensions défavorables
Gestion du portable souvent peu «pédagogique» (logiciels de communication et autres plugiciels lourds)
Plus de contrôle si la gestion des portables est effectuée par le collège; par contre  processus plus lourd pour l’étudiant et l’organisation. Ne correspond pas au contexte de vie réel
E. Les modalités l’utilisation du portable Conditions favorables
Classes flexibles (tables et chaises mobiles), réseau sans fil et accès prises électriques
Conditions défavorables
mobilier fixe, absence d’accès aux prises électriques (pannes de batterie) absence de connexion réseau sans fil
L’utilisation des laboratoires informatiques demeure une option par défaut encore utile dans une période de transition vers l’utilisation du portable en classe

B. Retombées sur l’enseignement et dans l’apprentissage

F. Le travail pédagogique en classe avec les étudiants dans un programme dans les activités d’enseignement Modifications positives
Vision collective et partagée des réalisations à produire; favorise la communication et le sentiment d’être en action dans un processus d’ensemble plutôt que la compétition
Impacts négatifs
Place les approches pédagogiques retenues par les enseignants en situation de compétition; peut créer des tensions
Exige une planification pédagogique plus serrée avec des documents de référence qui documentent les étapes de réalisation d’un travail
G. L’utilisation du portable et le développement des compétences Facilite la réussite des étudiants; plus facile de soutenir l’évolution du processus d’apprentissage de l’étudiant; disponibilité des ressources d’accompagnement et de soutien plus grande Contribue à augmenter la motivation des étudiants; l’étudiant a plus de contrôle sur son processus d’apprentissage et plus de responsabilité concernant les moyens à utiliser pour se prendre en charge Valorise l’initiative et l’autonomie des étudiants; l’immédiateté et l’aspect séduisant et concret (médiatisé) des résultats produit un effet stimulant
H. L’utilisation du portable et l’attitude des étudiants  Plus engagés et plus rigoureux ; l’étudiant a l’impression qu’il peut faire des choix avantageux et gratifiants pour lui; Plus constructifs; l’environnement informatique permet à l’étudiant de «se distinguer», de «s’afficher», d’affirmer son profil d’intérêt et son «image» Plus collaboratifs; les outils de communication permettent à l’étudiant d’entrer en relation immédiate avec d’autres, de créer des liens et favorisent la coopération plutôt que le plagiat
I. L’utilisation du portable et la relation étudiant-enseignant Importance du contexte technologique et physique; contribue à un rapprochement puisque l’objet de travail est accessible dans un «nouveau» contexte de proximité (physique-asynchrone ou synchrone) Manifestations de nouveaux comportements; plus de transparence dans l’échange d’information Les pièges à éviter et les situations à risque pour l’enseignant;
un processus d’encadrement peu structuré, des finalités pédagogiques peu claires pour l’étudiant

point_interrogation_aIl est souvent difficile d’évaluer le degré d’intégration des Tice dans la pratique de l’enseignant (du formateur en général).

La technique du questionnaire traditionnel a ses limites. Que veut-on mesurer ? Et si on se cantonne à une enquête sur la quantitatif il manque tout un pan d’informations (la qualitatif, le contexte, le produit, …)

Se limiter à des résultats semble bien fragile pour estimer l’importance des progrès accomplis.

Et puis le fait de mettre à disposition de collègues un questionnaire « pur et dur » sur leur façon d’intégrer les Tice à leur pratique est un peu inquisiteur et maladroit.

 

Jean-François Coen et Jérôme Shumacher (Haute École pédagogique de Fribourg Suisse) ont fabriqué un outil pour évaluer l’impact des formations dispensées dans leur région en se centrant sur les compétences techniques acquises par les enseignants lors des formations continues mises en place. Ils ont mis le focus également sur les représentations des protagonistes envers les technologies de l’information et de la communication et sur le degré de leur intégration dans la pratique au quotidien.

Dans le but d’éviter le questionnaire traditionnel que nous avons critiqué précédemment, ils ont élaboré un questionnaire composé de quatre panels de trois « vignettes de situation ».

Exemple de vignette :

« J’essaie petit à petit d’intégrer les Tic. J’organise avec mes classes des activités ponctuelles, comme des ateliers ordinateurs, où les élèves peuvent s’exercer avec l’aide de drills. J’en connais quelques uns qui sont bien adaptés. Il m’arrive aussi parfois de remplacer les transparents par des images PowerPoint. J’éprouve quand même le besoin de me former, surtout pour les aspects technologiques où j’ai des lacunes. Je suis d’accord de consacrer du temps pour le faire car je suis bien motivée. L’arrivée des Tice dans l’école est quelque chose qui m’enthousiasme vraiment. Je connais quelques collègues qui utilisent déjà les TIC, mais ce réseau est encore relativement peu développé. J’aime bien avoir des exemples ou des modèles qui me guident dans la manière d’utiliser les TIC avec les élèves de mes classes. » 

Il est demandé à la personne de se positionner par rapport aux trois vignettes. Se sent-elle proche de telle ou telle vignette ou entre deux vignettes ?

Au démarrage d’une formation à distance qui repose beaucoup sur l’utilisation des Tice, il semble important que les apprenants se positionnent par rapport à leurs compétences dans le domaine. L’outil des auteurs semble bien adapté à un positionnement qui mette les personnes à l’aise.

Le tuteur, de son côté, dispose d’informations pertinentes pour caler son action. Il a une meilleure vision des capacités des uns et des autres quant aux habilités Tic .

Vous pourrez lire l’article des auteurs sur le site Profetic à l’adresse suivante :

>>>>>>> http://www.ritpu.org/IMG/pdf/coen.pdf <<<<<<<

Billet écrit avec l’assentiment des auteurs.

Consultation en ligne

Publié: 24 février 2009 dans Réflexions
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Les participants à une formation à distance « laissent des traces » sur internet. Une plate-forme donne des informations que l’on appelle le tracking. Ce mot résonne mal en français, on entend « traquer ».

Certes les traces sont utilisées par le tuteur pour mener son action de suivi : nombre de connexions, participation aux forums, dépôts de documents, visites, … Mais ceci est à manier avec circonspection et avec l’assentiment des apprenants.

Le Forum des droits sur l’internet (1) a lancé une grande consultation sur le thème de la vie privée et internet.

La présidente de l’association évoque l’utilité de cette consultation dans la vidéo ci-dessous.

http://www.dailymotion.com/swf/x6vkkl

Trois questions à Isabelle Falque-Pierrotin

(1) http://www.foruminternet.org/

De la complexité du dispositif

Publié: 15 février 2009 dans Lectures
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Une équipe de conception qui monte un dispositif de formation à distance opère forcément des choix pour ce qui touche à l’acte de former et à l’acte d’apprendre. Les termes qu’elle emploie pour qualifier son dispositif ne sont pas toujours parlants.

Jacques Audran dans son article « Le dispositif ne fait pas la situation : heurs et malheurs des formations en ligne » (1) indique que les termes à forte consonance technologique (e-Learning, plate-forme de formation, campus numérique, enseignement en ligne) sont bien flous et qu’il est difficile de savoir si l’on parle d’environnement, de pratiques, de situations ou d’activités des différents acteurs.

Il est difficile pour les concepteurs d’imaginer les échanges qui vont se dérouler entre tuteur et apprenants, entre apprenants et apprenants, entre tuteurs et équipe de conception. Même si une scénarisation est prévue, même si une charte du tuteur est publiée, les échanges ne peuvent être programmés !

Jacques Audran cite Habermas (2) :

« les situations ne sont pas définies au sens d’une délimitation rigoureuse. Les situations ont toujours un horizon qui se déplace avec leur thème. »

C’est le tuteur qui doit gérer ces situations. Son rôle est ainsi fondamental pour faire « vivre » le dispositif. Il se trouve ainsi au milieu d’un « faisceau de facilitations et de contraintes » (Audran, page 179), devant gérer des interactions avec les apprenants au travers des outils mis à sa disposition.

« Or, toute centration excessive sur un produit conceptuel, matériel ou logiciel peut entraîner une certaine perte de vue de la dimension que l’on pourrait nommer un peu rapidement « psychologique » d’un système de formation humain. Imaginer que la seule mise en ligne de cours, la seule existence de ressources ou d’exercices à portée de main, va conduire celui ou celle qui les atteint à être mis « en situation » d’apprendre résulte d’une confusion qui peut amener à dépenser beaucoup d’énergie à concevoir des environnements métaphoriques dits « interactifs », des architectures informatiques, des artefacts personnalisés qui, faute de dimension symbolique partagée, ne provoqueront pas l’intertextualité et conséquemment les interactions souhaitées. » – page 181

(1) Audran, J, Le dispositif ne fait pas la situation : heurs et malheurs des formations en ligne

Dans Charlier, B, Peraya, D, Transformation des regards sur la recherche en technologie de l’éducation, Bruxelles : De Boeck

(2) Habermas, J (1987), Théorie de l’agir communicationnel T2, Paris : Fayard

De bons conseils

Publié: 13 février 2009 dans Lectures
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Philippe Meirieu s’adresse aux jeunes enseignant(e)s qui débutent dans le métier.

Les meilleures compétences ont besoin d’un projet fort pour pouvoir être mises en application.

Certes, en début de carrière, on se focalise sur sa préparation de cours. On veille à peaufiner les choses. Mais n’est-il pas utile dès le début d’ajouter le projet à cet ensemble ?

« Car, tout étant supposé clarifié, tant dans les contenus à enseigner que dans les multiples tâches imposées par l’institution, vous savez bien – même si vous n’osez pas toujours l’avouer – qu’il y a « un reste ». Une dimension cachée, à la fois très personnelle et très universelle, qui touche au cœur même du « projet d’enseigner ». Une sorte de vibration particulière dont les professeurs sont porteurs et qui n’est plus réductible à la liste des compétences nécessaires pour enseigner que le son du violon n’est déductible de sa conception technique. Certes, il vaut mieux que le violon soit bien conçu et, à tout prendre, si l’on en a les moyens, jouer sur un Stradivarius. Mais un excellent violon, sans le talent du violoniste et l’attention des auditeurs n’est rien d’autre qu’un bel objet de décoration. Tout comme une liste de compétences qui n’est pas habitée par un projet. » (p. 9)

Meirieu, P, (2005), Lettre à un jeune professeur, Issy-les-Moulineaux : ESF éditeur.

Il en va de même dans un dispositif de foad. On peut disposer des outils les plus sophistiqués, des animations dernier cri, le « reste » c’est la touche relationnelle du formateur. Ses qualités humaines, son « projet » sont essentielles à la bonne marche de la formation et à la qualité des apprentissages.

Blog, blog, blog, blog

Publié: 28 janvier 2009 dans Réflexions
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 stylo

Créer un blog, mais ne devrait-on pas dire blogue comme l’indique le grand dictionnaire de l’Office québécois de la langue française (http://www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index800_1.asp), dure quelques minutes.

S’inscrire ainsi dans la blogosphère est une affaire de quelques instants, mais ces instants sont plus qu’un temps sans importance, comme l’est le temps de la flânerie.

Le blogueur en herbe devient directeur de publication. Quel beau titre ! Mais quels sont les droits et devoirs de ce personnage ?

Pour le savoir, connectez-vous, je vous prie, sur un site de prestataire de blogue et lisez les mentions légales. Cela vous prendra du temps « formateur »…

Pour l’enseignant qui souhaite se « lancer » dans un blogue pour et/ou avec ses élèves, les compétences requises sont de plusieurs ordres :  

  • Compétences juridiques : droit de réserve, droit d’auteur, droit à l’image, droit des bases de données ;
  • Compétences technologiques : outils matériels, outils logiciels ;
  • Compétences pédagogiques : modèles d’apprentissage (transmissif, behavioriste, socioconstructiviste) ;
  • Compétences communicatives : gestion de la distribution de l’information (thématique, tags, flux rss, listes de diffusions, …) ;
  • Compétences de mutualisation : travail coopératif et collaboratif ;
  • Compétences de régulation / modération : gestion des rôles des acteurs (administrateur, éditeur, auteur, contributeur, visiteur)

Vous pensez que vous ne possédez pas toutes ces compétences et êtes prêt à abandonner. Au contraire ces compétences vous viendront de votre pratique, comme le tâtonnement expérimental cher à Célestin Freinet. Le blogue sera votre imprimerie de la classe Freinet. Lancez-vous ! Mais prenez le temps de lire les mentions légales car nul n’est censé ignorer la loi …