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« Dans un forum, les idées ne s’évanouissent pas. Les messages sont mis en mémoire et deviennent des objets tangibles qui pourront être manipulés, placés dans une base de données, annotés, commentés, critiqués, restructurés, etc. Rien de ce qui s’est dit ne se perd et toutes les idées peuvent être récupérées à tout moment dans leur intégralité. »
France Henri, Karin Lundgren Cayrol
« Apprentissage collaboratif à distance » – Presses de l’Université du Québec – 2003

Le forum est souvent un lieu d’échanges utilisé dans un environnement virtuel d’apprentissage. Mais il est souvent « fourre-tout » et perd ainsi de sa pertinence. Il est important de lui donner un but précis, de l’organiser dans le temps pour en faire une activité pédagogique claire.

La « fouille collective » est proposée par France Henri et Karin Lungren Cayrol comme une activité accessible à des apprenants débutants :

  • Un sujet est donné par le formateur
  • Les apprenants sont invités à venir participer à l’activité en publiant des messages dans un forum dédié
  • Un synthèse est réalisée à partir des messages déposés.

Exemple de consigne :

Nous allons mener une activité collective sous la forme d’une fouille collective pour aborder la problématique du coût de la foad. A partir de vos recherches faites sur Internet et publiées dans le forum dédié, nous constituerons une base de données d’informations que nous organiserons ensuite en réalisant une synthèse.

Pour aller plus loin :
– France Henri, Karin Lundgren Cayrol – Apprentissage collaboratif à distance – Presses de l’Université du Québec – 2003

– Revue Alsic (François Mangenot) – 2003
 http://alsic.u-strasbg.fr//Num10/mangenot/alsic_n10-rec10.htm

 

L’autoformation sèche

Publié: 1 avril 2007 dans Réflexions
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On pourrait être tenté de construire un dispositif se limitant à de l’autoformation « sèche » !

Des ressources sont mises à disposition, l’apprenant se connecte et travaille seul … Aucun accompagnement n’est prévu, aucune assistance, aucune évaluation, …

Mais peut-on alors parler de formation ?

La circulaire de la DGEFP du 20 juillet 2001 est claire à ce sujet :

« Ainsi la simple cession ou mise à disposition de supports (manuels, logiciels, matériels) à finalité pédagogique n’a pas la nature d’une action de formation professionnelle et doit être analysée, selon les circonstances, comme une livraison de prestation de services ou de biens. »

Nous avons évoqué cette circulaire dans un précédent billet : ◊◊ Cliquer ◊◊

La structuration du dispositif de formation, un accompagnement par différents partenaires, des objectifs pédagogiques précis, des évaluations formatives et sommatives, la délivrance d’une attestation de suivi, une gestion financière adaptée sont des éléments de fond qui donnent à la foad un réel sens.

L’acte d’apprendre nécessite beaucoup de soin !

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Une critique faite de façon redondante à la foad est le fait que les technologies soient susceptibles de tuer le lien social. On ne peut que respecter les personnes qui avancent cet argument certainement lié à une appréhension quant à l’utilisation des médias en général.

On peut facilement répondre à ce questionnement en citant les usages quotidiens que nous faisons les uns les autres des technologies : chaque jour nous sommes usagers du téléphone fixe, du téléphone mobile, du courriel, des SMS. Nous achetons, qui un livre, qui un billet de train, qui un vêtement en ligne.

Les usages se sont ainsi implantés dans la vie sociale. De fait, les formations initiale et continue sont touchées par l’utilisation des technologies au-travers de l’e-learning, de la foad. L’envoi du courriel est devenu un geste commun, le fait de se former tout ou partie en ligne ne choquera certainement plus personne dans un avenir proche. De même que l’acronyme NTIC n’est plus utilisé, ne va t’on aussi abandonner les acronymes TIC et TICE ? Ce sera la preuve que les usages seront intégrés …

Ces nouveaux outils de communication, loin de nous isoler derrrière notre écran d’ordinateur, participent à notre quotidien social en nous intégrant dans des communautés de pratiques d’ordre professionnel et privé.

Pour aller plus loin dans cette réflexion :

Synthèse de l’intervention de Patrice Flichy, professeur de sociologie à l’Université de Marne la Vallée, lors du colloque national du 25 au 28 août 2003 à Paris, intitulé : « Pour une refondation des enseignements de communication des organisations ? ».

  • Conférence de Michel Serres à l’École Polytechnique en décembre 2005 : http://interstices.info/display.jsp?id=c_15918
  • Marshall McLuhan, « La galaxie Gutenberg« , 1962 – Titre original : « The Gutenberg Galaxy : The Making of Typographic Man, University of Toronto Press.

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Ce jeudi 15 mars a eu lieu une journée d’études à l’Ecole normale Supérieure de Lyon dont le thème était :

« Former à la distance : méthodologies et expériences »

Les interventions portaient principalement sur l’importance du réflexif dans l’acte d’apprentissage.

 

Thierry Chanier (Université de Franche-Comté) a intitulé son intervention :

« Communauté d’apprentissage et communauté de pratique en ligne : le processus réflexif dans la formation des formateurs ».

 

Il s’est basé sur la formation « Inti » menée par la Difor (Division de la Formation du Rectorat de Besançon) et l’Université de Franche-Comté (Master foad) dans laquelle le processus réflexif joue un grand rôle.

 

Texte de présentation : 

 

« Les concepteurs du C2i-enseignant ont saisi l’opportunité du développement des environnements de travail collectif en ligne pour, au-delà de la simple sensibilisation à ces outils, remettre l’accent sur le caractère social de l’apprentissage avec une double portée : la classe et ses interactions entre élèves et élèves-enseignant ; l’enseignant projeté hors du cadre étroit de la classe dans un mouvement d’adhésion à celui d’une communauté en ligne avec ses pairs, destinée, non seulement au partage de ressources éducatives mais surtout à la réflexion sur ses pratiques. Cette perspective est venue en résonance avec les programmes de formation que nous concevons depuis 2000 en vue de préparer les formateurs à l’apprentissage collaboratif en ligne. Ces programmes, qui ont impliqué des publics de formateurs aussi divers que celui de la formation initiale ou formation continue de formateurs du privé, des enseignants d’université et dernièrement des enseignants du secondaire, ont pour caractéristiques : absence de présentiel, mélange des statuts professionnels et des disciplines, phase d’expérience de vie en tant qu’apprenant dans un groupe collaboratif. Cependant l’apprentissage collaboratif intègre dans sa démarche définitoire une dimension individuelle aux côtés de la collective. Afin de réifier cette première dimension, nous avons progressivement développé dans nos programmes de formation une pratique réflexive, qui se met en place dès le début de l’étape apprentissage collaboratif, pour ensuite se déployer dans une seconde étape entièrement dédiée. Cette démarche réflexive, guidée par un environnement technologique et une scénarisation spécifiques, vient interroger les différentes dimensions de l’apprentissage collaboratif et, au-delà, certains éléments fondateurs de l’acte de formation. On peut alors se demander si cette approche de la réflexivité peut s’inscrire plus systématiquement comme un nouvel élément méthodologique de la pratique réflexive liée traditionnellement au développement professionnel, en particulier celui des enseignants. » 

 

 

Site de la journée : http://w1.ens-lsh.fr/labo/plumme/prog.htm

 

Vous trouverez sur ce site les diaporamas des intervenants. L’enregistrement vidéo sera mis à disposition prochainement.

Ressources humaines et foad

Publié: 25 février 2007 dans Formation
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Au cours d’une carrière d’enseignant chacun est amené à participer aux travaux d’une équipe pédagogique. Le travail commun n’est pas toujours facile à réaliser pour des raisons multiples : disponibilité, centre d’intérêt, relations, …

Néanmoins de nombreuses équipes fonctionnent et fournissent à leurs participants de grandes satisfactions.

Un dispositif de foad ne peut pas se passer d’un travail en équipe. Personne ne dispose de toutes les compétences requises : pédagogiques, techniques, relationnelles. Le formateur n’est pas une personne isolée qui intervient de 9 h à 17 h en salle 205 devant 15 stagiaires. Il fait partie d’un tout structuré autour de plusieurs sous-systèmes :

  • système administratif : gestion des dossiers, rémunération, diplôme, facturation ;
  • système technique : définition, conception et gestion du dispositif technologique ;
  • système ressources : identification, conception, développement et gestion de ressources éducatives ;
  • système pédagogique : accueil, positionnement, élaboration des parcours, évaluation, régulation ;
  • système commercial : veille par rapport aux offres, prospection et communication de l’offre.
    (emprunté à l’article de Didier Paquelin cité plus loin)

Pour faire vivre ces systèmes il faut des ressources humaines, des compétences multiples et partagées.

L’article de Didier Paquelin sur le site Eduscol indique clairement quelles sont les ressources humaines nécessaires à la mise en oeuvre de la foad :

http://eduscol.education.fr/D0126/acte_foad6.htm

Difier Paquelin est maître de conférences à l’Institut des Sciences de l’Information et de la Communication, Université de Bordeaux III.

Bonne lecture !

Apprendre sans se faire enseigner !

Publié: 15 février 2007 dans Formation
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Le tuteur dans une formation ouverte et à distance n’a pas la partie facile !

Il doit aider l’apprenant à apprendre mais aussi à apprendre à apprendre,

La rupture de l’unité de temps de lieu et d’action l’oblige à imaginer une nouvelle organisation de l’apprentissage,

Il doit savoir se mettre en avant et beaucoup se placer en retrait pour faciliter l’autonomisation de l’apprenant,

Il doit donner à l’apprenant l’occasion de prendre en main son apprentissage.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que le mot « tuteur » dérange souvent. Mais est-ce un formateur, un formateur-tuteur, un accompagnateur, un conseiller, … Cette difficulté à trouver le mot juste pour qualifier cette personne montre bien les aspects multiformes et multitâches que son rôle peut revêtir.

Pas évident !

Le billet de Richard Pitre qui travaille comme tuteur à la Téluq (Télé université du Québec) est toujours d’actualité : son billet sur notre blog .

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La « Circulaire DGEFP(1) no 2001-22 du 20 juillet 2001 relative aux formations ouvertes et/ou à distance « FOAD » : définition, obligations des prestataires, imputabilité des dépenses sur l’obligation de participation des employeurs » est un document à mettre entre toutes les mains de personnes qui souhaitent intégrer du distant dans la formation continue ou initiale. (télécharger la circulaire)

 

Dans le paragraphe 2.3 on peut lire ce qui suit :

« Les modalités d’assistance pédagogique et d’encadrement constitueront un élément central d’appréciation de la réalité de la formation. Il en est de même des moyens mis en œuvre pour évaluer et valider les formations. »

« Ainsi la simple cession ou mise à disposition de supports (manuels, logiciels, matériels) à finalité pédagogique n’a pas la nature d’une action de formation professionnelle et doit être analysée, selon les circonstances, comme une livraison de prestation de services ou de biens.

« Tel est le cas, notamment, des opérations dont le seul objet est la fourniture à un tiers de matériels (ordinateurs, matériel audiovisuel, etc.), ou bien de « cours en ligne » sans accompagnement humain technique et pédagogique, ou encore d’applications pédagogiques livrées sous la seule forme de supports numériques, disquettes, CDROM) ou cédées par voie de téléchargement.

Il est ainsi clairement indiqué que l’accompagnement par un « formateur-tuteur » est déterminant. Cette personne assure différentes médiations que Brigitte Albéro (2) classe en trois types : une médiation portant sur les contenus de l’apprentissage – processus enseigner -, la seconde sur l’appropriation des ressources – processus former -, la troisième sur la relation de l’apprenant aux ressources et contenus de l’apprentissage – processus apprendre -.

« Le formateur-tuteur est au cœur du dispositif de formation mais sa participation au processus d’apprentissage ne doit pas se limiter à sa seule présence in situ. D’autres types d’encadrement existent, tels que l’accompagnement pédagogique et technique dans le cadre d’un lieu-ressource, le tutorat à distance qu’il soit synchrone ou asynchrone, etc. » (Paragraphe 3 de la circulaire DGEFP)

On ne se situe ainsi pas dans un contexte d’autodidaxie dans lequel l’apprenant serait laissé à lui-même mais dans un contexte d’autoformation tutorée.

Alors, la formation ouverte et à distance, une simple modalité de formation ?

Son introduction est un moment privilégié pour revisiter la problématique de la formation tout au long de la vie, s’interroger sur l’apprentissage en s’appuyant sur les recherches en sciences de l’éducation – en étudiant par exemple la notion d’apprentissage autodirigé – , réfléchir à la place de l’apprenant au centre du dispositif, questionner et aider le formateur à assumer les modifications nécessaires apportées à sa pratique et de façon plus profonde à son habitus (3), penser les changements nécessaires quant au travail de gestion organisationnelle et financière, d’ingénierie de l’organisme de formation qui se lance dans cette nécessaire aventure.

(1) DGEFP : Délégation Générale à l’Emploi et la Formation Professionnelle
(2) ALBERO, B., 2000, L’autoformation en contexte institutionnel. Du paradigme de l’instruction au paradigme de l’autonomie, Paris : L’Harmattan
(3) Habitus : manière d’être, aspect général de quelqu’un, de quelque chose

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Le travail collaboratif mené lors d’une formation ouverte et à distance produit un résultat souvent novateur. En effet la production engendrée n’est pas un ajout d’élements imaginés par chaque individu mais bien un produit unique fruit de la collaboration du groupe. On peut parler d’une « intelligence collective« .

Jacques Attali, dans son ouvrage « Une brève histoire de l’avenir » insiste sur la particularité et l’importance de ce qu’il appelle « l’intelligence collective ».

« L’intelligence collective d’un groupe n’est pas la somme des savoirs de ses membres, ni même la somme de leurs aptitudes à penser; c’est une intelligence propre, qui pense autrement que chacun des membres du groupe. Ainsi, un réseau neuronal fait de cellules devient une machine à apprendre, un réseau téléphonique remplit d’autres fonctions que celles des centraux; un ordinateur réfléchit différemment de chaque microprocesseur, une ville est un être distinct de chacun de ses habitants; un orchestre est autre chose que l’addition de ses musiciens; un spectacle d’une autre nature que le rôle tenu par chacun des acteurs; les résultats d’une recherche valent plus que l’apport de chacun des chercheurs qui la mènent. Toute intelligence collective est le résultat de ponts, de liens entre les intelligences individuelles, nécessaires pour créer du neuf. »

Jacques Attali « Une brève histoire de l’avenir » page 383-384 – Fayard

Évaluation, vaste question

Publié: 31 janvier 2007 dans Lectures
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L’évaluation est un sujet difficile en pédagogie ! Qui ne se rompt pas le cou dans ce domaine ?
On écrit à l’encre rouge, on barre, on raye, on griffonne, on rature, on peste ! L’élève, le stagiaire, l’apprenant, l’étudiant reçoivent leur copie bariolée de rouge !

La sanction tombe, j’ai 9 ! Les apprenants ont-ils appris ? Que reste t’il de leur travail et des efforts menés pour le rédiger ?

En foad l’évaluation doit être un souci constant du formateur. Formative souvent pour suivre de près le parcours de l’apprenant, le guider au mieux dans ses stratégies d’apprentissages, aider à sa motivation par des retours nombreux invitant à aller plus loin.


Le texte de Carl Rogers tiré de « 
Liberté pour apprendre » invite à la réflexion :

« l) L’évaluation reflète aussi fidèlement que possible l’opinion sincère de l’examinateur. Elle n’indique pas la valeur absolue du travail de l’étudiant.

2) L’évaluation porte sur le travail, non sur la personne de l’étudiant. Une évaluation négative d’un travail ne signifie pas que l’étudiant est mauvais, paresseux, incompétent, stupide. Elle ne signifie pas que l’examinateur aime ou n’aime pas l’étudiant.

3) La liberté de l’étudiant ne va pas jusqu’à empêcher l’examinateur de faire une évaluation. L’étudiant reste libre devant l’évaluation dans la mesure où il parvient à s’accepter lui-même comme personne. Il peut attacher de l’importance à l’évaluation. Il peut lui dénier toute valeur ou l’accepter et s’élever au-dessus.

4) L’étudiant n’a pas besoin de l’évaluation pour être motivé. C’est-à-dire qu’il ne travaille pas pour obtenir une mention ou un grade. Il travaille en vue du meilleur accomplissement de lui-même.

5) Le professeur ne se sent pas la mission d’évaluer les gens. Sa principale fonction consiste à créer une atmosphère dans laquelle étudiants et professeurs soient libres de faire des découvertes sur eux-mêmes et sur le comportement humain. D’autre part, il respecte la maturité de l’étudiant et sa capacité de rester libre devant l’évaluation et de ne pas être indûment influencé par elle, en sorte que le professeur n’est pas contraint de retenir son évaluation. Il n’a pas besoin d’utiliser toutes sortes de ménagements à ce propos.

Méthodes d’évaluation. Les détails de chaque système d’évaluation seront expliqués dans chacune des sections par les assistants. Le principe général accepté par tous les examinateurs prévoit que l’évaluation tiendra compte de la qualité et de la quantité de ce qui aura été produit pendant l’année en vue d’atteindre les objectifs définis par l’étudiant lui-même. Pour mettre ce principe en pratique, il sera constitué un dossier destiné à recueillir les travaux de l’année de chaque étudiant. Lorsqu’un assistant sera en mesure d’effectuer l’évaluation finale de l’année, il s’assiéra avec, devant lui, le dossier de l’étudiant. Il aura devant les yeux la déclaration de l’étudiant sur ses objectifs de l’année, les résultats des réponses « opérantes » fournies par l’étudiant (examens écrits, rapports, expérimentations, etc.) ainsi que l’évaluation finale faite par l’étudiant lui-même sur son travail. Les divers examinateurs ont choisi parmi l’une des trois méthodes suivantes : 1) la simple addition des points ; 2) l’évaluation globale ; 3) une combinaison de 1 et 2. L’addition des points implique que le professeur ait au préalable indiqué la répartition des points pour chacune des réponses. Par exemple, il peut avoir dit qu’il y a un point pour toute réponse correcte à un examen au cours de l’année, un maximum de 50 points pour chaque expérimentation, un maximum de 50 points par recension d’article de revue, un maximum de 100 points pour les auto-évaluations, 2 points pour chaque présence au cours.

L’avantage de ce système est que : a) il indique plus clairement à l’étudiant le système de notation utilisé par l’examinateur ; b) il facilite la comparaison au sein du groupe et entre les groupes, puisque les points peuvent être additionnés et placés sur une courbe ; c) les évaluations se poursuivent tout au long de l’année, ce qui permet à l’étudiant de savoir à tout moment où il en est (une espèce de « feedback »). Par exemple, l’examinateur peut donner 20 points pour une expérimentation faible et 30 ou 40 pour une expérimentation de meilleure qualité. Une des difficultés du système des points, c’est la répartition convenable des points entre la qualité du travail et la quantité.

Certains professeurs ont préféré l’évaluation globale. Ils estiment avantageux d’étudier le dossier de l’étudiant, d’examiner les objectifs qu’il s’est fixés, de lire les rapports des travaux qu’il a exécutés en connexion avec ces objectifs, de lire son auto-évaluation et d’aboutir ainsi à une image globale de son travail.

Quel que soit le système choisi – points ou évaluation globale – tous les examinateurs, qui utilisaient de toute manière le dossier des travaux, ont pris pour hypothèse que l’évaluation ainsi faite est plus valable pour prédire la créativité et la production future de l’étudiant que ne le sont les résultats des examens de type objectif portant sur les connaissances et où le facteur mémoire joue un rôle considérable. L’examinateur a devant lui le résultat, le produit des efforts créatifs de l’étudiant. »

Dans « Liberté pour apprendre » – Carl Rogers – Page 39 et 40 – Dunod

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Lors d’une formation de formateurs récente dans le cadre du dispositif national « Enseigner pour le futur » un moment du débat a porté sur le rôle du formateur dans un dispositif en ligne. Le consensus n’était pas facile à trouver quant à la dénomination de la personne qui anime la formation. En lisant Patrick Lenormand on perçoit mieux les choses …

« Apprendre, c’est avant tout bouger : c’était, c’est encore se rapprocher d’une source de savoir, humaine ou pas ; c’est également accepter de passer à un état de connaissance supérieur, accepter de changer.

Avec l’apprentissage en ligne, c’est le savoir qui se déplace : il s’adapte à vous, à vos contraintes, à votre environnement. Un mouvement qui à son tour en déclenche d’autres, en cascade. Celui qui apprend devient ainsi celui qui choisit la formation, la gère, lui donne un sens en la réutilisant ou pas. Plus autonome, plus impliquée, plus critique aussi, la personne qui choisit d’apprendre en ligne s’approprie en partie les responsabilités du professeur/ formateur.

Les formateurs voient eux aussi leur fonction évoluer : c’est comme si la « pyramide du savoir », du haut de laquelle ils professaient, s’était affaissée et replaçait le détenteur du savoir au même niveau que les apprenants, dans un rôle essentiel mais qui n’est plus central. C’est l’apprenant qui, maintenant, est le centre du processus de formation ; il apprend en partie seul ou avec d’autres apprenants grâce à l’effet réseau développé par le média Internet. Le professeur/formateur fait partie de ce réseau et garde un rôle moteur qui évolue vers la médiation, l’échange, le conseil.

Tous ces mouvements -et la recherche en parallèle de nouveaux équilibres-, le monde du savoir est en train de les vivre, de les comprendre, de les intégrer enfin. Ce monde est en train d’apprendre, lui aussi, une drôle de leçon : Internet facilite, accélère la transmission des connaissances, et le savoir devient peu à peu l’affaire de tous. »

Guide de la Formation en Ligne, Patrick Lenormand, Micro Application