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Un jour, un collègue et ami me dit : « Tu animes un stage de traitement de texte, cool, tu ne vas pas trop te fatiguer ! ». J’ai été piqué au vif par cette remarque peu respectueuse à la fois de moi-même mais surtout par rapport à cette idée que l’utilisation de ce logiciel tomberait sous le sens !

En effet, le traitement de texte est en fait très mal connu et très mal utilisé. Je pense souvent à ce propos à ma mère qui était secrétaire. Un jour, on lui a déposé un ordinateur sur son bureau à la place de sa machine à écrire. Et, …débrouille-toi.

Mais le pas à franchir est immense entre l’usage une machine mécanique sur laquelle on tape un texte sur papier et une machine électronique qui enregistre une version numérique du document ! On change de monde !

On a oublié que ce logiciel « traite » du texte, au sens où il est capable d’automatiser des tâches. Par exemple, la table des matières en automatique. Regardez autour de vous, qui utilise cette fonction ? J’ai souvent eu cette réaction : « Mais, Jacques, on peut faire la table des matières en automatique ? Pour ma thèse, je l’ai faite à la main ! Elle n’était jamais à jour ! C’était une vraie galère ! »

Ce sont les notions de paragraphe et de style qui sont passées à la trappe. Mais comment former ou reformer les personnes ? Ce n’est pas par du présentiel que l’on va « inverser la vapeur ». Il faut mettre des parcours en ligne, sinon on fera ces formations ad vitam æternam.

Pour que mes étudiants (150 en master 1 et 2 chaque année) se perfectionnement sur ce logiciel, pour que l’écriture de leurs mémoires devienne un moment de choix de leurs études et non un chemin de croix, j’ai écrit trois parcours de formation dédiés à l’utilisation du traitement de texte :

· Traitement de texte introduction : http://jacques-cartier.fr/traitement_texte_1/

· Traitement de texte perfectionnement : http://jacques-cartier.fr/traitement_texte_2/

· Traitement de texte document complexe : http://jacques-cartier.fr/traitement_texte_doc_complexe/

Ces parcours ont été utilisés en modalité présentielle mais aussi à distance en autoformation intégrale. On pourrait imaginer un suivi à distance avec des séances synchrones en classe virtuelle. Est-il ainsi besoin de ne passer que par le présentiel, il est permis d’en douter.

Lorsqu’il s’agit d’apprendre des savoirs procéduraux, il est aisé de mettre en ligne des contenus. Certes, il y a un temps de conception qui prend pas mal de temps. Mais une fois ce travail réalisé, c’est un public nombreux et largement disséminé qui peut utiliser les parcours publiés.

S’agit-il encore de faire de l’argent avec la formation à ce logiciel ? On pourrait imaginer que savoir l’utiliser de façon pertinente est devenu un bien commun, partagé dans une licence Creative Commons Paternité ou dans le domaine public…

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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88x31Un clic droit « Enregistrer l’image sous » suffit et le tour est joué. L’image est dans la boîte, prête à être incorporée dans un diaporama, sur un blog, un site, un espace numérique de travail, une plateforme de formation. Oui, mais quid du droit de l’utiliser ?

Souvent, lorsque j’anime une formation, j’entends souvent ces paroles :

· « Je ne risque rien, je suis dans ma classe » ;

· « C’est pour le bien de mes élèves » ;

· « Ils n’ont qu’à pas mettre d’images sur Internet ! »

· « … »

Ces réactions sont très fréquentes. Si l’on aborde le problème, on est vite taxé d’être une sorte de normalisateur, de moralisateur, de gendarme du Net. Il est assez difficile d’avancer l’argument « Et le droit d’auteur ? ».

Il faut se hâter alors d’évoquer les licences Creative Commons pour que les personnes tendent l’oreille et vous prêtent une attention polie. Et trouver des exemples parlants, en montrant quelques « bibliothèques » existantes de documents proposés dans ce type de licence.

Évoquer, démontrer la souplesse d’utilisation des logos qui indiquent les particularités de la licence choisie, les outils mis à disposition pour inclure ces logos dans un blogue, dans un diaporama et sur d’autres supports en ligne ou non.

Face à ce souci et pour ne pas me répéter inlassablement, j’ai écrit un parcours de formation sur ce thème. Il est à votre disposition à cette adresse :

Lien : http://jacques-cartier.fr/utiliser_ressources_legalite/parcours/

Il est à votre disposition si vous souhaitez l’utiliser avec les publics que vous avez en formation.

Il est en licence Creative Commons Paternité, Pas d’utilisation commerciale, Partage à l’identique. Je l’ai écrit avec le logiciel auteur « Exelearning » et exporté en mode site Web.

Vous pouvez ainsi l’utiliser, le diffuser, le modifier selon trois conditions : nommer son auteur, l’utiliser de façon non commerciale (sauf avec l’accord de l’auteur), partager la nouvelle production éventuelle que vous en ferez selon la même licence.

En travaillant ainsi avec vos apprenants, vous les aiderez à se glisser dans la peau d’une personne qui respecte le droit d’auteur, soigne la façon dont elle cite ses sources, dont elle gère les citations, dont elle comprend que le plagiat est plus qu’un non-sens pour qui se lance dans des études longues avec des visées, pourquoi pas, de devenir un chercheur reconnu.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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Numérique et constantes pédagogiques

En 2010/2011, mes étudiants ne disposaient plus de formation particulière dans un Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM). Ils n’avaient plus guère de formation à la pédagogie et se trouvaient très démunis. Ils préparaient avec moi le C2i2e (Certificat Informatique et Internet de l’enseignement supérieur niveau 2 enseignant).

Mais comment utiliser le numérique en classe si l’on n’a pas ou peu de formation à la pédagogie ? J’étais confronté à la difficulté de préparer ces jeunes au C2i2e et de leur apporter un bagage « minimum » en pédagogie sur une soixante d’heures de cours en deux ans…

J’ai ainsi pas à pas constitué avec eux une carte conceptuelle (document de travail et de réflexion) pour les aider à préparer une séance pédagogique incluant le numérique :

seance-pedagogique-incluant-le-numerique-mind-map-mozilla-firefox_2015-11-16_07-54-43

Cliquer sur l’image pour ouvrir la carte

En fait, on s’aperçoit qu’il y a des constantes dans la préparation d’une séance en classe, que l’on utilise le numérique ou non. Mes étudiants n’avaient pas le réflexe d’en écrire les objectifs, de se poser la question des prérequis, de repérer les principaux savoirs, savoir-faire ou attitudes à faire acquérir à chaque étape.

Ils étaient assez démunis quant à l’organisation matérielle de la salle informatique, ils ne pensaient pas à l’utilisation de casques audio par exemple.

Et puis, ils n’avaient aucun recul par rapport au droit d’auteur. Ils utilisaient des ressources de l’Internet sans se soucier le moins du monde de leur licence d’utilisation. Nous avons fait un gros travail sur ce sujet en découvrant les licences Creative Commons.

Je me suis aperçu (une fois de plus), au-travers de cette expérience, que le métier d’enseignant doit s’apprendre. Certes, certains jeunes ont la fibre, l’intuition. Ils inventent vite et efficacement les activités que leurs élèves auront à réaliser. Mais cette immanence est fugitive et peu reproductible.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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image

Le formateur occasionnel est en peine d’écriture ce matin. L’actualité qui secoue la ville de Paris est dans tous les esprits. Les bougies sont sur les rebords des fenêtres et scintillent avec tristesse.

Les personnes passionnées par la pédagogie n’aiment pas que l’on brûle les livres, elles sont attachées à la liberté d’expression, au respect des personnes.

C’est un peu leur raison d’être.

Vous serez peut-être étonné que le petit roman s’intéresse à ce moment tragique, que le contenu de cette page 20 soit hors sujet.

Mais la pédagogie n’est jamais hors du contexte de la société. Une société s’appuie sur son école pour former les citoyens. Dans notre pays, on parle de l’école de la république :

« …l’École de la République est également le lieu de l’apprentissage de la citoyenneté et du « vivre ensemble », capable de former des citoyens éclairés, de transmettre et de faire partager les valeurs de la République ».

Source : www.gouvernement.fr/action/une-ecole-qui-porte-haut-les-valeurs-de-la-republique

A l’heure où le mot guerre revient sur toutes les lèvres, ne laissons pas de côté les mots enseignement, apprentissage, formation, savoirs. Ces mots sont facteurs de liberté pour l’individu, de recul face à des croyances exacerbées, de respect des autres.

J’ai toujours été impressionné par les écrits de Condorcet publiés il y a plus de deux siècles.

« La vie humaine n’est point une lutte où des rivaux se disputent des prix ; c’est un voyage que des frères font en commun, et où chacun employant ses forces pour le bien de tous, en est récompensé par les douceurs d’une bienveillance réciproque, par la jouissance attachée au sentiment d’avoir mérité la reconnaissance ou l’estime. »

Nicolas de Condorcet ; Sur l’instruction publique (1792)

Dès demain matin, je me remets à la création de parcours de formation en ligne. Il me faut du papier, un crayon, un clavier, une connexion Internet, un logiciel auteur, un peu de jugeote, de l’imagination, pas mal de temps. Ce sont les meilleures armes que j’aie trouvées jusqu’à présent pour mener des combats contre l’obscurantisme.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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Paternité Certains droits réservés par Christophe Sertelet

J’ai cité, dans la page 18, quatre points marquants d’un dispositif de formation, points que l’on pourrait qualifier de positifs. Tout n’est pas allé au mieux néanmoins pour mettre en place tout cela. Nous avons été confrontés à la résistance au changement et nous y étions moyennement préparés.

Nous nous sommes heurtés à une représentation de l’enseignement et de l’apprentissage qui privilégiait la règle des trois unités : unité de temps, de lieu et d’action. Il ne s’agit pas, dans mon propos, de dire qu’une modalité est meilleure qu’une autre. Notre organisme travaillait au quotidien dans un contexte de formation en présence, sous la forme du stage traditionnel. Le paradigme que nous mettions en avant heurtait de front la culture et les valeurs cet organisme qui nous employait.

« L’expression de la résistance au changement est aussi employée non seulement pour signifier des personnes mais aussi des organisations. La résistance organisationnelle serait utilisée pour signifier ce qui empêche la construction d’un nouveau système organisé de se mettre en place. »
Céline BAREIL, professeure agrégée, service de l’enseignement du management, HEC Montréal
http://web.hec.ca/sites/ceto/fichiers/04_10.pdf

Je crois aussi qu’apprendre avec les nouvelles technologies (le numérique aujourd’hui) était source de tension. Un certain nombre de personnes mettait en doute que l’on puisse apprendre devant un ordinateur. Comme si l’apprentissage était désincarné, livré à des machines impersonnelles et froides.

Le côté très distanciel du dispositif était aussi un élément perturbateur. On apprendrait bien qu’en présence du formateur dans la salle 202 le lundi 12 novembre de 9 h à 17 h.

Nous n’avons pas bien géré cette résistance, très impliqués dans la préparation, le déroulement, le suivi du dispositif mis en place. Nous n’avons pas suffisamment soupesé l’importance de la sensibilisation / communication du projet en interne et à l’externe.

Le groupe projet n’était certainement pas assez étoffé, représentant les différentes sensibilités, ce qui a maintenu cette initiative dans une niche protégée malgré la validation officielle du Recteur d’Académie de l’époque.

Si je pouvais m’avancer à donner un conseil à des personnes qui se lancent dans un dispositif du même type, je leur conseillerais de se documenter en amont sur la problématique de la résistance au changement. C’est un passage obligé pour mettre toutes les chances de réussite de son côté.

Malgré ces difficultés, je peux dire que cette formation a été un succès. Elle a été réalisée sur quatre années scolaires, regroupant à chaque session annuelle jusqu’à 400 apprenants en ligne.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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logo-b2i-adultes

J’évoquais dans la page 17 un dispositif de formation en ligne regroupant des centaines de personnes. Il s’agissait d’une formation au B2i adulte pour des enseignants et des personnels administratifs de l’éducation nationale. Une dizaine d’années plus tard, je fais un retour réflexif sur cette aventure. (Je travaillais de concert avec un collègue sur ce projet.)

Le premier point marquant de cette formation est la mutualisation : un organisme partenaire disposait d’une plateforme de formation et de nombreuses ressources concernant le B2i adulte. Nous avons passé un accord pour utiliser ces deux outils. Nous avons simplement retouché des ressources pour les adapter à notre public cible.

Souvent, des organismes travaillent seuls, avec leurs propres outils, leurs propres contenus, ce qui les oblige parfois à réinventer la roue alors qu’une mutualisation même ponctuelle permettrait de travailler plus vite et à moindre coût.

Le second point marquant est le fait que cette formation était pratiquement entièrement en ligne. Seule une matinée en présentiel était organisée pour lancer le dispositif. Les apprenants étaient regroupés dans un établissement par zones géographiques ce qui limitait les déplacements. Passer du tout présentiel au pratiquement tout distanciel était un beau challenge que les participants ont abordé avec sérénité. Nous n’avons pas eu à faire face à une fronde sur la modalité du parcours de formation.

Le troisième point concerne l’accompagnement des apprenants : les formateurs de cette institution, habitués au présentiel, ont vu leur rôle se transformer. Ils ont assuré un accompagnement à distance de leur groupe d’apprenants. Il leur a fallu suivre quelques formations présentielles et quelques réunions synchrones en amont de l’ouverture de la formation pour qu’ils réfléchissent en commun et intègrent pas à pas ce nouveau rôle. On peut dire qu’ils ont, dans leur très grande majorité, joué le jeu et tutoré au mieux leurs ouailles. Les stagiaires ont souvent apprécié ce suivi au plus près de leurs préoccupations.

Quatrième point non négligeable, le financement du tutorat ! À cette époque, le tutorat était financé à hauteur d’une heure de ménage ou de garde d’enfant le soir quand les parents vont au cinéma ! Il a fallu convaincre nos responsables que le tuteur est un professionnel, spécialiste des contenus et de la communication. Chaque tuteur a ainsi été doté d’un forfait d’heures d’accompagnement financé correctement.

Le cinquième point que je vais évoquer nous a beaucoup surpris : la formation débouchait sur l’obtention d’une attestation B2i adulte officielle. Lorsque que nous étions un peu en retard dans l’envoi de ce document, les collègues nous envoyaient rapidement un courriel pour le réclamer. Nous avons ainsi perçu que les stagiaires se plaçaient dans un contexte de formation tout au long de la vie et que cette attestation allait être placée dans une chemise pour une future validation d’acquis professionnels par exemple.

Rem : mon mémoire de master 2 concerne ce dispositif : www.jacquescartier.net/master/memoire.pdf

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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numerique

Paternité Certains droits réservés par Sjoerd Lammers street photography

Plusieurs fois par an, à grands renforts de publications super médiatisées, on réinterroge l’utilisation du numérique dans l’enseignement et dans l’apprentissage. Et on met en cause son utilisation en affirmant, statistiques à l’appui, qu’il n’est pas très pertinent pour les apprentissages.

Certes, interroger le numérique est essentiel, mais comme il faudrait à intervalles réguliers questionner la craie blanche ou de couleur, le tableau noir ou vert, le feutre à tableau blanc.

Comme si ces outils anciens en âge étaient reconnus une bonne fois pour toute, donc plus questionnables.

Je me souviens d’une formation en ligne regroupant 400 personnes (1600 personnes sur 4 ans) que nous avions mise en place un collègue et moi pour un organisme de formation continue. Nous étions souvent interrogés par notre hiérarchie de façon assez rude sur la façon dont se déroulait le dispositif. À un tel point que, un peu irrité, j’ai demandé à nos « enquêteurs » s’ils interrogeaient de la même façon la formation en présentiel que cet organisme utilisait majoritairement comme modalité.

Que se passait-il dans les salles de formation ? Quid des activités proposées ? Quel devenir des fiches d’évaluation remplies à chaud à la fin de la formation ?

Un matin, la personne responsable de notre organisme m’a demandé de lui imprimer le listing des 400 stagiaires (noms, prénoms, adresses de courriel), comme si nous avions triché sur la réalité de cette formation pratiquement entièrement réalisée et tutorée en ligne.

Ce n’est pas le numérique seulement qu’il faut interroger, c’est l’ensemble d’un dispositif, c’est l’acte d’enseigner et d’apprendre. Le numérique est un outil faisant partie intégrante de la problématique. Il est un peu vain de toujours vouloir justifier son utilisation…

Ou alors, s’il faut le faire (encore), eh bien vous pouvez remplir ce questionnaire anonyme et en consulter les réponses :

· Questionnaire : http://tinyurl.com/nl8mp2k

· Réponses : http://tinyurl.com/ojsfpaw

Les usages sont là, omniprésents. Ils sont vivaces aussi en pédagogie, mais c’est quand même un peu compliqué à mettre en place, alors laissons le temps au temps.

Le numérique a investi la sphère citoyenne et rapidement la sphère de l’école (de la maternelle à l’université) comme aucune technologie ne l’avait fait auparavant.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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logo_exelearning

Logo Exelearning

Imaginons deux secondes la situation de cet enseignant ou de ce formateur : après cinq années passées dans un établissement, cette personne obtient un autre poste dans une autre institution. Devra-t-elle tout retaper ses cours pour pouvoir les intégrer sur l’espace proposé par son nouvel employeur ?

Si vous préparez les contenus de vos formations ou de vos cours à l’aide d’un logiciel particulier, quid de leur utilisation dans d’autres environnements informatiques que celui sur lequel vous travaillez ? Si vous faites ce travail sur la plateforme de votre établissement de référence, quid du transfert de ces contenus sur un autre espace ?

Prenons l’exemple de la plateforme Moodle : vous utilisez les outils de production propres à la plateforme, on vous sollicite pour animer un stage dans un autre établissement disposant de Moodle. Certes, vous pouvez faire une sauvegarde de votre cours pour le restaurer sur l’autre plateforme. Oui, mais est-ce que la version de ce support est compatible avec votre support père ? Si ça n’est pas le cas, vous êtes dans de beaux draps. Tout est à refaire.

J’ai été confronté à ce souci dans mes activités. Cela m’a poussé à me doter d’un logiciel auteur. Vous allez comprendre ce que cela signifie dans les prochaines lignes.

J’avais besoin d’un logiciel spécifique (logiciel auteur) pour :

· utiliser un logiciel sous différents systèmes d’exploitation (GNU/Linux, Apple, Microsoft Windows) ;

· disposer d’une version installable mais aussi portable (utilisable sans installation à partir d’une clé USB par exemple) ;

· préparer mes cours dans un environnement « bureautique » ;

· faire du copier/coller de contenu texte depuis mon traitement de texte préféré ;

· utiliser des outils pédagogiques prêts à l’emploi intégrés au logiciel (gestion de quiz, intégration aisée d’images, de sons, de vidéos, activités interactives, ….)

· déposer le cours produit sur un maximum de plateformes de types différents ;

· ne pas dépenser d’argent ! (un logiciel auteur propriétaire est coûteux)

Mon choix s’est tourné vers le logiciel libre « Exelearning » édité initialement par l’Université d’Auckland en Nouvelle Zélande, puis repris par un consortium d’Universités espagnoles. Vous trouverez tout ce qu’il faut à cette adresse : www.exelearning.net.

Le logiciel permet l’exportation de vos travaux sous différentes formats notamment en site web. Je vous donne un exemple d’export que j’ai déposé sur mon nom de domaine : http://jacques-cartier.fr/utiliser_ressources_legalite/parcours/ .

L’export au format Scorm (voir page 15 du petit roman) créé un fichier .ZIP que vous pouvez intégrer dans toute plateforme autorisant ce format. Vos contenus sont intégrés à la plateforme et immédiatement utilisables. Les sons sont audibles (lecteur intégré du logiciel), les vidéos lisibles sans souci des logiciels présents sur la machine de la personne utilisatrice. Quelle souplesse !

Si vous avez une modification à apporter, vous modifiez l’original à partir d’Exelearning, vous exportez au format Scorm et redéposez sur la plateforme souhaitée.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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Paternité Certains droits réservés par BiblioArchives / LibraryArchives

labo

Lorsque l’on travaille dans une institution éducative, un organisme de formation, il est incontournable d’utiliser les outils numériques fournis par l’employeur et, notamment, la plateforme de formation.

J’observe des comportements surprenants de la part de formateurs ou d’enseignants qui rechignent à utiliser la plateforme mise à leur disposition. Parfois, la raison mise en avant repose simplement sur une impression : « Je n’aime pas cette plateforme ! ». Il n’y a pas d’argumentation précise sur le pourquoi, c’est comme ça !

Lors d’une formation que j’animais, un groupe de personnes animatrices Tice a presque refusé catégoriquement de travailler sur la plateforme dédiée à la formation suivie (plateforme institutionnelle nationale). J’ai réussi néanmoins à convaincre ce petit groupe de justesse de bien vouloir quand même jouer le jeu ! C’était un peu quitte ou double.

Quelques années auparavant dans un autre contexte, des personnes rechignaient à utiliser un espace collaboratif car il était programmé par une entreprise américaine…

J’ai eu parfois, soyons juste, ce type de réaction. Mais peu à peu, j’ai essayé de comprendre cette mauvaise grâce. Je me suis aperçu qu’il faut pratiquer une plateforme, c’est-à-dire qu’il faut bâtir une formation et la mener en réel. Souvent, l’outil révèle pas à pas ses qualités. Au détour des séances pédagogiques préparées et animées, on découvre des fonctionnalités intéressantes que l’on ne peut pas imaginer à la première connexion.

J’ai vécu cette expérience avec Moodle. Au départ, je trouvais le logiciel peu convivial, compliqué, avec des menus partout, … Et puis, en l’utilisant avec des centaines d’étudiants dans mon université, j’en ai perçu petit à petit toutes ses qualités. Certes, il a fallu tester, se renseigner à droite à gauche, fréquenter les forums, regarder des vidéos sur les procédures possibles. Bref, c’est un peu le passage obligé pour toute utilisation d’un outil informatique.

Je me suis créé un cours intitulé « Bac à sable » dans lequel je me livre à des tas de tests. C’est un peu le laboratoire de Géo Trouvetout, truffé d’outils, de fioles, de tubes à essai ! Je préfère tester à cet endroit que dans un vrai cours sur lequel travaillent des centaines d’étudiants.

Il est ainsi aisé, avec l’expérience, de passer d’une plateforme à une autre. La logique d’utilisation de l’outil vous apparaît très vite, d’autant plus vite que vos aprioris et petits blocages psychologiques vous ont quitté pour de bon.

Et puis, il y a l’utilisation d’un logiciel auteur qui me permet d’implanter mes cours sur toute plateforme qui autorise l’utilisation du Scorm (1). J’ai pu faire le test pratique avec Moodle, Dokeos, Claroline. Je suis venu avec mes fichiers dans les universités de Blida, Constantine, Oran, Annaba, Mostaganem. J’ai déposé mes cours en quelques instants sur les plateformes de ces universités. La prochaine page sera consacrée à l’utilisation d’un logiciel auteur.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

(1) Sharable Content Object Reference Model (SCORM) est une spécification de codage permettant de créer des objets pédagogiques structurés. Visant à répondre à des exigences d’accessibilité, d’adaptabilité, de durabilité, d’interopérabilité et de réutilisabilité, les normes du modèle informatique SCORM cherchent à faciliter les échanges entre plates-formes de formation en ligne en maîtrisant l’agrégation de contenu, l’environnement d’exécution et la navigation Internet.

Source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sharable_Content_Object_Reference_Model

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imprimerie_freinet_4
https://ast.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet#/media/File:Imprimerie_Freinet_4.jpg

Je suis un peu irrité ce matin !

Par des prises de positions qui me semblent un peu intransigeantes concernant les bonnes pratiques en pédagogie, plus en fait sur la bonne pratique qui serait une pédagogie active ou inversée ou collaborative. J’entends même des commentaires peu conciliants, peu amènes, sur la pédagogie traditionnelle. Comme s’il ne fallait plus jamais s’adresser à un public en direct sous une forme expositive dans une architecture de classe à l’ancienne.

Il me semble, dans mon action quotidienne, que je choisis la méthode en fonction de mon public, de ses réactions aux travaux entrepris. À un moment donné, la mise en groupes des participants pour un travail donné semble être le bon moyen de déclencher les apprentissages. À un autre moment, l’intervention magistrale d’un quart d’heure semble être le bon déclencheur.

C’est cette variété de choix de modalités qui me semble riche autant pour les apprenants que pour moi-même. Et puis, un enseignant ou un formateur est peut-être plus à l’aise et habile dans un contexte traditionnel sans que ce terme soit péjoratif. Il ne va pas, d’un claquement de doigts, passer à une pédagogie en mode travail de groupes.

Je perçois aussi ce problème dans l’utilisation du numérique. Certains sont un peu inconditionnels de l’utilisation du numérique, comme d’autres restent très distants. Là encore, tout dépend du contexte, du travail à réaliser, de l’équipement disponible, de la qualité de la connexion, ….

Peut-être que la feuille de papier répond mieux à l’objectif formulé de la séance, ou alors c’est l’ordinateur qui se révèle le plus efficace. À voir !

Il me revient à l’esprit une remarque d’un collègue qui avait assisté à un cours et qui me disait : « Tu te rends compte, le professeur a présenté son cours avec un diaporama ! ». Comme si le diaporama n’était pas une utilisation satisfaisante et suffisante des Tic (Tice) en classe. Peut-être que le collègue qui assurait le cours était à l’aise dans l’utilisation de l’outil de présentation et pas encore sur d’autres logiciels ou espaces en ligne.

Il n’y aurait ainsi pas de bonne pratique, il y aurait des pratiques.

Lorsque j’étais tout jeune futur instituteur, j’ai participé à un stage de plusieurs semaines dans la classe d’un collègue qui pratiquait la pédagogie Freinet. J’ai vite compris le travail de fond qu’il avait accompli pour que sa classe ressemble à un véritable atelier de pratiques pédagogiques.

Il avait une classe à tous les cours (de la maternelle au cours moyen 2ème année). Souvent, les élèves étaient à plusieurs endroits des deux salles, organisées en différents groupes pratiquant des activités différentes les unes des autres. Le maître passait d’un groupe à l’autre, conseillait, fournissait des outils de travail.

Pour être à l’aise dans ce mode de travail, il avait sûrement passé un nombre d’heures impressionnant pour se former lui-même, pour bâtir ses séances, transformer sa classe en une bibliothèque des apprentissages.

Chapeau bas, monsieur Besançon, instituteur à Châtelblanc en 1972 !

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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